C'est vrai : le scenario n'a rien de nouveau ou de surprenant. Le cas Billy Millighan est maintenant bien connu, et Split, Color of Night ou Fight Club ont démocratisé ce genre de twist.
Néanmoins, il faut concéder une réalisation particulièrement réussie.
Tout d'abord, Tom Holland offre une palette de jeu tout bonnement impressionnante. La voix, les accents, la posture, les expressions faciales : tout y passe, avec finesse, justesse et succès.
On peut également noter la photographie, qui ne cesse jamais de guider l'oeil, de suppléer aux dialogues, et de symboliser le non-dit. En terme d'ingéniosité, c'est très fort.
En parlant d'ingéniosité, on ne peut d'ailleurs taire l'intelligence de la progression de la série. On sent une préparation en amont, une anticipation, une véritable travail, finalement, qui tend - hélas - à manquer de plus en plus dans des séries livrées toutes faites, pré-mâchées, pour ne réserver ni surprise ni réflexion plus poussées qu'à l'accoutumée au spectateur. L'histoire se déroule, au gré des épisodes, le réalisateur livre ce qu'il tient à livrer, au moment donné, sans anticiper, sans se trahir ou trahir son œuvre. Une oeuvre maîtrisée par son chef.
C'est bien la définition d'un chef-d'œuvre.