• SAISON 2 (4,5/10)
[Critique du 9 septembre 2026]
Sugar s’était particulièrement démarquée grâce à sa superbe esthétique néo-noire inspirée par l’âge d’or d’Hollywood, enroulée dans un twist alien des plus surprenants. On aurait dû le sentir venir, pour une série produite par Apple TV. Colin Farell, dont le but est d’observer l’humanité, poursuit ses enquêtes pour retrouver des personnes disparues, dont une l’entraînant dans une histoire de gang. Cette deuxième saison enrichit son casting de Sasha Calle, en associée un peu grunge, et de Tony Dalton, au charisme phénoménal face à notre acteur titulaire. Toute l’ambiance feutrée mélancolique de la première saison ravit de nouveau, de la voix off qui se perd en réflexions introspectives et existentielles à l’aura funeste et surréaliste de Los Angeles. La caméra semble constamment détachée, captant les interactions spontanément, avec des dialogues étouffés. Le montage entrecroise encore des scènes d’anciens films en noir et blanc avec la trame principale.
On apprécie pleinement toute cette atmosphère Lounge parfaitement composée. Cependant, on aurait apprécié que le retour de la série aborde davantage l’ouverture SF qui aurait permis de proposer un œuvre intrigante dans son mélange des genres. Malheureusement, cela semble presque inutile pour l’histoire puisque le sujet revient seulement 5 minutes au milieu du dernier épisode, en un twist grossier et très cliché. Ce choix scénaristique est insultant et questionne sur le contenu même de cette deuxième saison au vu de la façon dont l’affaire en suspens d’il y a deux ans a été balayée pour laisser place à une autre à l’intérêt tout relatif. C’est clairement du remplissage et bien décevant ; l’ornement néo-noire et l’excellente direction d’acteur ne suffisent pas à faire valoir le visionnage de ces 8 nouveaux épisodes.
• SAISON 1 (7/10)
[Critique du 20 juin 2024]
Sugar pourrait passer pour une lettre d'amour passionnée aux films noirs tant la première rencontre avec la série portée par Farrell séduit. Avec son époque contemporaine capturée dans une esthétique rétro noire, transitionnant parfois vers le monochrome idoine, la mise en scène imite le style argentique, offrant tant des plans larges et amples du Panavision, que cet aspect docu vérité avec caméra à la main et pensées du protagoniste en voix off. Farrell est ce détective privé qui enquête sur une disparition au sein d'une grande famille du cinéma. Sa prestation est magnétique, en solitaire troublé, cherchant à donner sens à ses actions tout en essayant de déchiffrer ses propres tourments. Il adopte une attitude décontractée et gentleman, tout en étant efficient sur le terrain. C'est également un grand amateur de films anciens, d'où tous ces parallèles à l'âge d'or d'Hollywood. L'ambiance tricotée est ainsi fascinante, et navigue entre les genres, portée par une BO lounge urbaine et sensuelle. On s'immerge pleinement dans cette investigation de film noir nimbée de mystères, qui se rapproche de Lynch et des premiers Kelly. Le rythme est excellemment entretenu, au gré d'épisodes d'une trentaine de minutes. Il n'y a que ce twist des plus surprenants, en fin d'épisode 6, qui bouscule cette interprétation néo noire d'orfèvre, et aurait gagné à rester dans la suggestion qui alimentait l'aura mystique du show plutôt que d'en redessiner le concept.