• SAISON 1 (5/10)
[Critique du 1 septembre 2020]
Au départ de cette série, on retrouve avec un certain plaisir ce concept de train futuriste qui fait office d'Arche de Noé et parcoure éternellement une Terre prise dans la glace. Repartant de zéro, l'histoire nous présente de nouveaux personnages, tout en gardant des thèmes de la BD, ainsi que des idées apportées par Bong Joon-ho dans son adaptation filmique. Visuellement, c'est d'ailleurs très calqué sur le style du Sud-Coréen, et la découverte des différentes classes et de l'architecture du train fait toujours son petit effet.
Néanmoins, l'américanisation et la volonté de sensationnalisme télévisuel pointent vite leur nez. Ainsi, après avoir fait connaissance avec cet univers à travers un protagoniste au charisme discutable, l'intrigue suit d'abord une enquête criminelle qui n'a d'autre intérêt que d'exposer tout ce beau monde au spectateur, puis une rébellion face au pouvoir et à la hiérarchie des classes en place. Les maladresses et facilités d'écriture se multiplient à mesure que les épisodes défilent, à tel point que ça en devient grossier. Sans compter les nombreuses incohérences, que ce soit dans l'architecture des wagons où les dimensions sont totalement aléatoires d'une scène à l'autre, dans la physique de déplacement du train qui semble avoir été pensée au début puis rapidement mise de côté, ou encore la réaction au froid extérieur, la géopolitique bien bancale au sein du Transperceneige, la mise en scène pauvrette des conditions de vie et de l'isolement sur les passagers, ou même ces 1001 wagons qui se traversent en 30 secondes.
Pour tenter de faire passer ces écueils, les créateurs de la série jouent la carte d'une violence assumée et peu censurée, avec des scènes de membres gelés et des altercations sanglantes. Par ailleurs, côté scénario, ça se complaît en révélations de toutes parts et souvent confondantes. Les acteurs sont anecdotiques, jouant les personnages manichéens et clichés qu'on leur a écrits. Jennifer Connelly offre quant à elle une belle prestance, et une interprétation assez prenante pour créer de l'émotion. Ce ne sera toutefois pas suffisant pour donner envie de poursuivre l'aventure ; ni même l'arrivée de Sean Bean en saison 2 dans un cliffhanger digne de The Walking Dead.
• SAISON 2 (6/10)
[Critique du 20 mai 2021]
Au vu de la médiocrité de la première saison, j'ai hésité à poursuivre, mais j'étais tout de même curieux de voir comment l'histoire allait continuer avec l'arrivée de ce deuxième train et le retour de Wilford, l'inventeur de cette arche humaine sur rails. Ce qui amène une nouvelle dynamique qui booste clairement la série, surtout grâce à Sean Bean qui excelle dans son interprétation d'antagoniste, quand bien même son personnage est affublé de traits extravertis discutables. Avec lui, Jennifer Connelly, Rowan Blanchard et Alison Wright portent la dramaturgie du show. Et si l'ensemble se suit globalement bien, on note tout de même que les épisodes meublent avec des péripéties, changements d'allégeances éclairs et loufoqueries (la création de Mr/Mrs Freeze) qui n'auraient pas lieu d'être si LE vrai personnage de l’œuvre n'avait pas été tant délaissé : le train. Tout y est trop facile, sans guère de contraintes ; les proportions sont, encore une fois, complètement bafouées avec 16km parcourus en quelques secondes. L'ère glaciaire, à l'extérieur, est assez mal représentée avec ce grand soleil et cette neige qui scintille. Le train se fait bien trop souvent oublier, en dépit de quelques jolis vues extérieures, et avec lui une bonne partie de l'essence même du Transperceneige.