Avant de commencer, je m'attendais un slice of life comme on en voit souvent sur un thème certes non-essentiel : le nettoyage des vêtements, pas de quoi rêver ou passionner. Et pourtant
Au 1er épisode, j'ai été un peu déstabilisé. Une lavandière ahurie qui court à travers la ville, qui se jette sur les chaussures des clients. De plus, tous ces clients sont bien trop gentils ou ont un comportement aberrant. De sorte qu'entre l'image et son ressenti, il y avait un décalage perturbant. Au 2ème épisode, je pense avoir compris : en fait, c'est un isekai où tous les habitants vivent dans un autre monde ce qui explique leur étrangeté. Je pense qu'il s'agit d'une fanfiction de "Frieren en Isekai" basée sur la fin de la saison 1 où Fern a récupéré un sort mythique de nettoyage de vêtements. Seri a alors transporté Frieren dans un mode où les super-pouvoirs de lavandière sont super-importants. Un indice supplémentaire : E01 2'00 : "Je ne prends pas de mission que je ne peux pas remplir" affirmation digne d'une aventurière. L'épisode 3 rajoute de la complexité multipliant les allusions proustiennes. Car il s'agit de temps perdu (pour le réveil, pour les déambulations prospectives dans la ville) contrebalancé par le temps d'avant et les souvenirs (de maternelle, de la gare, du toit). On sent encore aussi les hésitations vers des amours interdites (avec le lycéen versus la jeune mère). La série s'affirme donc à l'E03 comme un isekai proustien auréolé de mystères. Le E4 intensifie les deux dimensions : l'isekai d'abord, la lavandière s'imposant dans le rôle de la Sainte (affiliée à une déesse de l'eau), elle irradie de bonté, de savoirs et de dévouement à la Cause. Toutefois, son prosélytisme est ambigu car essentiellement tourné vers des mineurs. Et, c'est là qu'intervient l'accentuation de la seconde dimension des amours interdites non genrées. Que penser d'une lycéenne qui introduit pour la 1ère fois une étrangère dans le capharnaüm de sa chambre ?comment l'a-t'elle connue ? peu de temps avant elle lui a palpé la poitrine, Quel est son premier geste devant cette invitée inconnue : ôter sa jupe pour la désodoriser ? N'est-ce pas la preuve que c'est un isekai ? On aurait pu ensuite envisager le pire avec la petite gribouilleuse de vêtement tombée sous son emprise qui la regarde bizarrement frappant des bâtons de manière suggestive puis se frottant pour accompagner sa prière sur la poitrine de la Sainte. La fin de l'épisode nous aura rassurés, nous restons certes sur un amour interdit avec détournement de mineur mais sur le lycéen, la dimension yuri étant (dans l'immédiat) ajournée. Le 5ème épisode est plus classique et se décompose en deux parties : d'abord le combat intense contre les moisissures démoniaques avec l'appui de quelques jeunes aventuriers. Le combat fut rude et n'ayant plus de mana, la sainte sombra en léthargie. Je subodore que cette faiblesse en mana sera habilement exploitée dans les prochains épisodes. On aura pu remarquer combien la sainte est douée en fabrication de potions pour ôter les tâches. La seconde partie de l'épisode est consacrée à la solitude de la sainte, laissant la gloire et la parade aux jeunes aventuriers, une héroïne étant par nature modeste. Le destin finit par frapper au pire moment, sa chute qui n'est pas que symbolique (puisque son masque est celui de la fieffée renarde) la renvoyant sur ses turpitudes. Toutefois, il reste un mystère à expliquer, pourquoi quand c'est elle qui se casse la figure, c'est le gamin qui se fait engueuler ? Le 6ème est probablement le plus complexe. On assiste d'abord à une scène du culte de la divinité de l'eau. D'ailleurs, on suggère qu'il s'agit plus de sorcellerie voire des arts interdits de nécromancie car, il s'agit de redonner vie. Comment payer la Sainte pour ses "miracles" ? l'argent certes existe dans cet autre monde mais la Sainte ne peut être payée.... qu'en bains (ce qui est logique quand on y pense). En 2ème partie, il ne se passe strictement rien.... apparemment du moins... La sainte se baigne au matin au milieu des mouettes, se déshabille sur la plage, c'est l'été, il fait chaud, le temps semble s'étirer à l'infini et la sainte se fait toute seule (à moins qu'il y ait une succube dans le secteur, mais qui ?) un délire bien érotique de baiser forcé et volé par masque interposé ce qui s'appelle techniquement une "masquerade". Finalement, les explosions finales des feux d'artifices nous donnent peut-être une autre piste d'interprétation aux faits et délires de notre déesse de l'eau : une parodie hilarante de Konosuba ?