The Chosen se présente comme une série ambitieuse et moderne sur Jésus, mais tombe rapidement dans une lecture naïve, voire infantilisante, des récits évangéliques. Les paraboles y sont prises au pied de la lettre, vidées de leur portée symbolique et philosophique pour devenir de simples historiettes édifiantes. Quant aux miracles – l’eau changée en vin, la marche sur l’eau, les guérisons – ils sont traités sans distance critique, comme des faits bruts, presque documentaires, là où ils gagneraient à être compris comme des constructions théologiques ou métaphores spirituelles.
Cette approche littéraliste confine souvent au neuneu : tout est expliqué, souligné, surligné, comme si le spectateur devait être constamment pris par la main, voire par la foi. La série préfère l’émotion facile à la complexité, la dévotion au questionnement. Résultat : une œuvre qui rassure les convaincus mais laisse peu de place à l’intelligence du doute.
Ironie personnelle : j’étais aveugle en commençant cette série, et sa nullité m’a ouvert les yeux — oups, un miracle de plus. Mais un miracle inverse : celui qui rappelle qu’on regarde ici une fiction. Il est bon de se souvenir qu’il n’existe aucun écrit du vivant de Jésus, et que tout ce qui nous est montré relève d’une reconstruction tardive, orientée, et idéologiquement chargée.
En voulant rendre le Christ “accessible”, The Chosen le rend surtout plat, lisse, inoffensif. Là où le mythe pouvait déranger, interroger ou troubler, la série choisit le confort du catéchisme télévisuel. Une œuvre de foi, sans doute. Une œuvre exigeante ? Certainement pas.