The Last Frontier est une série apparue sur Apple TV l’année dernière. Elle se compose de dix épisodes. Lors de sa sortie, elle était présentée comme un mélange de polar et d’action avec comme cadre l’univers enneigé de l’Alaska. Un programme plutôt alléchant…
Le quotidien du marshal Frank Remnick est chamboulé quand un avion de transport de prisonniers s’écrase dans la région. Des dizaines de détenus dangereux sont lâchés dans la nature. Retrouver tout ce petit monde dans les contrées sauvages de l’Alaska ne va pas s’avérer être une partie de plaisir…
La mise en place est efficace. Le premier épisode ne perd pas de temps pour mettre tout le monde dans le bain et faire naitre une réelle envie de connaitre la suite. Certains indices laissent présager de potentielles révélations impactant les relations entre les uns et les autres. De plus, on comprend rapidement que cette histoire de crash est loin d’être claire et que des enjeux bien plus importants que des évasions de prisonniers sont en jeu. Cette densité narrative tiendra tout au long de la saison que j’ai trouvée prenante et de qualité constante. C’est d’ailleurs avec tristesse que j’ai appris que la seconde saison avait été annulée. Cette décision radicale est frustrante tant la première était riche, rythmée et prenante.
Jason Clarke incarne remarquablement ce marshall chargé de protéger sa communauté. Il dégage à la fois une force qui en fait un chef de meute crédible et une fragilité qui sous-entend des blessures cachées mal cicatrisées. Les rôles féminins principaux prennent les traits de Haley Bennett et Simone Kessell. La première est une agente fédérale envoyée pour « accompagner » la recherche des fugitifs. La seconde est l’épouse de Frank. Autant je suis tombé sous le charme de l’incarnation forte dégagée par Simone Kessell autant j’ai eu du mal lors de ma rencontre avec Sidney que j’ai trouvé un petit peu « enfant capricieuse ». Elle souffre de la comparaison avec Frank et leur duo apparait déséquilibré. L’intrigue fera évoluer ce sentiment initial sans toutefois me convaincre totalement sur la dimension complexe et mystérieuse de Sidney. Néanmoins, sachez que la qualité globale du casting est remarquable. Chaque interprète important, secondaire ou anecdotique est pleinement incarné et participe activement à la réussite de l’ensemble.
Le travail sur les décors est un des atouts de la série. Je suis assez sensible à la nature hostile et à l’atmosphère communautaire de l’Alaska qu’on retrouve dans certaines séries, certains films ou certains bouquins. L’immersion dans la petite ville autour de laquelle gravite l’intrigue est très réussie. Les scènes dans l’immensité sauvage et enneigée de la région sont dépaysantes à souhait et participent activement au plaisir du visionnage.
Concernant l’intrigue en elle-même, l’entrée en matière est efficace. Cette histoire de prisonniers lâchés en liberté n’autorise aucun temps mort. Parallèlement est menée l’enquête pour déterminer les causes de l’accident. Les indices mènent à des réponses qui génèrent de nouvelles questions. Le suspense est maintenu de manière constante du début à la fin de la saison. Evidemment, les apparences initiales sont fortement chahutées au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue et les rebondissements sont plutôt efficaces.
Pour conclure, The Las Frontier est une série efficace qui a répondu à mes attentes. Le cahier des charges est largement respecté. Comme je l’ai dit précédemment, je suis vraiment déçu que la seconde saison ait été annulée. En effet, les personnages, les lieux, la réalisation et le scénario étaient des ingrédients de qualité au potentiel certain qui restera hélas inexploité…