To Be Hero X
7.4
To Be Hero X

Anime (mangas) Bilibili (2025)

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To Be Hero X, 2e animé chinois dont je fais la critique après Lord of Mysteries.

Ici, point d’occultisme, mais du super-héros.

Nous allons donc voir quelle est la vision chinoise du super-héros, et c’est plus surprenant qu’on pourrait le penser, ou peut-être plus conformiste pour plaire au plus grand nombre.

En préambule, il faut que j’établisse l’univers, car il y a une règle fondamentale dans cet animé, ou plutôt dans cette œuvre en général : comment les super-héros obtiennent-ils leurs pouvoirs ?

Il y a deux facteurs : la peur, surtout pour les super-vilains, et la confiance.

Mais attention, pas la confiance en soi, mais celle des autres, celle des gens.

Autre point à préciser : la façon dont cela fonctionne.

La peur est simplement un sentiment négatif qui prend possession de la personne, sans autre facteur.

En revanche, les pouvoirs obtenus par la confiance sont dictés par les gens, par la société, par ceux qui te font confiance.

À titre d’exemple, si les gens pensent que tu es l’homme le plus intelligent de la Terre, eh bien, ton pouvoir sera d’être l’homme le plus intelligent de la Terre.

Dit comme ça, ça peut paraître simpliste, mais je trouve le concept particulièrement cool, avec un côté un peu sadique qui n’est pas pour me déplaire.

Prenons un exemple : si les gens pensent que tu es quelqu’un qui ne peut pas flancher, ton pouvoir sera effectivement de ne jamais flancher.

Mais en contrepartie, ce pouvoir est constant. Si, par exemple, il te donne un corps ultra-résistant mais rigide comme de la pierre, au point où tu ne peux même pas te pencher, eh bien, tu ne pourras pas te pencher dans la vie de tous les jours non plus.

Si les gens veulent que tu fasses quelque chose, ou au contraire que tu ne le fasses pas, tu seras impacté.

Par exemple, dans l’épisode 3, le héros veut aller sauver sa petite amie, mais ses fans, pensant que c’est un piège, ne veulent pas qu’il y aille. Par leur volonté, le personnage est physiquement incapable de s’y rendre.En résumé, cette œuvre parle des cases dans lesquelles les gens nous enferment, mais à une échelle super-héroïque.

Elle prend en compte les réseaux sociaux, ce qui me fait penser que cette œuvre est la plus moderne du genre et celle qui a le mieux compris notre époque.

Il y a clairement du The Boys là-dedans, car chaque héros est employé par une entreprise et représente, d’une certaine manière, une figure de proue qui n’a pas pour seul but de sauver des gens, mais aussi de rapporter de l’argent à son entreprise.

Cela rapproche indéniablement cette série de The Boys.

Ce que je vais dire est basé sur mes connaissances de The Boys, c’est-à-dire la saison 1, mais pour moi, cette série a un peu raté le coche des réseaux sociaux.

Peut-être que cela a été corrigé dans les saisons suivantes, je ne sais pas, je n’ai pas l’impression. Ici, en revanche, tout le concept des héros tourne autour de ça : ils sont des créations des réseaux sociaux. Ce sont des people, des stars de la musique, des sportifs, des politiques, bref, toute personne avec une influence et un « qu’en-dira-t-on ».

Avant de continuer, il faut préciser une chose : cette série n’est pas linéaire. Elle alterne entre plusieurs points de vue, généralement entre deux et trois épisodes par arc, chaque arc étant centré sur un héros.

Il n’y a donc pas une seule histoire, mais celle d’un monde et d’un système racontée à travers différents points de vue, différentes ascensions ou chutes.

On y voit les manigances des patrons d’entreprise pour faire chuter les héros concurrents.

On comprend aussi leur but initial : réguler les héros pour éviter qu’un « grand héros » ne devienne un tyran, comme cela s’est produit dans cet univers.

La série ne tire pas forcément un boulet rouge sur le côté mercantile ou capitaliste. C’est une solution proposée avec ses défauts et ses qualités. Tous les patrons ne sont pas des salopards, même s’ils ont souvent tendance à être de petites salopes.

De la même façon, la série ne critique pas uniquement les réseaux sociaux. Elle montre leur bon côté : des gens peuvent encourager quelqu’un à faire le bien, lui donner de la force et littéralement des pouvoirs.

Mais elle montre aussi le mauvais côté : la manipulation de l’information et des images, qui peut détruire un héros, même s’il a sauvé des centaines de personnes, juste à cause d’une rumeur ou d’une mauvaise communication.

C’est en cela que je trouve que la série tape juste et parvient à être une œuvre de super-héros post-2020. On dirait que les Asiatiques ont mieux compris l’évolution nécessaire du mythe du super-héros que les Américains, qui restent ancrés dans une vision du passé.

Je ne parle pas d’idéologie, mais de vivre avec le monde actuel, pas en recréant le monde tel qu’il est, mais en tenant compte de tout ce qui le compose.

My Hero Academia avait très bien compris le monde post-2010 et avait réussi à proposer une œuvre de son temps, avec un nouvel univers et de nouvelles règles.

Là où les Américains tournent en rond depuis les années 2000, sans avoir intégré les changements post-2010. Pour être précis, ils avaient plutôt bien compris le monde post-2001. Un film comme Iron Man 1 avait compris le monde de 2008, tout comme The Dark Knight ou, d’une certaine manière, le Spider-Man 2 de Sam Raimi. Mais depuis, le MCU et le DCEU sont passés par là. Le MCU a voulu faire des films de super-héros pour toute la famille, mais il n’a pas eu ce déclic pour intégrer notre monde, alors qu’il avait commencé sur ces bases. Entre Iron Man 1 et Infinity War, ils se sont perdus quelque part. Le DCEU, c’est autre chose : il a démarré avec les mêmes bases post-2001. Man of Steel et Batman v Superman sont clairement des films post-11 septembre, BVS encore plus, mais ces films sont sortis dans les années 2010, plus de dix ans après le 11 septembre, 10ans après La Guerre des Mondes de Spielberg, qui avait parfaitement capté l’après-11 septembre.

Et maintenant, en 2025, qu’avons-nous au cinéma ? Un Superman qui se veut « comics accurate » et un Les Quatre Fantastiques avec la même intention : un retour aux sources, à l’âge d’or des comics, les années 60-70, avec des œuvres pulp, colorées et pleines de bons sentiments.

J’ai envie de leur dire : « Réveillez-vous, on est en 2025 !

Faites des œuvres de votre temps ! » Et si les Américains ne le font pas, eh bien, les Chinois viennent de le faire.

To Be Hero X est une œuvre pile dans son temps.

Ça ne veut pas dire qu’elle va mal vieillir parce qu’elle est trop ancrée dans son époque, non, elle est simplement le miroir de celle-ci.

Elle a compris les codes, ce qui drive nos vies, ce qui nous influence, ce qui les change.

L’animé ne se veut pas politique, il ne fait pas de grands discours moralisateurs.

Il parle à tous, de choses universelles : l’envie de sauver ceux qu’on aime, d’être libre, de chanter, de danser, ou de faire ce qu’on veut. L’envie d’inspirer les autres ou simplement de vivre tranquille.

Bien sûr, il y a du sous-texte, mais il n’est pas appuyé ni moralisateur. Il pointe du doigt avec subtilité, et pourtant, on parle d’un animé d’action.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti un tel souffle héroïque dans une œuvre de super-héros.

La dernière fois, c’était avec la Snyder Cut Justice League ou la saison 4 de My Hero Academia. Mais oui, ça fait des années que je ne retrouve plus ce souffle héroïque, ce truc qui t’inspire, qui te donne envie de te lever et de faire de grandes choses, de te battre contre plus fort que toi.

Cette sensation, c’est ce qui m’a fait aimer le genre et ce qui le rend si populaire.

C’est aussi pour ça qu’il se marie si bien avec l’univers de la japanimation – ici, c’est chinois, mais les codes sont les mêmes.

Je pourrais vous raconter chaque arc, mais ça ne serait pas intéressant. Autant le découvrir vous-même.

Ici, je ne spoile rien, je parle juste du ressenti et des thématiques abordées.

Quelque part, il y a aussi du Solo Leveling dans cet animé (même niveau baston). Les deux œuvres parlent d’un monde régi par des entreprises qui ont le monopole sur les gens aux capacités extraordinaires.

Elles le font différemment, mais il y a un lien.

Ce sont, pour l’instant, les deux animés qui m’ont le plus marqué cette année : la saison 2 de Solo Leveling et la saison 1 de To Be Hero X.

Un petit mot sur la technique : ça peut surprendre, mais cet animé prend le pari d’alterner entre différentes façons d’animer. On a parfois un rendu 3D proche de ce qu’on voit dans Arcane – d’ailleurs, la musique du générique rappelle aussi Arcane. Mais il passe aussi par un style manga, un style BD (comics), un style cartoon. Ce n’est pas que chaque personnage a son propre style ; je crois qu’il y a une vraie raison artistique à ces changements, peut-être liée au pouvoir d’un des héros. Je ne peux pas l’affirmer, donc ce n’est pas un spoiler, mais c’est une théorie : les changements de style d’animation seraient liés aux capacités d’un personnage précis.

Si c’est le cas, il faut analyser quel style est utilisé à quel moment et à quoi il fait référence.

Dans tous les cas, peu importe le style, c’est magnifique. Je ne sais pas combien a coûté cette série, mais certainement une sacrée somme, parce que c’est beau à en chialer.

L’animation est monstrueuse. Il y a le meilleur combat de l’année dans cette série : le combat entre Reine et Boa, près de 9 minutes d’une animation dantesque qui relativise même les combats de Solo Leveling.

La mise en scène n’est pas en reste, notamment dans l’épisode final avec ce personnage au pouvoir particulier.

La mise en scène de son pouvoir est à tomber par terre, avec une inspiration claire d’une autre œuvre de super-héros dans son temps : les films Spider-Verse.Quelque part, cette série, même par son style, est une pure œuvre de son temps. Elle prend ce que les autres ont apporté à l’animation aujourd’hui : des bouts de My Hero Academia, d’Arcane, des films Spider-Verse.


Pour le mot de la fin : allez regarder, c’est une tuerie.

Tous les arcs ne se valent pas, mais chacun est intéressant et offre un bon point de vue. Si vous ressentez la « super-héros fatigue », regardez cette série.

Si vous avez aimé les super-héros un jour, ce qui doit être le cas si vous ressentez cette fatigue, peut-être que cette série vous fera oublier ce sentiment. Parce qu’elle se rappelle quelque chose que les films hollywoodiens ont oublié depuis longtemps.


merci d'avoir Lu

Maverick_D
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le 7 oct. 2025

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Maverick_D

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