Dès les premières secondes, The Soultaker frappe fort.
Une colorimétrie "art pop" mêlée à une imagerie chrétienne, des plans de caméra audacieux/originaux, des arrière-plans parfois en constant mouvement, une animation soignée et une bonne bande-son. Il est difficile de ne pas adhérer aux enchaînements d'idées excentriques qui traversent l'écran.
Mais en même temps que le visuel percutant, l'un des plus gros défauts de l'anime devient assez rapidement évident.
Tout s'enchaîne à une allure folle. Rien n'a vraiment le temps d'être développé, ce qui rend le tout parfois difficile à suivre en plus de minimiser les moments émotionnels.
Mais au départ, c'est pardonnable.
La proposition esthétique et les différentes idées du scénario écartent le gros défaut du premier épisode dans un coin perdu de votre cerveau tandis que vous vous émerveillez de voir Kyousuke Date se transformer pour vaporiser le méchant du premier épisode sur la musique Hyouriittai de JAM Project (opening de l'animé).
LIGHTNING… BREAKER!!!
Malheureusement, à la longue, tout défaut ne peut pas être effacé par le visuel, surtout quand celui-ci commence aussi à en devenir un au fil des épisodes.
Il ne faut pas attendre longtemps pour que l'animation soignée laisse place à un enchaînement de PowerPoint dans les scènes d'action et que la colorimétrie semble devenir maladive. Les tentatives de cacher le manque de finition par le montage sont louables mais évidentes. Le tout reste appréciable, même si vous commencez à lever un sourcil perplexe. L'histoire, l'univers, les concepts, les métaphores, les thèmes et mystères proposés par The Soultaker restent intéressants dans son chaos permanent.
Puis vous commencez à avoir l'impression d'avoir sauté un épisode par accident. Vous vérifiez pour être sûr et vous êtes étonné de voir que non, c'est normal. L'animé passe parfois d'une situation extrême à une autre entre les épisodes, sans vraiment d'explication à part une ligne de dialogue quand il se sent généreux. Ajoutez à ça des révélations improbables qui doucement vous décrochent de l'histoire au scénario déjà confus, puis mélangez à ça tous les défauts dits précédemment, et quel est le résultat ?
Une déception.
À vouloir trop dire sans prendre le temps de développer ses idées, tout devient incohérent et ridicule en plus de détruire tout le pouvoir émotionnel de la narration et de l'imagerie du dernier épisode. Les personnages en souffrent aussi. Ils ne sont ni attachants, ni bien développés. Leurs conflits intérieurs ne sont pas assez explorés (à une exception près). Tout ce qu'il vous reste, c'est un goût amer de potentiel gâché, de ce qui aurait pu être un chef-d'œuvre méconnu de l'animation japonaise. Peut-être l'est-il dans une réalité alternative.
Pourtant, je recommande son visionnage.
Malgré le sentiment de déception que vous ressentirez à la fin, The Soultaker propose une expérience comme j'en ai rarement vu dans ce média et il est difficile de rester de marbre face à l'inventivité chaotique de l'œuvre. Il faut, je pense, au moins avoir vu le premier épisode une fois dans sa vie.