L’authenticité historique élevée au rang d’art
Bien que j’aie vu ce K-drama il y a six mois, je prends la plume pour la première fois car aucune critique n’a été faite à ce jour.
Il faut dire, malheureusement, que la diffusion officielle en France n’est pas disponible…
Pourtant, ce drama historique a connu un grand succès critique et public, que ce soit pour les récompenses reçues (les KBS Drama Awards 2023 et les Seoul International Drama Awards 2024) ou pour les audiences en progression constante (5,5 % au premier épisode pour finir à 13,8 % au dernier). La chaîne nationale KBS a eu le nez creux pour célébrer son 50e anniversaire !
C’est un véritable exploit pour un sageuk authentique et traditionnel que de s’imposer face aux comédies romantiques ou aux thrillers modernes, bien sûr, mais aussi face aux sageuks-fusions mêlant fiction, romance de cour et fantastique.
Le budget a été colossal, que ce soit pour l’innovation technique utilisée (reconstitution de batailles massives) ou pour la réalisation, marquée par une recherche constante d’authenticité. Là où, régulièrement, les productions américaines échouent, le savoir-faire coréen, tant dans la subtilité que dans l’équilibre scénaristique, a permis d’aboutir à une réussite.
Cette fresque historique de 32 épisodes partage de nombreuses similitudes narratives et formelles avec les C-dramas, les maîtres du genre.
On y retrouve les machinations politiques au cœur de l’intrigue, la stratégie militaire, la tactique diplomatique et donc les batailles d’envergure. Alors oui, il faut apprécier le genre, d’autant plus qu’aucune romance centrale ne permet d’alléger la trame. Pour plaire au public d'aujourd'hui et compenser la longueur de la série, la production a eu la bonne idée d'adopter un rythme rapide et des dynamiques politiques intenses.
Bien que Choi Soo-jong, légende du genre en Corée, ait été récompensé pour son rôle, la particularité de la série a été de mettre en avant le spectacle plutôt qu’un casting de prestige. C’est un pari audacieux qui permet de se concentrer sur l’histoire plus que sur les personnages. Alors oui, cela perturbe nos habitudes et l’importance accordée (à juste titre) aux acteurs, même si ceux présents jouent globalement bien leur rôle. C’est avant tout une décision budgétaire, mais vu son ampleur, nous ne pouvons pas faire la fine bouche ! Même l’équipe créative principale (réalisateurs et scénaristes) est relativement méconnue du grand public.
Malgré cela, il faut préciser que cette équipe s’est appuyée sur le rôle fondamental de Gil Seung-soo. Il est en effet l'auteur du roman historique à succès Goryeo–Khitan War: Sweet Rain in the Winter (2018), qui a servi de fondation narrative complète à la série.
Quid de l’histoire ? Pour être honnête et précis, sachant qu’entre-temps j’ai vu de nombreux dramas et que ma mémoire n’est pas infaillible, je vais m’aider de références afin d’en faire un résumé simple et clair.
La série retrace l'histoire vraie d'une guerre impitoyable de 26 ans qui a opposé, entre 993 et 1019, le jeune royaume coréen de Goryeo à l'immense et puissante armée nomade de l'Empire Khitan (la dynastie Liao). Ce dernier s’étendait alors sur la Mongolie, la Mandchourie et le nord de la Chine.
Menacé par des querelles de succession, le jeune prince Hyeonjong vit caché dans un monastère bouddhiste. Propulsé sur le trône à seulement 19 ans après un coup d'État militaire, ce roi inexpérimenté doit immédiatement faire face à l'invasion d'une armée khitan de 400 000 hommes. Ce monarque est joué par Kim Dong-Joon, connu d'abord comme chanteur, pas forcément charismatique je trouve, mais on a compris que le casting n'est pas la force de ce drama, à part la tête d'affiche.
Pétrifié et sans expérience face à la guerre, le roi va trouver un mentor exceptionnel en la personne de Gang Gam-chan, un leader politique et militaire âgé de 70 ans. Il est incarné par l'acteur Choi Soo-jong, qui n'a pas usurpé sa réputation tant il tient magistralement son rôle. Ensemble, malgré leurs différends initiaux, ils vont nouer une relation de confiance profonde pour unifier le peuple et l'armée.
Grâce à une diplomatie fine, des tactiques de guérilla et des embuscades mémorables, ils vont tenter de repousser l'envahisseur pour sauver leur nation de l'extinction jusqu'à l'affrontement final : la légendaire bataille de Kuju (Guiju)…
Après plus d’une vingtaine de K-dramas historiques visionnés - avec grand plaisir dans l’ensemble - je peux témoigner de la sensation d’avoir vu une fresque originale et réjouissante. Ce spectacle de qualité m’a paru défiler sans temps morts, avec une intensité rare, d'où mon coup de coeur. Alors oui, le manque d'attachement aux personnages m'a empêché de lui attribuer la note suprême. Les adeptes des C-dramas du même genre vont sûrement m’inciter à voyager du côté de l’Empire du Milieu ;)
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il y a 2 jours
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