Bryan Cranston retrouve le registre de l'homme respectable basculant dans la compromission morale qui a fait son succès dans "Breaking Bad". En juge intègre prêt à tout pour protéger son fils coupable d'un délit de fuite, il déploie toute sa palette d'acteur entre détresse paternelle et manipulation calculée. Loin d'être réchauffé, la série apporte son lot de fraicheur (acteurs, confrontations, la Nouvelle-Orléans entre autres).
Le principal écueil de la série réside dans le personnage d'Adam, le fils en question, qui cristallise toutes les faiblesses du scénario. Crevette de 17 ans, veule, inconséquent, d'une passivité exaspérante, il incarne pourtant un bourreau des cœurs sans que cela ne soit jamais crédibilisé. Un irritant majeur qui plombe régulièrement l'intensité dramatique.
Heureusement, aux antipodes de son mémorable Larry Gopnik dans "A Serious Man", Michael Stuhlbarg et son personnage de parrain mafieux nuancé compensent amplement. Par sa présence magnétique et sa capacité à incarner une menace froide et calculatrice, il vole littéralement la vedette à Cranston.
La série maintient une tension palpable sur la majeure partie de son arc narratif, explorant efficacement les dilemmes moraux et les conséquences en cascade du mensonge. Malheureusement, la conclusion déçoit par sa précipitation et son traitement maladroit, versant dans un féminisme lourdaud qui rompt avec la subtilité des épisodes précédents. Beaucoup d’intrigues secondaires resteront lettres mortes ou seront bazardées (la guerre des gangs notamment).
En somme, un thriller judiciaire solide porté par Cranston et Stuhlbarg, gâché par un final raté.