Spin-off de Doctor Who, Torchwood est le projet, que dis-je, le bébé, de Russel T. Davies, showrunner des quatre premières saisons de Doctor Who. Alors certes les allusions dans DW de l'existence de ce spin off sont parfois assez maladroites, mais ont le mérite d'exister et de donner une continuité dans les deux univers.
Au vu de la première saison, on comprend vite que le public visé n'est pas vraiment le même que dans DW (je prends pour exemple le deuxième épisode de la première saison, où un alien se rend sur Terre pour absorber une énergie pas tellement commune, l'orgasme sexuel...). Des couples gays, lesbiens, du sexe, de la violence, bref, Russel T. Davies se lâche et fait tout ce qu'il ne pouvait pas faire dans DW, historiquement plus centré sur un jeune public.
On suit le Capitaine Jack Harkness, bel homme à l'accent américain et aux dents blanches, et son équipe d'experts qui "traquent les aliens sur Terre et se battent pour le futur de l'espèce humaine."
Alors oui, la première saison va dans tous les sens, tout le monde a un sex friend, quel que soit le sexe (ou l'origine terrestre ou alien, notre beau Captain étant "pansexuel"), mais l'atmosphère qui se dégage de cette série reste irrésistible. C'est kitsch à souhait, mais c'est bon. Un plaisir coupable si vous voulez. Les deux prochaines saisons sont un peu plus solides, surtout la troisième qui en fait regroupe uniquement cinq épisodes, diffusés à l'époque sur la BBC pendant cinq jours, et qui est considérée à raison comme excellente, plus mature, plus sombre surtout, en témoigne la fin de saison anti-happy ending au possible.
Mais ce qui fait la saveur de cette série est le développement des personnages et leurs relations entre eux, souvent ambiguës, faites de demis-mots et de nons-dits, qui laissent le téléspectateur dans le doute. Les histoires racontées dans chaque épisode restent assez originales pour qu'on reste scotchés jusqu'au dénouement.
La série a tout de même des défauts, des ficelles d'écriture assez énormes parfois, comme
l'immortalité de Jack, bien pratique dans de nombreuses situations
Mais la série reste distrayante, prenante parfois (toute la saison 3), et puis bon, ils ont un ptérodactyle domestiques, je ne vois quel argument vous pouvez opposer à ça.