Au début, Snowfall peut paraître redondante : une énième série sur la drogue, l’ascension d’un dealer, la CIA qui s’en mêle… bref, du déjà-vu sur le papier.
Los Angeles, années 80. Le crack connaît une ascension fulgurante. Mais pourquoi ?
C’est là que la série devient intéressante.
La saison 1 est, à mon goût, un peu lente. Pourtant, elle pose les bases essentielles. On découvre Franklin Saint, un jeune étudiant intelligent et charismatique, qui a tout pour réussir autrement. Très vite, il comprend que le crack peut devenir une porte de sortie, un moyen d’accéder à une liberté qu’il n’aurait peut-être jamais obtenue autrement.
Plus Franklin monte, plus il s’isole. Sa soif de réussite le pousse à sacrifier, petit à petit, tous ceux qui l’entourent. Famille, amis, alliés : il perd tout sans vraiment s’en rendre compte, persuadé de garder le contrôle. Il ne se remet presque jamais en question, convaincu que ses choix sont nécessaires : sa chute commence en réalité au moment même où il réussit.
Mais pour moi, Snowfall ne parle pas seulement de criminalité ou d’injustice sociale. La série montre l’envers du décor : la fabrication d’un système malhonnête, presque institutionnalisé, où l’État ferme les yeux — voire s’enrichit indirectement — pendant que les quartiers populaires s’effondrent. Et le plus glaçant, c’est que ce système fonctionne.
Impossible de laisser une critique positive sans parler du jeu d’acteur de Damson Idris, tout simplement incroyable. L’évolution de Franklin est, sans exagérer, l’une des meilleures que j’ai vues dans une série de ce genre. On le voit passer d’un jeune homme calme et posé à un personnage froid, calculateur, et intrépide. Sa transformation est progressive, crédible, et d’autant plus marquante qu’elle semble inévitable.
Pour moi cette série mérite un bon 9/10. (-1 point pour la saison 2 qui n'est pas au niveau des autres saisons)