Y a-t-il un “effet David Tennant” ? Comme beaucoup de spectateurs européens, j’ai découvert l’acteur dans Doctor Who, où il reste, à mes yeux, l’un des deux meilleurs interprètes du Docteur avec Matt Smith. Tennant, à l’image de nombreux grands acteurs britanniques, a un parcours classique — Shakespeare en tête — mais il se distingue aussi par sa capacité à jouer avec les codes narratifs, notamment en brisant le quatrième mur.
The Hack s’intéresse à un scandale bien réel : le piratage de données orchestré par des journalistes travaillant pour des tabloïds britanniques. Pour situer, les tabloïds pourraient être comparés à certaines pratiques observées sur les réseaux sociaux comme X — à la différence près qu’ici, l’information sensationnaliste se vendait sur papier.
Comme souvent dans les productions britanniques, la série ne se limite pas à une intrigue journalistique. Elle intègre une dimension sociale et familiale, rappelant par certains aspects les arcs narratifs les plus ancrés dans le réel de Doctor Who (période Rose / Bad Wolf). Sur le plan thématique, The Hack évoque Les Hommes du Président, mais avec un regard nettement moins indulgent envers le quatrième pouvoir.
La série s’inscrit également dans une critique plus large des structures médiatiques britanniques, où des groupes comme le consortium de Rupert Murdoch exercent une influence considérable. À cet égard, elle se montre plus incisive que des œuvres comme Jeux de pouvoir.
L’une des réussites majeures de The Hack réside dans sa construction narrative en double arc : d’un côté, le parcours du journaliste, de l’autre, une enquête policière autour d’un meurtre. Cette dualité renforce la tension dramatique tout en élargissant la portée du récit.