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93 critiques
Piège en eaux troubles
Belle série dramatique aux atours de polar, on sent bien la patte de Jane Campion, sa sensibilité pour les portraits de femmes fortes. Dès le générique, avec son joli graphisme et sa musique...
le 30 mars 2013
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Avec Top of Lake, Jane Campion va mettre les femmes à l'honneur. C'est un choix artistique intéressant, qui ne va pas se révéler pertinent. Au lieu de se démarquer, en proposant une série originale, loin de l'empreinte de l'homme. Elle va se montrer vindicative à leur encontre, en donnant l'impression de se venger des violences subies par la société patriarcale. Face à eux, elle leur oppose des femmes aux névroses profondes, dû à des relations toxiques avec le mâle, seul responsable de tous leurs problèmes existentielles. C'est donc avec une absence de psychologie, de nuance et subtilité, qu'elle crache sa série à la face du spectateur, violent.
Au début, il se dégage une atmosphère laissant présager d'un avenir radieux. Puis, au bout de quelques minutes, cela s'effondre lamentablement. La série ne s'en relèvera pas, en ne proposant plus rien de passionnant, ni dans son atmosphère et encore moins au niveau de l'intrigue.
Top of Lake est une des séries les plus exécrables, qu'il m'ait été donné de visionner. C'est d'un ennui mortel avec un final des plus classique, l'enfonçant encore plus dans sa médiocrité. Dire que ce fût un calvaire, c'est être encore loin de la vérité. Au point de la voir en deux fois : les 4 premiers épisodes lors de son lancement, puis les 2 derniers lors de son passage sur Arte.
Elisabeth Moss était insupportable dans Mad Men. Pour autant, elle était indispensable à la série. Avec ce premier rôle, elle avait la possibilité de proposer autre chose, de se détacher de son personnage de Peggy Olson. Ce ne sera pas le cas, elle reste pénible et il en sera de même dans The Handmaid's Tale. C'est son style et comme le cinéma de Jane Campion, il ne me convient pas. De plus, on se retrouve devant une énième histoire de : jeune fille qui porte un lourd secret dans un village perdu, à base d'inceste, de pédophilie et autres joies qui rythme la vie, pas très original....
Il fût un temps, Holly Hunter était une grande actrice. C'est d'ailleurs avec Jane Campion, qu'elle a eu un de ses rôles les plus marquant, celui de Ada McGrath dans La leçon de piano (1993). Cette fois-ci, l'association de ses deux talents se révèle désastreuse. La réalisatrice en a fait son clone, avec ce rôle d'une gourou féministe aux longs cheveux blancs. Elle vit entourée d'une bande de femmes se baladant nues, affirmant leurs féminités, loin du regard de ces connards de mâles, sur lesquels, elles crachent abondamment. Ils ont brisé leurs vies, ce qui les rend aigries et mal dans leurs peaux (trop triste).
Comme nous sommes dans une réminiscence de la période hippie, Peter Mullan se retrouve aussi avec de longs cheveux. Ce patriarche ambigu, soupçonné d'un abominable crime, passe son temps à insulter les femmes, tout en baisant l'une des disciples de la pseudo-secte, car il faut un peu de sexe dans la série pour attirer le méchant mâle en rut...
On en revient à Elisabeth Moss, à ses névroses,qui n'arrange pas le truc. Jane Campion en fait des tonnes, en tirant sur toutes les cordes dépressives du personnage, en avançant avec ses gros sabots, reléguant une intrigue n'ayant plus aucun intérêt. C'était juste une excuse pour qu'elle puisse mettre en scène ces personnages féminins, qui ont sérieusement besoin d'une thérapie, au lieu de ressasser les violences subies par les hommes, avec l'aide d'antidépresseurs. Cela ferait aussi du bien à Jane Campion.
C'est une série ne proposant rien d'original. C'est déprimant, parfois navrant et vide de sens. On ne peut qu'applaudir la capacité de ne pas réussir à raconter une histoire, à développer des thèmes et des personnages en 6 épisodes. La femme est l'avenir de l'homme, sauf Jane Campion.
Créée
le 16 nov. 2013
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