Syndrome E
5.3
Syndrome E

Série TF1 (2022)

Voir la série

Un thriller qui oublie de brancher le courant

Syndrome E, adaptation d’un roman de Franck Thilliez, avait tous les ingrédients pour électriser son public : un duo d’enquêteurs, des complots à couper le souffle, et une dose de mystère bien dark. Mais au lieu de nous tenir en haleine, la série finit par ressembler à une enquête menée avec une lampe torche déchargée : ça avance, mais dans le noir, et on ne voit pas toujours où ça veut aller.


L’histoire suit Franck Sharko et Lucie Hennebelle, deux flics aux personnalités contrastées, qui plongent dans une affaire mêlant des cassettes vidéo mystérieuses, des morts inexplicables, et un complot scientifique troublant. Tout ça a l’air excitant sur le papier, mais l’exécution peine à rendre justice au potentiel du matériau original.


Le casting, pourtant prometteur, lutte pour insuffler de la vie à des dialogues souvent plats et à une mise en scène qui manque d’ambition. Sharko, censé être un flic torturé et fascinant, passe pour un stéréotype du flic sombre avec des problèmes personnels en solde. Lucie, de son côté, oscille entre moments d’héroïsme et scènes où son personnage semble écrit à la va-vite.


Visuellement, la série essaie de créer une ambiance oppressante, mais elle tombe souvent dans les clichés du genre : éclairages glauques, décors industriels fatigués, et un montage qui abuse des plans inutiles pour tenter de créer du suspense. Malheureusement, le résultat est plus soporifique qu’intense.


Le rythme est un autre problème. Là où le roman de Thilliez dégage une tension nerveuse, la série s’éparpille dans des intrigues secondaires mal exploitées et des longueurs qui cassent toute dynamique. À chaque épisode, tu espères que l’intrigue s’emballe enfin, mais elle préfère marcher au ralenti, comme un thriller qui aurait peur de se précipiter.


Le plus frustrant, c’est l’incapacité de Syndrome E à exploiter son intrigue de manière percutante. Les concepts scientifiques et psychologiques, pourtant fascinants, sont survolés ou mal expliqués, laissant le spectateur dans une confusion frustrante. Les rebondissements, censés choquer, tombent souvent à plat faute d’une vraie montée en tension.


En résumé : Syndrome E est une tentative honnête mais ratée de transposer l’univers de Thilliez à l’écran. Une série qui aurait pu être une plongée captivante dans le thriller psychologique, mais qui reste engluée dans des choix narratifs maladroits et une exécution qui manque de nerf. À regarder seulement si tu es fan de Thilliez… et que tu veux te convaincre que le livre reste toujours mieux.

CinephageAiguise
4

Créée

le 20 nov. 2024

Critique lue 64 fois

Critique lue 64 fois

D'autres avis sur Syndrome E

Syndrome E

Syndrome E

5

FredFTW

307 critiques

Encéphalogramme plat pour Zig et Sharko

Il parait que le roman est très bien, mais comme je ne l'ai pas lu, je vais uniquement parler de la série.Bon l'idée était intéressante. Il s'agit d'une enquête sur une organisation qui procède à...

le 4 oct. 2022

Syndrome E

Syndrome E

4

CinephageAiguise

2468 critiques

Un thriller qui oublie de brancher le courant

Syndrome E, adaptation d’un roman de Franck Thilliez, avait tous les ingrédients pour électriser son public : un duo d’enquêteurs, des complots à couper le souffle, et une dose de mystère bien dark...

le 20 nov. 2024

Syndrome E

Syndrome E

5

ValHbt

1 critique

Très éloigné du livre

il vaut mieux ne pas avoir lu le bouquin, sinon c’est une grande déception…En revanche si on a pas lu le livre, casting ok, assez bien réalisé

le 17 août 2024

Du même critique

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

7

CinephageAiguise

2468 critiques

Peace, amour et baffes gauloises

Astérix, c’est un peu comme un banquet chez Abraracourcix : on y revient toujours avec plaisir, même si parfois le sanglier est un peu moins savoureux que d’habitude. Avec L’Iris Blanc, Fabcaro prend...

le 31 janv. 2025

Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut

Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut

7

CinephageAiguise

2468 critiques

Ou comment ruiner sa vie en trois décisions stupides

Si tu pensais que les grandes histoires d’amour du XVIIIe siècle étaient toutes romantiques et pleines de sagesse, l’Abbé Prévost est là pour te prouver que non, on peut aussi écrire un best-seller...

le 27 févr. 2025

Les Misérables

Les Misérables

8

CinephageAiguise

2468 critiques

Entre grandeur, misère et digressions XXL

Si tu pensais que les classiques du XIXe siècle étaient juste de belles histoires d’amour contrariées, Les Misérables de Victor Hugo est là pour te rappeler qu’on peut aussi écrire un pavé où se...

le 19 févr. 2025