Guy Ritchie, le showrunner / réalisateur de la série fait partie de ceux qui ont une patte reconnaissable : de l'humour, des gens qui parlent, de l'élégance, de l'action, des gueules de l'emploi. Un peu du sous-Tarantino english. Parfois, ça va jusqu'au tic et donc, jusqu'au toc, parfois, ça fonctionne.
Ici, pour moi, ça fonctionne.
Pourtant, j'ai eu un peu peur. Le démarrage est un peu improbable. Cocasse, mais improbable, et on se dit que pour une potacherie, ça fonctionne, mais que si la série ne fonctonne que sur ça, ça risque de sonner creux. Il faut dire qu'un mec qui doit se déguiser en poule pour s'excuser auprès d'un truand, c'est rigolo, mais ça ne fait pas une histoire.
Pourtant, les personnages sont un peu stéréotypés : le fils ainé un peu bon à rien, le cadet qui a toutes les qualités de leadership, la femme fatale mais qui veut démontrer à son père qu'elle est capable, le cultivateur de beuh un peu crétin et ça va comme ça.
Mais au final, ça fonctionne. D'abord parce que c'est divertissant, évidemment. Le scenario est plus ou moins plausible, mais quand c'est assumé, ce n'est pas la même chose. Les dialogues sont plutôt drôles, et l'histoire avance avec force et fracas.
Tous les personnages, aussi stéréotypés soient-ils, sont bien brossés, pas forcément monolithique (à part celui incarné par Theo James, finalement peu intéressant) et on prend plaisir à les voir évoluer.
Et puis, la mise en scène, qu'on pourra qualifier de clinquante, est en même temps, très dynamique et élégante. Et à défaut de visionner un chef d'oeuvre, on visionne un sympathique divertissant bien gaulé.
Parti avec beaucoup d'a priori, je suis revenu plutôt soulagé d'un voyage que j'appréhendais. Vous ne sortirez pas grandi de ce visionnage, mais vous en sortirez divertis par un assemblage de codes "ritchiens" bien agencés.