Des marionnettes plus raides que des mannequins sauvent le monde à bord de vaisseaux spatiaux

Thunderbirds, les sentinelles de l’air, c’est un peu comme si tu avais réuni des experts en effets spéciaux des années 60 avec un amour démesuré pour les maquettes et les avions téléguidés, et que tu avais décidé de leur confier la sécurité mondiale. Le résultat ? Une série qui réussit à rendre des marionnettes rigides plus héroïques que James Bond, tout en te faisant rêver à des sauvetages grandioses avec des véhicules qui ressemblent à des jouets d’enfant, mais en bien plus cool.


Bienvenue dans l’univers d’International Rescue, une organisation secrète gérée par la famille Tracy, dont la spécialité est d’intervenir là où personne d’autre ne peut sauver la situation. Et quand on parle de situations impossibles, c’est du lourd : ponts qui s’effondrent, trains en flammes, vaisseaux spatiaux en détresse… C’est le quotidien de ces marionnettes stylées, qui ne montrent jamais un seul signe de panique (logique, elles ont autant d'expression faciale qu'une brique).


La première chose qui saute aux yeux (et aux cordes, littéralement) dans Thunderbirds, c’est que ces héros ne sont pas humains… enfin, si, mais marionnettisés avec ce que les années 60 faisaient de mieux en matière de "Supermarionation". Les personnages se déplacent de manière assez rigide, les mouvements sont parfois un peu saccadés, et leurs visages restent figés même dans les moments les plus tendus. Mais bizarrement, c’est là que réside tout le charme ! Ces marionnettes ont une aura particulière, un charisme un peu robotique, mais qui te fascine dès le premier épisode. Elles ne parlent jamais avec les mains, mais quand tu les vois piloter un vaisseau en mode poker-face, tu te dis qu’elles sont bien plus calmes que toi devant un épisode de Columbo.


Le cœur de la série, c’est bien sûr la famille Tracy et ses cinq fils, chacun pilotant un "Thunderbird" spécifique, des machines toutes plus cool les unes que les autres. Thunderbird 1 ? Un jet ultra-rapide. Thunderbird 2 ? Un transporteur lourd qui peut embarquer à peu près tout, sauf peut-être une girafe (mais ils n’ont pas essayé, dommage). Thunderbird 3 ? Une fusée rouge flamboyante pour les missions spatiales, parce que l’espace, c’est leur truc aussi. En gros, ces gars-là ont un jouet pour chaque mission, et pas de place pour l’improvisation. Jeff Tracy, le patriarche, supervise tout ça depuis une île secrète paradisiaque (parce que si tu veux sauver le monde, autant le faire avec vue sur mer, non ?).


Mais Thunderbirds ne serait pas ce qu’il est sans les missions spectaculaires. Chaque épisode est une nouvelle catastrophe à régler, et l’équipe d’International Rescue arrive toujours avec un plan aussi précis qu’une horloge suisse. Les opérations de sauvetage sont orchestrées comme une symphonie : chaque Thunderbird a un rôle à jouer, chaque manœuvre est chronométrée au millimètre, et tu es suspendu à chaque levier que tire ces héros miniatures. Le suspense est parfois un peu forcé (les marionnettes ne transpirent pas, mais toi, oui), et pourtant, ça fonctionne à merveille. Tu te surprends à applaudir quand un train est sauvé in extremis d’une chute vertigineuse ou quand un pont est renforcé par les engins les plus sophistiqués de l’univers télévisuel.


Visuellement, la série est un vrai régal pour les amateurs de maquettes. Les véhicules, les décors, et même les explosions sont créés avec un souci du détail assez impressionnant pour l’époque. Chaque Thunderbird est une petite merveille de design rétro-futuriste, et même si les mouvements des marionnettes sont limités, les scènes d’action avec les véhicules sont bluffantes. Les séquences de décollage, par exemple, sont des moments de pure joie visuelle, où tu as presque l’impression de tenir une manette de contrôle de mission (ou un joystick d’avion en plastique, au choix).


Puis il y a Lady Penelope, l’autre star non-officielle de la série. Avec sa Rolls-Royce rose pilotée par le fidèle Parker, elle incarne le chic et le glamour dans un monde où tout le monde porte des combinaisons moulantes. Penelope est un mélange de James Bond et de duchesse britannique, et ses missions d’infiltration (où elle utilise plus de classe que d’armes) apportent une touche de sophistication à cette série déjà pleine de surprises.


Et comment parler de Thunderbirds sans évoquer sa bande-son ? Le thème principal est un bijou musical de Barry Gray qui te reste en tête comme un bon vieux tube des sixties. Ces quelques notes suffisent à te replonger instantanément dans l’ambiance de l’action et du suspense, comme si tu étais à bord d’un des Thunderbirds toi-même. Ce thème est tout aussi iconique que les véhicules de la série, et il donne une dimension héroïque à ces marionnettes raides comme des piquets.


Alors oui, on pourrait dire que la série a un côté kitsch, surtout vue d’aujourd’hui, mais c’est ce charme désuet qui la rend si attachante. Les marionnettes un peu rigides, les décors en carton-pâte ultra stylisés, les explosions miniatures… Tout cela fait partie du folklore de Thunderbirds, et même si les dialogues sont parfois aussi figés que les expressions des personnages, la tension et le rythme sont toujours au rendez-vous.


En résumé, Thunderbirds, les sentinelles de l’air est une série qui, malgré ses marionnettes un peu raides, réussit à captiver avec des scènes d’action épiques, des véhicules spectaculaires, et une ambiance rétro-futuriste inégalée. C’est une fête visuelle pour les amateurs de maquettes, de sauvetages dramatiques et d’opérations millimétrées, le tout orchestré par des héros en plastique qui ont plus de sang-froid que la plupart des acteurs en chair et en os.

CinephageAiguise
8

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le 15 oct. 2024

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