Cette première saison de The Terror m'a laissé une impression globale plutôt positive, même si l'expérience n'a pas été parfaite de bout en bout. Le grand point fort de la série réside sans conteste dans son ambiance visuelle et sonore : la reconstitution historique est d'un réalisme saisissant, et on ressent presque physiquement le froid polaire, l'isolement total et la paranoïa grandissante qui s'emparent des équipages de l'Erebus et du Terror. Le casting est de très haut niveau, notamment Jared Harris et Tobias Menzies qui livrent des performances impeccables et complexes, incarnant à merveille des officiers dépassés par l'immensité de l'Arctique et par les protocoles rigides de la Royal Navy. La descente aux enfers psychologique de ces hommes, coincés dans les glaces, est fascinante à suivre et constitue le véritable cœur dramatique de l'histoire. Cependant, la série souffre de gros problèmes de rythme en son milieu, avec plusieurs épisodes qui piétinent et des discussions stratégiques qui s'éternisent, ce qui peut lasser le spectateur. De plus, le choix d'intégrer une créature fantastique et mythologique s'avère être une fausse bonne idée à mes yeux : le monstre est parfois visuellement un ton en dessous du reste de la production, et surtout, la menace humaine, la maladie et la faim étaient largement suffisantes pour instaurer une terreur authentique sans avoir besoin de cet élément surnaturel qui brise un peu le réalisme historique. Malgré ces quelques longueurs et ce parti pris scénaristique discutable, l'œuvre reste une proposition solide, soignée et profondément marquante qui plaira sans aucun doute aux amateurs de drames historiques sombres et d'ambiances claustrophobiques.