V : Le cauchemar reptilien qui a marqué toute une génération
C'est l'image d'un traumatisme collectif : d'immenses vaisseaux spatiaux envahissant le monde, posés comme une menace silencieuse au-dessus de nos villes. Derrière leurs costumes rouges impeccables et leur peau humaine de façade, les Visiteurs cachent une hiérarchie chez les lézards militaire et impitoyable. Le choc est total quand le masque tombe : dès qu'un envahisseur est blessé, il s'arrache tout pour révéler sa vraie nature de lézard vert aux yeux jaunes.
Le vernis qui craque
Le génie de la série réside dans ce basculement vers l'épouvante pure. Qui n'a pas en tête l'emblématique Diana, cette cheffe maléfique, ingérant, une souris blanche comme un simple repas ? C'est là que le spectateur réalise l'horreur : l'humanité n'est qu'un simple garde-manger pour ces mangeurs d'humains.
Mais la série nous surprend avec des personnages nuancés. On pense à l'attachant Willy, ou encore à Martin, ce lieutenant blond et charismatique qui choisit de devenir l'allié des Terriens (suivi plus tard par son jumeau Philip). La série montre que le courage et la morale ne sont pas une question d'espèce.
Une fresque politique et sociale
V montre avec brio les comportements face à l'occupant :
- L'homme politique opportuniste qui collabore pour garder sa place.
- Le résistant acculé qui organise la survie dans l'ombre, rejoint par des rebelles comme Kyle, le fils d'un collaborateur qui choisit de combattre son propre camp.
- La figure du traître, qu'il soit côté lézard ou humain, montrant que le courage n'est pas une question de camp.
L'espoir vient de l'enfant hybride
Au cœur de ce chaos, une histoire d'amour impossible entre Kyle et la célèbre petite fille mi-lézard mi-humaine vient tout bousculer. Cette enfant HPI aux facultés hors normes devient le véritable pont entre deux mondes. C'est finalement elle qui sauve le monde, prouvant que l'issue vient du mélange et de la compréhension, pas de la guerre.
Le souffle de la résistance, avant le gâchis.
Quand on se replonge dans V, on réalise à quel point c’est une œuvre qui a été victime de sa propre réussite.
Le vrai basculement, c’est quand la série est devenue un pur produit de studio. Johnson ne voulait pas transformer son histoire en un feuilleton hebdomadaire juste pour remplir une grille de programmes, et il a eu raison de partir. Sans lui, la série a perdu toute sa substance. On est passés d’une réflexion politique forte à une sorte de divertissementun peu creux qui a fini par s’arrêter net, sans aucune conclusion.
C’est dommage que l’histoire se soit terminée sur un tel gâchis, mais ça n'enlève rien à la claque que les premiers épisodes ont mis à toute une génération.
Verdict : Une œuvre marquante qui utilise le monstre pour mieux questionner notre propre humanité. Un indispensable de la culture SF qui n'a pas pris une ride. V aurait mérité un meilleur destin, mais qui reste, encore aujourd'hui, un monument du genre.