Compliquée à évaluer cette série car d'un côté, nous avons une réalisation léchée, un effort sur la tension vraiment très bien exécuté dans la première moitié de la saison et des acteurs (Nile, Nina, le père et le frère Jarvis) qui sont vraiment bons.
Quelques problèmes viennent émailler le tout :
- d'abord, les deus ex machina discrets mais impardonnables dans une série qui se veut réaliste un minimum (l'écrivaine qui se téléporte depuis une serre de jardin jusqu'au centre de New York en étant recherchée pour meurtre, le message reçu sur le portable juste avant de le lancer, la pièce préparée pour faire croire à un meurtre en deux heures avec diffusion live...)
- ensuite les gymnastiques entre "l'antagoniste est tout puissant car il est manipulateur, pervers, tueur, menteur et il dispose de moyens illimités" et "en fait non c'est un impulsif qui manque de jugeotte une fois sur deux". C'est dommage car la série surfe allègrement sur l'ambiguïté de ce que le spectateur sait et ignore mais évente son dénouement deux épisodes avant sa conclusion à cause de ces problèmes de proportion. L'oncle de l'antagoniste est un malfrat au service d'un magnat qui engage des tueurs, des agitateurs, mais peut menacer une agent du FBI en connaissant TOUT de sa vie. Il reste malheureusement impuissant à surveiller un type vivant à 20m de son appartement.
- un arc narratif en mode porno-émotionnel qui ne sert à rien sauf à faire de l'exposition sur le protagoniste et ses motivations. On a compris que son enfant était mort par sa faute, on pourrait ne pas revoir chaque minute du jour du décès plz ?
- un manque de résolution pour des arcs narratifs annexes comme la flic asiatique et l'agent devenu obsédé
N'en reste pas moins une série qui arrive 80% du temps à garder sa tension intacte et interroger sur la bête en chacun de nous. Le discours final du protagoniste en témoigne, la frontière entre civilisation et barbarie ne tient qu'à la présence de sanctions et de conséquences.