Série dramatique portée sur l'univers carcéral et le crime organisé lancée en Pologne en 2021, Skazana (ou The Convict) s'est rapidement imposée comme un immense succès public et critique dans son pays d'origine.
Le principal défaut de la série réside dans son ambition démesurée par rapport à l'échelle de son propre univers. En voulant transformer un drame carcéral en une vaste conspiration, le scénario s'embourbe dans une écriture parfois confuse. À force de vouloir installer une ambiance paranoïaque, la série donne l'impression absurde que absolument tout le monde est corrompu, gardiens, directeurs, policiers, avocats, hauts fonctionnaires. Pour maintenir le rythme, l'intrigue enchaîne les rebondissements rocambolesques, les comportements peu crédibles et les incohérences. Cette multiplication de twists artificiels se fait malheureusement au détriment de la profondeur : la production aurait largement gagné à faire moins de vagues pour mieux développer certains arcs narratifs et la psychologie des relations.
Malgré ces errances scénaristiques, Skazana réussit à séduire grâce à sa forme et son interprétation. Si l'héroïne fait le job, ce sont les personnages des détenues Agata et surtout de Pati (qui verra un spin-off lui être consacré) qui portent véritablement le casting et crèvent l'écran par leur authenticité. Porté par ce très bon acting global, le show bénéficie également d'une réalisation particulièrement soignée. La mise en scène et la photographie froide installent une atmosphère poisseuse et anxiogène. On ressent la menace constante de ce milieu du crime organisé, ce qui maintient une tension de tous les instants.
C'est une bonne série, mais frustrante.