SAISON 1
Cette série réussit deux prouesses : révéler une grande actrice et développer un personnage complexe. La grande actrice c'est Riley Keough. Une révélation pour moi. Une gueule de cinéma, une présence à l'écran incroyable. Le personnage complexe c'est Christine Reade. Ambiguë tout du long, on ne sait pas ce qui se passe dans sa tête, et c'est ça qui est bien ! Les auteurs de TGE nous ont emmené là où on ne s'y attendait pas. Dans cette univers aseptisé où tout est vitré-transparent pour mieux vous exhiber et vous exposer à l'humiliation publique, au lieu d'être la victime honteuse d'un engrenage pervers, Christine semble au contraire y trouver une forme d'épanouissement. On ne connait pas son passé, on ne sait pas pourquoi elle a cette sexualité marginale, si elle fait ça pour l'argent ou si elle est juste nympho. On ne sait pas si elle développe des sentiments pour ses clients, avec qui elle devrait garder une distance professionnelle, mais à qui elle laisse entrevoir l'espoir fou d'une relation amoureuse. Elle joue un jeu dangereux. Bref, elle nous retourne le cerveau avec son visage impassible et sa moue. Au final, elle me laisse plus l'impression d'être une mère en manque d'affection qu'une nympho vénale et prête à tout.