On retrouve avec un plaisir non dissimulé toute l’âme du film, tout son côté décalé, cet univers à la fois très riche, luxueux, mondain même, celui du quotidien de riches propriétaires britanniques baignant dans la plus pure tradition, qui côtoient pourtant de très près la culture et le trafic de drogues, avec tout ce qui l’entoure de pas très net, pas très légal, pas très propre. Deux mondes absolument antinomiques s’il en est, opposés l’un à l’autre, mais qui font pourtant tout le sel, toute l’extravagance de cette série, les petits bourgeois qui se mêlent aux petites frappes ou aux plus gros poissons, ces immenses demeures, pour la plupart en désuétude totale, parce que leur train de vie ne suit plus et qui sont dans l’obligation d’accepter de devenir les vitrines cachées d’un immense trafic, pour subvenir à leurs besoins. Guy Ritchie avait posé des bases solides avec son film précédent, mais il les exploite avec d’autant plus de talent ici, à travers ce format de série, qui contient néanmoins peu d’épisodes, il se régale à étendre ce milieu tout à fait atypique, à lui apporter des couleurs toujours plus extravagantes, plus décalées encore, il pousse le curseur jusqu’à son paroxysme et ce, pour nous offrir un divertissement plus décomplexé que jamais. Je dois dire que l’ensemble est magnifiquement porté par son duo, Theo James et Kaya Scodelario tiennent à mon sens toute l’essence de cette série entre leurs mains, avec une alchimie évidente, ils parviennent à créer de toute pièce une véritable osmose, agrémentée de seconds rôles tout aussi alléchants. Mais c’est par son intrigue qu’elle brille avec autant de force, d’une complexité agréable, il faut savoir se laisser porter par les évènements, pour comprendre où elle veut nous amener, au rythme vif, haletant, comme sait le faire Guy Ritchie, c’est d’une intensité sans égale, nous aurons la sensation de ne jamais pouvoir reprendre notre souffle tant les éléments s’enchaînent, dans une spirale infernale dont nos héros auront bien du mal à se sortir.
En bref : Une série qui aura su conserver toute l’identité de son film éponyme, lui apportant plus de relief, plus de profondeur encore, son univers se dévoile dans toutes ses ramifications, pour s’étendre, pour gagner en complexité et nous faire partager une aventure plus folle, plus décomplexée, ne nous laissant aucun instant de répit, pour notre plus grand bonheur !
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