C'est le genre d'animé qui a droit à son lot de mépris, alors qu'il coche toutes les cases d'une série respectable, proche du Classique. Rien que le titre, dévoile sans se cacher une chose que l'on ne peut prendre à la légère (qui a le privilège ici, de prendre un double sens).
Peu de personnages, mais tous utiles et attachants; un harem fluctuant, qui nous offre de belles séquences mêlant humour et romantisme; de savants rebondissements qui nous surprennent; des scènes d'actions qui rythment l'ensemble; enfin, une réalisation sans faille et très agréable.
Dès les premières scènes, à la découverte de Louise Françoise Le Blanc de la Vallière, j'ai pensé à l'animé Toradora! aka Taiga - le cauchemar de nos rêves - (dont le manga est sorti un an après celui de "The Familiar of Zero", simple coïncidence à coup sûr). L'icone Tsundere tendance Himedere par excellence, quand même!
Élément qui plaira, ou déplaira peut-être pour les âmes prudes et remplies de bonté arc-en-ciel, notre protagoniste masculin est introduit en tant que "familier" de notre chère petite aristocrate (esclave ou domestique plus concrètement); châtiment en public, décharge d'humeur passagère par le fouet, intimité malheureuse... Le terme "chien" que l'on retrouve tout au long des péripéties ne peut être plus légitime (le cœur de l'humour de cet animé). Les gens ancrés dans les mœurs et coutumes rabougries d'un protestantisme dégoulinant, feront une grimace et allumeront leur programme télé préféré; grand bien leur en fasse... Nagui fouette plus sournoisement (exemple pris au hasard, je respecte sa personne).
Même un public averti à ce genre de proposition pourra trouver l'ensemble peu original, avec un air de "déjà vu" (en français dans le texte). Mais, comme pour la musique, il faut prendre du recul et être muni d'une culture assez vaste, pour prétendre voir juste. Puis, tellement de joyaux de l'animation japonaise ne dévoilent leur richesse qu'au fil du temps.
Ma dernière parenthèse piquante, "en français dans le texte", introduit un élément important: dans ce monde féérique parallèle, on retrouve à tour de bras des références à la Renaissance française période Louis XIII/Louis XIV; complots, trahisons, massacres, déchéances de rang social,... Puis cerise sur le gâteau, une profusion de noms propres français avec cet accent succulent, que seule la langue japonaise peut nous offrir. C'est donc une bénédiction qu'il n'y ait jamais eu de doublage en français (un manga en version française serait bienvenu).
Si vous cherchez des trames complexes, de la véracité et une variation d'environnement digne de grandes fresques d'aventures, passez votre chemin. Mais si vous recherchez ce qui fait la magie des mangas; du style, de l'humour et des propos plus profonds qu'ils en ont l'air, vous êtes au bon endroit, au côté de nos valeureux étudiants en magie.
PS: à savoir que l'auteur original du manga est décédé d'un cancer avant d'avoir achevé son œuvre. Il semblerait que son adaptation en aurait souffert, surtout dans sa dernière et quatrième saison (je n'en ai vu que trois en VOST, toutes du même niveau que cette première saison).