Festival de Cannes 2026 selon Tchiiik
3 films
créée il y a environ 2 heures · modifiée il y a environ 2 heuresL’Être aimé (2025)
El ser querido
2 h 15 min. Sortie : 16 mai 2026 (France). Drame
Film de Rodrigo Sorogoyen
Tchiiik a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Compétition officielle
Rodrigo Sorogoyen nous offre cette année un drame familial, sur le papier éloigné de ses thrillers intenses mais c’est en suivant cette nouvelle proposition que l’on va retrouver le réalisateur espagnol en terrain connu avec sa tension croissante.
à travers cette relation père-fille déconstruite qui n’a jamais réellement eu lieu, Sorogoyen va montrer avec panache que la volonté maladroite de son protagoniste/antagoniste de recoller les morceaux (Javier Bardem et Victoria Luengo sont immenses) va briser encore plus les liens familiaux. Le film contient deux scènes pivot en temps réel où l’on voit la maitrise en terme de rythme où les démons du passé ressurgissent montrant ainsi la vulnérabilité et la corde raide sur laquelle se retrouve ses deux sujets.
J’aime particulièrement l’idée de placer l’action du tournage du film dans un désert, forçant ainsi les personnages, père-réalisateur, fille-actrice et équipe de tournage à se confronter sans avoir de ressources extérieures ni d’échappatoire. Le film possède beaucoup d’effets de style où Sorogoyen va tantôt utiliser le noir et blanc pour illustrer le sentiment de solitude à l’instant T de chacun de ses protagonistes, tantôt couper le son pour laisser vivre son action.
Mais plus que ça, je trouve que Sorogoyen impose sa vision sur le cinéma, peut-être avec autocritique, en montrant la violence mentale et le jeu de manipulation imposé par la figure du patriarche et réalisateur, un chef d’orchestre se pensant le saint-sauveur de son art comme de ses relations où la véritable nature finit vite par ressortir.
Même si le pitch est quasiment identique à celui de Valeur Sentimentale, j’y trouve ici bien moins de tendresse que dans le film de Trier. Sorogoyen va mettre la colère et l’amertume au centre de ses émotions à l’inverse de la tristesse et de la mélancolie du récipiendaire du Grand Prix de l’an dernier et sera plus virulent sur le traitement de ses personnages.
Je pinaillerais en disant que toutes les scènes du film ne se valent pas, c’est dans les deux scènes pivot que j’évoquais au début que le film va se révéler mais c’est probablement un des films que sera le plus discuté de la compétition de cette année et avec raison parce que le résultat est tout de même plutôt brillant. Sorogoyen propose un film intense, bien rythmé et interprété qui le pose en réalisateur majeur du cinéma espagnol contemporain.
Histoires parallèles (2026)
2 h 20 min. Sortie : 14 mai 2026. Drame, Thriller
Film de Asghar Farhadi
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Compétition officielle
Il est vrai que malgré un rapide retour en 2021, le cinéma d'Asghar Farhadi a très rapidement perdu de sa superbe après son internationalisation et il est indéniable que ce nouvel exercice dans nos contrées n'avait pas besoin de durer aussi longtemps pour justifier de son idée principale.
Je n'ai pourtant pas envie de tomber gratuitement sur ce film qui malgré sa mise en scène surappuyée et ses dialogues improbables, aura réussi à me captiver durant ses quasi-2h20 où fiction et réalité s'entrecroisent jusqu'à ce que la seconde rencontre la première. J'ai bien aimé évoluer au rythme des doutes, hésitations et autres sentiments refoulés de cette galerie de personnages. Jamais vraiment ennuyant pour ma part, Farhadi montre ici l'influence passive que peut exercer une fiction sur les agissements d'une personne jusque dans sa tragique finalité invoquant un cycle en perpétuel recommencement.
Une bonne surprise pour ma part, hélas prise dans les étaux cannois.
La Vénus électrique (2026)
2 h 03 min. Sortie : 12 mai 2026. Comédie romantique
Film de Pierre Salvadori
Tchiiik a mis 6/10.
Annotation :
Hors compétition - Film d'ouverture
Vu en avant-première en plus de l'ouverture de Cannes au cinéma. Une cérémonie très tiédasse par ailleurs où uniquement la remise de la Palme d'honneur à Peter Jackson par Elijah Wood et le montage vidéo de la carrière de Park Chan Wook ont suscité mon attention.
Je n'avais jamais eu l'occasion de découvrir le cinéma de Pierre Salvadori et je ne m'attendais pas un film aussi burlesque très inspiré par le vaudeville avec son humour potache (il faut accepter le style qui nécessite le cabotinage des acteurs, Demoustier c'est dur à apprécier au début) qui évoque les illusions de l'amour, leurs apports à la création artistique et la possibilité d'aimer après le deuil. Même si le film est plutôt mignon, il est pour moi assez symptomatique des films d'ouverture bon enfant qui ne se mouillent pas pour introduire de façon légère le festival de Cannes et convenir à l'ensemble du public. En plus, ça joue encore la carte de la représentation de la "culture française" fantasmée et je ne le trouve pas si inspiré que ça dans sa mise en scène et ses décors qui manquent d'intensité et de couleurs surtout quand on voit ce que Klapisch a pu faire du Paris historique l'année dernière sur ces points précis.
A défaut d'être vraiment sympathique et léger, La Vénus électrique prouve que le plus intéressant de la production française sera directement à découvrir au sein de la compétition.
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