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le 4 août 2020
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Je dois bien avouer qu’après le premier épisode de Tu préfères, je ne pensais pas poursuivre longtemps l’aventure. "Tu préfères avoir des grosses fesses ou des gros seins ?"
Voilà le genre de question autour duquel tourne ce premier épisode. C’était sympathique, parfois drôle, mais je me demandais tout de même où Lise Akoka et Romane Guéret voulaient m’emmener avec ces quatre adolescents qui passent leur été à tuer le temps.
Et puis j’ai continué.
Sans vraiment m’en rendre compte, je me suis attaché à Shaï (Shaïna Boudina), Djeneba (Djeneba Diallo), Aladi (Aladi Bouna) et Ismaël (Ismaël Bangoura). Quatre jeunes acteurs dont le naturel est l’une des grandes forces de la série. Jamais je n’ai eu l’impression de voir des adultes tenter de reproduire artificiellement le langage ou les comportements des adolescents.
Il faut dire que Lise Akoka et Romane Guéret ont fait du travail avec les jeunes interprètes le cœur de leur cinéma. La première vient du casting et de la direction d’acteurs, notamment auprès des enfants et des adolescents, tandis que la seconde s’est formée au cinéma avant de travailler comme assistante réalisatrice et cadreuse. Leur rencontre les conduit à réaliser ensemble le court métrage Chasse Royale, primé à Cannes en 2016, avant de poursuivre leur travail autour de la jeunesse avec Tu préfères, puis Les Pires, qui recevra le prix Un Certain Regard à Cannes en 2022.
Dans Tu préfères, elles font quelque chose de beaucoup plus simple et finalement de beaucoup plus difficile : elles regardent leurs personnages.
Leurs discussions, leurs provocations, leurs silences, leurs regards. Derrière les questions parfois futiles, les personnages prennent de l’épaisseur. Les sentiments apparaissent, les jalousies aussi, les fragilités se dévoilent.
La série ne cherche jamais à forcer l’émotion. Elle avance avec la même pudeur et la même simplicité. Les jeux deviennent moins innocents, les relations se compliquent et l’été touche doucement à sa fin. Ce qui ressemblait à une succession de petites chroniques adolescentes finit par raconter ce moment où l’amitié, les premiers sentiments et le passage du temps commencent à modifier les rapports entre ceux qui pensaient simplement passer l’été ensemble.
Et puis arrive le dernier épisode.
C’est là que j’ai compris toute l’intelligence du travail de Lise Akoka et Romane Guéret. Elles ne m’avaient jamais demandé de m’attacher à leurs personnages. Elles m’avaient simplement laissé passer du temps avec eux.
Et cela avait suffi.
On pensait regarder quatre adolescents tuer le temps en se posant des questions plus ou moins idiotes. On comprend finalement que l’on vient d’assister à un moment de leur vie qui se termine et qui ne reviendra plus.
La fin m’a cueilli.
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il y a 4 jours
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