Nouvelle série sud-coréenne sur Netflix (qui profite de l'engouement créé par Squid Game), pour un récit spatial qui m'a complètement captivé pendant 8 épisodes. On suit une équipe d'astronautes en mission dans une base scientifique lunaire pour y récupérer un échantillon qui permettrait de pallier à la pénurie d'eau sur Terre (et aux restrictions imposées selon les classes sociales). Si l'on met de côté les quelques négligences scientifiques vis-à-vis des lois de la physique, dans les premiers épisodes, on se retrouve avec une série à envoûtante qui va, tour à tour, rappeler Moon pour les décors, Life pour le mystère scientifique, Alien pour l'atmosphère poisseuse lors de l'exploration, ou encore Snowpiercer (le film) pour ce contexte d'humanité au bord du gouffre. Ne misant pas tout sur le visuel, les scénaristes ont glissé des thèmes intéressants qui donnent un peu de chair à l'ensemble, à travers des conflits géopolitiques, le rapport à la science, quelques choix moraux bien trouvée, et la présence de grosses compagnies qui ont leur mot à dire malgré une situation planétaire critique.
On ne peut que souligner le set design qui est incroyable et nous plonge directement dans l'ambiance de cette station désaffectée suite à des évènements tragiques. La succession de couloirs, de salles saccagées, et des extérieurs séléniques sont superbement présentées et, avec ce rythme qui reste plutôt lent et contemplatif, garni de vues spatiales, on a vraiment l'impression de lire un roman de SF qui se dévoile page après page. On retrouve quelques acteurs connus, notamment Bae Doona et Gong Yoo, absolument convaincants dans des rôles plutôt opposés au départ. On découvre, en même temps qu'eux, les incidents et expériences passés sous silence et l'impact est réussi puisque la mise en scène et le rythme sont superbement accordés pour que cette pure atmosphère de SF perdure. On apprécie le travail sur la photographie qui laisse entrevoir une production haut de gamme, mais aussi le soin apporté au design sonore très minimaliste, et parfois même silencieux pour s'immerger dans les scènes. En sus, on a une musique toute en violons et piano qui capture joliment cette ambiance poétique lunaire fascinante.