Si le réalisateur ne s'amusait pas à user et à abuser du montage "chassée/croisée" des scènes pour tenter d'induire lourdement le spectateur en erreur sur "qui appelle qui, qui attend qui, qui rejoint qui" et cela jusqu'à la nausée durant les 6 ou 7 premiers épisodes (ca fonctionne la 1ère fois, étonne la 2e, ennuie la 3e et donne des envies de violence à la 4è utilisation), si les scénaristes ne tentaient pas d'entretenir des tensions inutiles grâce à l'astuce éculée de la scène interrompue artificiellement occultés au spectateur, s'ils ne réduisaient pas le personnage masculin principal et celui de la maîtresse à n'être que des figurants aux contours flous réduits au rangs d'objets utilitaires sensés alimenter l'aspect intrigue, si le montage ne se gavait pas de minutes inutiles pour faire rentrer une série de 12/13 épisodes dans le moule d'une série de 16...
Si tous ces "si" n'étaient pas dressés devant nos yeux, nous pourrions mieux apprécier cette belle histoire d'infidélité, de mensonges et de perte. Parce que l'angle choisi et le propos sont intéressant, les dialogues sont parfois finement écrits, les arcs secondaires résonnent avec le thème central de la trahison, les décors sont très bien choisis, les flashbacks sont biens utilisés et biens intégrés à l'ensemble (ce qui est rare), l'esthétique générale est en harmonie avec le ton du récit, la réalisation quant elle est brute et sans effet de manche arrive à être magnifique et que dire des actrices qui offrent là presque toutes de belles prestations.
Dommage que la production n'ait pas pris le risque de sortir du cadre du drama "consommable" pour mettre en valeur de préférence le fond plutôt que la forme ( cela aurait impliqué : moins d'épisodes, moins de complots de bureau et plus de temps pour explorer l'infidélité et ses conséquences intimes sur chacun des protagonistes).
Mais même malgré ses défauts j'ai regardé la série dans sa totalité avec un certain sentiment d'inconfort que je ne déteste pas ressentir de temps en temps. Et réussir à transmettre à son spectateur une émotion qui corresponde à ce que les personnages sont sensés ressentir c'est déjà une petite réussite en soi... ou presque !