Bonjour et bienvenue sur ma critique de la série Shérif, fais-moi peur !, qui reste certainement l’une des séries les plus cultes des années 80, avec son lot de personnages décalés, de scènes délirantes et de cet humour très ricain qu’on adore.
Alors, pourquoi est-ce que je parle de « souci » ? Eh bien, pour une chose en particulier qui, mine de rien, a plombé la série des années plus tard aux États-Unis.
Un truc qui, chez nous, peut paraître complètement anodin, mais qui représente, pour certains Américains, un passé qu’ils ne veulent surtout pas mettre en avant : une Dodge Charger orange dont le toit porte le fameux drapeau de bataille confédéré.
Et là, forcément… mine de rien… chez nous, c’est passé comme une lettre à la poste. Aux États-Unis, en revanche, ça a fini par faire sérieusement bouillonner les esprits.
La série, diffusée de 1979 à 1985, utilise pourtant ce symbole sans pratiquement jamais aborder l’esclavage, le racisme ou la guerre de Sécession. La voiture est plutôt présentée comme un symbole de rébellion, de liberté et de défi à l’autorité.
Et c’est justement là toute l’ambiguïté : la série ne dit jamais « nous sommes racistes », loin de là. Mais elle banalise malgré tout un symbole qui possède une histoire profondément liée au racisme et à l’esclavage. Et forcément, pour certains Américains, ça ne passe pas.
C’est d’ailleurs assez intéressant de voir que les acteurs eux-mêmes ont défendu la série lorsque la polémique est revenue sur le devant de la scène, notamment en 2020. John Schneider, qui joue Bo Duke, et Tom Wopat, qui interprète Luke Duke, ont expliqué que, pour eux, la voiture et son drapeau représentaient avant tout la rébellion du Sud et certainement pas la suprématie blanche.
Le créateur de la série, Gy Waldron, a lui aussi défendu cette vision, en expliquant que le drapeau était alors davantage perçu comme un élément de la culture sudiste que comme un symbole explicitement raciste.
Mais voilà… cette défense ne règle pas complètement le problème. Parce que l’intention de ceux qui utilisent un symbole et la signification historique que ce symbole possède peuvent être deux choses très différentes.
Et forcément, pour une grande partie des Américains, ce symbole reste extrêmement difficile à accepter.
Voilà, je voulais simplement parler de cette petite anecdote autour de la série, parce qu’elle explique aussi pourquoi Shérif, fais-moi peur ! est devenue, avec le temps, beaucoup plus controversée aux États-Unis qu’elle ne l’a jamais été chez nous.
Sinon, concernant la série elle-même, que dire de plus ?
General Lee, c’est tout simplement l’une des voitures les plus connues de l’histoire des séries télévisées, juste derrière, peut-être, la voiture de Starsky et Hutch. Les sauts complètement dingues de cette Dodge sont restés dans la mémoire collective. Avec son fameux cri de cowboy des années 80, c’est juste culte !
On imagine d’ailleurs le nombre de voitures qui ont dû finir au garage après toutes ces cascades…
Du côté des acteurs, tout le monde est vraiment sympathique. On retrouve cette ambiance de grande famille américaine avec les Duke, une famille qui passe son temps à défier la loi, incarnée ici par le shérif Rosco P. Coltrane, tout en essayant d’échapper aux combines du maire bien pourri, Boss Hogg.
C’est très drôle, parfois complètement naïf, mais c’est justement ce côté-là qu’on adore. Les acteurs sont vraiment attachants : Tom Wopat, John Schneider, Denver Pyle, et surtout la magnifique Daisy Duke, interprétée par Catherine Bach.
Bref, Shérif, fais-moi peur !, c’est une série complètement culte, avec une identité bien à elle, des personnages mémorables, une bagnole devenue légendaire et une bonne dose de cascades complètement improbables.
Alors oui, la série perdra malheureusement un peu en qualité au fil des saisons, mais elle restera malgré tout une véritable madeleine de Proust pour toute une génération.
La bise !