Saluons le culot incontestable d’ITV1 en produisant cette série sulfureuse sur un scandale d’état britanniquedes années 2000 impliquant les magouilles orchestrées par deux fleurons de l’empire du magnat et autocrate australo-américain Rupert Murdoch (95 ans en 2026...apparemment, les requins réac vivent très longtemps) « New of the world » et « The Sun » ( 3,5 millions d’exemplaires quotidiens, rappelez-vous la pin-up aux seins nus congédiée plus tard comme une malpropre en raison de protestations de lecteurs ) . Des journalistes spécialisés en caniveau bénéficiaient d’informations confidentielles sur des écoutes illégales de personnalités (artistes, politiciens, sportifs et membres de la famille royale).Des policiers de Scotland Yard corrompus fournissaient ou bloquaient des pièces à la justice susceptibles d’éclabousser toute la chaîne informative. Naturellement , certaines enquêtes ont approché le pot aux roses notamment celles menées par Dave Cook d’autant que des crimes commandités par des journalistes véreux et protégés par leur hiérarchie (Andy Coulson rédacteur du News of the World et ministre éphémère de David Cameron 2010-2011, arrêté le 8 juillet 2011 et condamné en 2014 à 18 mois de prison pour l’ensemble de son œuvre entre 1998 et 2007) et avec l'aide de leurs contacts avec le grand banditisme, faisaient le ménage en éliminant les témoins. Côté Presse concurrence, un journaliste free-lance Nick Davies ( aujourd’hui à la retraite), une sorte de gardien de la flamme déontologique, travaillait pour the Guardian avec l’aide de son rédacteur en chef Alan Rusbridger ainsi qu’une avocate Charlotte Harris sur cet énorme dossier de tabloïds à vomir pour le compte de Murdoch jetant en pâture toutes ces célébrités auprès de leur lectorat ( Mike Mosley en a fait les frais avec la mort de son fils un an après une photo compromettante publiée par le tabloïd). Les victimes ne se comptent pas tant eles sont nombreuses. Police, Presse, politiciens, tous les niveaux dissimilaient cette vaste mascarade. Oui, mais comment révéler cette bombe nucléaire car Murdoch sait arroser le silence des personnalités prêtes à attaquer en justice les allégations. Il, faut savoir que les journaux de Murdoch pratiquent l’intox tout en jouant les faire-valoir de politiciens ( Tony Blair en 1997 et 2001) et beaucoup d’autres dés lors que ses intérêts matchent avec ses convictions droitières. Dans la presse, on y laisse des plumes de lucidité lorsqu’on recherche la vérité et cette série reprise par Arte le prouve amplement. David contre Goliath.