On tient là la série type Netflix !
Jamais une série Netflix n’aura en effet coché autant de cases : un jeune gay qui assume, un jeune gay qui n’assume pas, un musulman pratiquant, un métis islamophobe, une asiatique, une latino, un couple gay marié, une peste blonde, un végétarien, une directrice autoritaire et manipulatrice, et bien entendu, une héroïne black. On a même droit à l’adolescent noir dans un fauteuil roulant ! On a échappé de peu au bouddhiste
L’histoire n’est pas déplaisante (la vie dans une école de danse confrontée à l’accident grave qui est survenue à l’une des danseuses). De plus, la série nous propose un environnement original (le monde de la danse) alors que jusqu’à présent, on était gavé de vampires, de loups-garous et de sorcières...
Mais que c’est prévisible ! La petite peste blonde mais qui a un bon fond, la danseuse noire qui est la sagesse incarnée, la latino survoltée, le gay qui n’assume mais qui va finalement vivre pleinement son... hétérosexualité, le gay qui assume mais qui porte un regard critique sur sa vie sexuelle, le métis qui va sympathiser avec le musulman qu’il détestait...
Netflix nous (re)propose le monde de Oui-Oui, mais pour jeunes adultes : une danseuse noire qui n’est pas confrontée au racisme, un jeune gay qui n’est pas confronté à l’homophobie, des personnages méchants qui deviennent gentils, la "morte" qui survit à une chute de plusieurs étages (!!!).
À l’inverse, c’est certainement la première fois qu’une série TV nous montre autant de rapports homosexuels et ce, aussi explicites. Avant, l’audace consistait juste à montrer un baiser. Ici, on découvre que lorsque deux garçons se retrouvent seuls dans une chambre, ils font autre chose que regarder une conférence de presse de Jean Castex...
L’héroïne est une jeune femme noire, forcément gentille, qui n’hésite pas à remettre à sa place la petite peste blonde.
À peine arrivée, elle prend le lead et fomente une révolte. Visiblement, Black Lives Matter est passé par là...
Mais au final, en faisant de la jeune black un être parfait, on la rend fade. La petite peste blonde (Bette) et la latino (June) sont bien plus intéressantes.