Cette série de deux épisodes ressemble à une belle carte postale aux couleurs sépia, réconfortant souvenir d’une époque révolue. C’est bien sûr une métaphore : les couleurs sont chatoyantes, les costumes soignés et les éclats de la campagne anglaise magnifiés.
J’ai pris plaisir à la suivre et à essayer de deviner le ou la coupable. Bien sûr, comme dans beaucoup d’’Agata Christie, l’intérêt secondaire réside dans la peinture des mœurs de l’aristocratie anglaise et ses attributs. Les costumes sont magnifiques, les décors soucieux du détail et les voitures sont euh … des voitures d'époque ? (je ne m'y connait pas trop en voitures). On croirait feuilleter le magazine Vogue ou bien le catalogue d'une agence immobilière de luxe. C’est aussi l'occasion d’exposer ce que les classes pauvres, laquais et autres domestiques ressentaient et vivaient. On est loin de la subtilité de « Downton Abbey » mais la reconstitution reste alerte et les dialogues crédibles.
Je vois deux atouts principaux dans cette production : sa brièveté (halte aux feuilletons interminables qui, saison après saison, perdent de leur saveur !) et bien sûr son acteur principal. Le comédien qui incarne Frank Fitzwilliam, un nigérian parachuté dans un petit village anglais terre de nombreux meurtres, à des faux airs de Forest Whitaker, en plus jeune et plus mince. Pour ceux qui ne le connaissent pas Forest, c'est l’un des acteurs du réalisateur Jim Jarmusch. Notre héros possède le même charme et le même charisme que son ainé. Et il nous rappelle, par ses fonctions et sa présence, que l’Angleterre possédait un vaste et hétéroclite empire colonial.
En conclusion je crains un oubli rapide de cette œuvre, qui manque un peu de folie ou d’originalité, mais est-ce une raison pour la bouder ?