Liste de 19 films créée il y a environ 1 an · modifiée il y a 6 mois
Un simple accident
6.8
1.

Un simple accident (2025)

Yek tasadef sadeh

1 h 42 min. Sortie : 1 octobre 2025 (France). Thriller, Drame

Film de Jafar Panahi

Arthur Debussy a mis 8/10.

Annotation :

Grand film de Jafar Panahi, qui déboulonne la statue branlante du régime iranien avec une économie de moyens remarquables. Il est intéressant de comparer Un simple accident avec l'autre film iranien de la compétition cannoise : Woman and Child de Saeed Roustaee. Un excellent film au demeurant. Mais il passe par beaucoup d’esbroufe en termes de mise en scène, de scénario et de dialogues tortueux, quand le film de Panahi est un modèle de concision et d'efficacité. Son humanisme à la fois lucide et bonhomme rappelle les grands maîtres du western classique, tels John Ford, le van du film ressemblant à la diligence de La Chevauchée Fantastique, où des personnages contraints de rester ensemble et de se supporter incarnent toutes les nuances de l'humanité.

Mais Un simple accident n'est pas qu'une simple tragicomédie. C'est une réflexion vertigineuse sur la violence, la justice et le mal. Comment combattre ce dernier sans tomber sous son emprise ? La réponse est loin d'être simple. On le sait depuis longtemps, l'art nous prenant d'ailleurs à témoin, la vengeance peut être amère.

Jafar Panahi livre donc un film simple en apparence, mais riche et complexe, porté par de talentueux interprètes, et une mise en scène limpide, mais qui ça et là démontre le savoir-faire indéniable du cinéaste iranien.

J'ai vu l'autre grand favori de Cannes 2025, Un agent secret de Kleber Mendonça Filho, et après l'erreur de l'an passé (La Graine et le Figuier de Mohammad Rasoulof aurait clairement dû être sacré au lieu d'Anora), le jury de Juliette Binoche semble ne pas s'être trompé : Un simple accident est une belle et évidente Palme d'Or.

Nino
7.1
2.

Nino (2025)

1 h 36 min. Sortie : 17 septembre 2025. Drame

Film de Pauline Loquès

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

C’est tout ce que j’aime dans le cinéma, ce genre de belles surprises. Ça fait un moment que j’entends beaucoup de bien de Nino de Pauline Loquès, notamment de la part d’ami-es proches. Au point que bien après la bataille, je me sois décidé à enfin aller le découvrir en salles, à peu près sûr de mon coup.

Et en effet – ce qui n’est pas si courant – Nino a tenu toutes ses promesses. J’ai été conquis par la finesse et l’intelligence de l’écriture cinématographique de Pauline Loquès, aidée de Maud Ameline. On alterne régulièrement le rire et les larmes, parfois en quelques secondes ou en même temps, émus qu’on est par ces personnages très attachants, et notamment ce grand échalas de Nino, incarné à la perfection par un Théodore Pellerin magnétique, bouleversant de force tranquille et de fragilité à la fois.

Rares sont les films à savoir rendre compte à la fois de la complexité et de la beauté de la vie. A ne rien omettre des difficultés que nous rencontrons, sans pour autant s’enfermer dans l’amertume, mais au contraire en laissant percer l’espoir.

Nino est en cela un film particulièrement précieux, et un très gros coup de cœur en ce qui me concerne, qui vient chambouler tout ce que j’ai vu cette année, pour arriver directement dans mon top 3. Je suis loin d’avoir vu tous les films sortis en 2025, et mon top évoluera peut-être. Mais au-delà de tout classement, voilà un film qui m’a marqué, à la fois par son sujet et son traitement, et par cette conception du cinéma qui me parle beaucoup, là, tout de suite.

Oui
6.6
3.

Oui (2025)

Ken

2 h 29 min. Sortie : 17 septembre 2025 (France). Drame

Film de Nadav Lapid

Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Ça fait du bien de découvrir des films comme Yes de Nadav Lapid, des films fous, ambitieux, politiques et polémiques, qui posent plus de questions qu'ils n'assènent de réponses. Rendre hommage aux victimes israéliennes du 7 octobre, tout en dénonçant les crimes d'Israël à Gaza et en Palestine, voilà une posture pas facile, et pourtant Nadav Lapid est à la hauteur de son sujet. Je ne peux que saluer également les trois acteurs principaux : Ariel Bronz, Efrat Dor et Naama Preis, exceptionnels. Si le film se perd un peu dans quelques longueurs dans sa deuxième partie, il reste passionnant de bout en bout, et particulièrement caustique. Les films qui font réfléchir, c'est toujours plaisant... et alors quand la mise en scène est inventive, c'est un vrai régal :-).

The Mastermind
6.3
4.

The Mastermind (2025)

1 h 50 min. Sortie : 4 février 2026 (France). Drame, Policier

Film de Kelly Reichardt

Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Kelly Reichardt poursuit dans sa veine d'un cinéma lo-fi et minimaliste. Après Showing Up, elle continue également à questionner le monde de l'art, à travers cet amateur de peinture qui devient voleur de tableaux, issu d'un milieu très aisé, chose inhabituelle chez la réalisatrice américaine, qui s'intéresse d'habitude aux gens modestes et aux laissés pour compte.

Ce qui est intéressant, c'est que la Kelly Reichardt déjoue les attentes du film de braquage en se plaçant d'un point de vue féminin. James (excellent Josh O'Connor) est un mari et père oisif, tandis que sa femme (tout aussi excellente Alana Haim) bosse dur pour nourrir leur famille, qui comprend aussi deux enfants. James est donc un anti-héros, qui s'improvise cambrioleur machiavélique... à ses risques et péril.

Même si le personnage de sa femme est beaucoup moins présent, on sent qu'elle est nettement plus courageuse et perspicace que son époux, égoïste et inconséquent. C'est peut-être elle d'ailleurs l'héroïne véritable de cette histoire.

Le film est très drôle, par une multitude de détails bien vus et décalés, avec parfois des séquences qui font rire aux éclats. Même si dans l'ensemble il s'agit d'un long métrage sobre et simple, tout en finesse et en sous-entendus.

Si l'on ajoute à cela une musique jazzy très cool et entraînante, et une belle photographie numérique qui ressemble à de l'argentique, de beaux plans urbains ou d'une Amérique plus rurale, on obtient un film très sympathique, qui se regarde avec beaucoup de plaisir, pour peu qu'on ne soit pas allergique à son rythme lent.

N'oublions pas non plus l'arrière-plan politique et social des années 1970 aux États-Unis, sous Nixon, qui fait directement écho à l'Amérique de Trump. The Mastermind n'est donc pas juste un film amusant, c'est aussi une oeuvre qui provoque la réflexion, mine de rien, et qui comporte plusieurs niveaux de lecture. C'est un film plus profond et plus riche qu'il n'y paraît, une petite pépite cinématographique enthousiasmante.

Deux procureurs
6.8
5.

Deux procureurs (2025)

Zwei Staatsanwälte

1 h 58 min. Sortie : 5 novembre 2025. Drame, Historique

Film de Sergei Loznitsa

Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Sergei Loznitsa signe un film minimaliste et particulièrement exigeant. Un long métrage à la fois sec, aride, et lent, éprouvant pour le spectateur, donc. Mais ça fait partie de l'expérience.

Il nous montre la situation tragique de l'URSS dans les années 30, pendant les purges staliniennes, particulièrement sanglantes. Un jeune procureur idéaliste cherche à faire éclater la vérité et la justice... et se heurtera au système tentaculaire de la violence d'état.

Les longues déambulations du héros, tantôt dans une forteresse-prison inviolable, ou dans les couloirs et les escaliers labyrinthiques d'un bâtiment administratif à Moscou, nous font perdre pied... On est comme perdu, et même broyé, par ces espaces imposants et oppressants.

Bien entendu, toute ressemblance avec la Russie d'aujourd'hui... est flagrante. Sergei Loznitsa réussit son pari de réaliser à la fois un film historique très vraisemblable, et un essai politique terriblement actuel. Deux procureurs est un film difficile, qui se mérite. Mais pour qui réussit à rester intéressé par ce qui se trame à l'écran, la fin vient donner un surcroît de sens à l'ensemble, et remet en perspective une œuvre travaillée et angoissée, Sergei Loznitsa étant un lointain héritier de Franz Kafka.

Les Aigles de la République
6.6
6.

Les Aigles de la République (2025)

Eagles of the Republic

2 h 09 min. Sortie : 12 novembre 2025 (France). Drame, Thriller

Film de Tarik Saleh

Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Les Aigles de la République est un film virtuose et étourdissant, qui ose s'attaquer à l’Égypte d’aujourd’hui, tenue d'une main de fer par Abdel Fattah al-Sissi, tout en rendant un bel et malicieux hommage à l'âge d'or du cinéma égyptien. Fares Fares y est particulièrement génial, à la fois drôle et attachant. Et on passe un excellent moment face à ce long métrage qui mêle adroitement thriller politique et humour. Incompréhensible que ce film n'ait pas rencontré un plus grand succès critique et public...

Militantropos
5.6
7.

Militantropos (2025)

1 h 51 min. Société

Documentaire de Alina Gorlova et Simon Mozgovyi

Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Militantropos est un documentaire avec un propos fort : montrer en quoi la guerre en Ukraine a forcé les Ukrainiens à être des hommes et des femmes soldats, à intégrer la guerre dans leur quotidien.

Un quotidien bouleversé, où la guerre s'invite partout, à tout moment et en tout lieu... Que ce soit dans des champs agricoles truffés de bombes ou de mines, des enfants qui jouent dans des tranchées, des retrouvailles familiales bientôt interrompues avant que les soldats repartent sur le front...

Les trois réalisateur et réalisatrices de ce film, Yelizaveta Smith, Alina Gorlova et Simon Mozgovyi, ne s'attardent pas longuement sur les personnes qu'ils filment. Ils dressent plutôt un panorama du pays ukrainien et de tous les domaines dans lesquels la guerre s'est infiltrée.

C'est filmé avec un grand soin et une belle photographie, mais sans voix off. Rien que les images brutes, tout à fait éloquentes. Un long métrage remarquable qui donne à voir le courage des Ukrainiens et des Ukrainiennes. Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant pleuré devant un film...

Woman and Child
6.8
8.

Woman and Child (2025)

Zan va bache

2 h 11 min. Sortie : 25 février 2026 (France). Drame

Film de Saeed Roustaee

Arthur Debussy a mis 7/10.

Annotation :

Saeed Roustaee livre encore une fois un film coup de poing. Il confirme après Leila et ses frères qu'il est loin d'être uniquement un réalisateur de films d'action. C'est avant tout un chroniqueur de deux entités complémentaires à deux échelles différentes : la famille et la société (iraniennes). Les deux sont intrinsèquement liées, Roustaee nous en fait la démonstration.

Mais avant tout, Woman and Child est une dénonciation de la masculinité toxique en Iran. Le film commence avec une légèreté trompeuse. Progressivement, d'événements en événements, toujours plus tragiques, il devient un thriller et un drame social bouleversant.

On retient son souffle pendant longtemps, le suspense étant insoutenable et le scénario tortueux à souhait, dépeignant un Iran où l'homme écrase femmes et enfants, au sens propre comme figuré. Les institutions, quant à elles, paraissent complètement dépassées, qu'il s'agisse de l'école ou de la justice...

Mais surtout, cette société est malade d'un patriarcat hypocrite et néfaste qui détruit les familles et les vies des Iraniens et des Iraniennes. Dommage qu'une fois de plus Roustaee se perde dans des tunnels de dialogues à n'en plus finir. Car pour le reste, il est toujours un brillant scénariste et directeurs d'acteurs.

Si ce film a fait polémique à Cannes, Roustaee étant accusé de collusion avec le régime des Mollahs, le résultat montre plutôt l'inverse : une fois de plus, avec ce film le cinéaste iranien signe une charge au vitriol contre la société et les institutions de son pays... et donc contre son régime.

Magellan
6.7
9.

Magellan (2025)

Magalhães

2 h 43 min. Sortie : 31 décembre 2025 (France). Biopic, Drame, Historique

Film de Lav Diaz

Arthur Debussy a mis 7/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Magellan est un très beau film, à la fois âpre et élégiaque, qui déconstruit le mythe du grand navigateur et conquérant, pour livrer le point de vue des Philippins face à la colonisation européenne.

Lav Diaz nous offre un film subtil et mesuré. Il ne verse pas dans la dénonciation facile et surlignée, mais pour autant il ne fait aucun mystère des exactions commises par les colons européens et portugais, effectuées au nom de la foi et de la civilisation, mais en réalité avant tout par avidité et appât du gain...

Surtout, il rend hommages aux peuples malais et philippin, en documentant leurs coutumes et pratiques ancestrales, mises à mal par les conversions forcées, les destructions et les massacres des européens.

Le film est lent, contemplatif, parfois désarçonnant. Mais il livre un contrepoint très intéressant et plus vraisemblable à la légende dorée construite autour de Magellan. Le long métrage de Lav Diaz est économe en paroles, et ne livre que quelques informations historiques, il éveille ainsi la curiosité et incite à réviser (dans tous les sens du terme) nos connaissances sur ce personnage et cette époque.

Arco
7.5
10.

Arco (2025)

1 h 28 min. Sortie : 22 octobre 2025. Animation, Aventure, Science-fiction

Long-métrage d'animation de Ugo Bienvenu

Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Un beau film d'animation, inspiré, ambitieux, poétique et émouvant. Ugo Bienvenu marche clairement sur les traces d'Hayao Miyazaki, référence évidente, tant les premières minutes évoquent le cinéaste nippon, que ce soit par ces amples plans aériens ou cette BO qui rappelle très précisément la partition de Joe Hisaishi pour Princesse Mononoké.

Des références pas loin d'être écrasantes, et de fait, Ugo Bienvenu ne se hisse pas à la hauteur de son modèle. Le propos est souvent trop enfantin, tout comme l'humour assez balourd, et les dialogues pour le coup pas très recherchés et assez banals... Mais n'oublions pas qu'il s'agit d'un premier long métrage pour le cinéaste, et le résultat est franchement impressionnant.

Ugo Bienvenu trace sa propre voie, tout d'abord avec un coup de crayon et des visuels bien à lui. Arco est un long métrage assez unique, d'abord par son esthétique soignée et belle, son character design singulier, mais aussi par son propos, qui croise anticipation, relations familiales et amicales, écologie, robotique ou mémoire... Il s'agit d'une œuvre qui brasse beaucoup de thèmes, sans doute un peu trop, mais au moins qui ose, et reste plutôt maîtrisée de bout en bout. Jusqu'à même nous faire verser quelques larmes sur la fin.

Au total, Arco est une proposition profondément originale, audacieuse, et accomplie, qui démontre que l'animation française a encore de l'avenir, malgré les difficultés que rencontre le secteur en France. Il est toujours plaisant de voir naître de nouveaux artistes, et Ugo Bienvenu, déjà connu dans le monde de la BD et de l'animation, prouve qu'il faudra compter avec lui dans les années à venir.

Dossier 137
7
11.

Dossier 137 (2025)

1 h 56 min. Sortie : 19 novembre 2025. Policier, Drame

Film de Dominik Moll

Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

En s'attaquant aux violences policières perpétrées pendant la crise des Gilets Jaunes, Dominik Moll s'attaque à un sujet difficile car complexe (il me semble qu'il y a eu peu d'analyses concluantes sur le phénomène des Gilets Jaunes, à ma connaissance), brûlant politiquement et relativement récent. Mais les années qui se sont écoulées et son approche très documentée lui permettent de signer un film équilibré, avec du recul, et donc intéressant.

En suivant une enquêtrice de l'IGPN (formidable Léa Drucker), le cinéaste cristallise les enjeux entre les manifestants et les policiers, et plus largement de toute une société qui n'arrive plus à se parler, préférant basculer dans la violence des deux côtés.

Dominik Moll ne livre pas pour autant un film mou. Il prend clairement parti contre les violences policières, mais il préfère montrer toutes les contradictions des différentes parties prenantes. Et combien citoyens et hommes et femmes politiques doivent se réveiller et tenter de faire bouger cette société de plus en plus violente... en ramenant les gens autour de la table pour discuter. Questionner notre époque à travers ce genre de films est déjà une première étape importante.

Kika
6.7
12.

Kika (2025)

1 h 50 min. Sortie : 12 novembre 2025 (France). Drame

Film de Alexe Poukine

Arthur Debussy a mis 6/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Kika est un film réussi, qui traite de pratiques incongrues (le BDSM) avec finesse et beaucoup d'humour. Il faut dire que la réalisatrice Alexe Poukine adopte un regard social, dénonçant la dureté de notre époque, tout en ayant beaucoup de tendresse pour ses personnages. Elle peut compter sur une troupe d'actrices et d'acteurs talentueux, dont notamment Manon Clavel, fascinante. Je ne serais pas allé voir le film de moi-même (une amie m'a invité), et j'ai été très agréablement surpris. Kika est un film bien ficelé, au sujet original, traité avec subtilité et pudeur.

L’Engloutie
6.3
13.

L’Engloutie (2025)

1 h 38 min. Sortie : 24 décembre 2025. Drame

Film de Louise Hémon

Arthur Debussy a mis 6/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Un film audacieux et visuellement très beau, qui manque toutefois de maîtrise pour aller au bout de sa démarche. Louise Hémon frappe fort avec ce premier long métrage de fiction, avec des prises de vue magnifiques et une Galatea Bellugi convaincante en jeune institutrice de caractère, arrivant dans un village perdu des Alpes à la fin du 19e siècle. Mais la réalisatrice veut embrasser trop de sujets, et la narration n'est pas assez tendue pour nous tenir en haleine à la mesure de ce qui nous est raconté. Il s'agit néanmoins d'un film intéressant, et Louise Hémon est de toute évidence une cinéaste prometteuse et à suivre !

Eddington
6.2
14.

Eddington (2025)

2 h 28 min. Sortie : 16 juillet 2025 (France). Comédie, Drame, Thriller

Film de Ari Aster

Arthur Debussy a mis 6/10.

Annotation :

Découvrir Eddington d'Ari Aster après avoir vu Une bataille après l'autre de Paul Thomas Anderson pousse à la comparaison, inévitablement, car les deux films se ressemblent beaucoup. Tous deux sont des films en prise avec l'actualité immédiatement contemporaine, dans cette ère trumpiste complètement folle. Ils décrivent des États-Unis à feu et à sang, opposant réactionnaires et progressistes, en mêlant à la fois chronique sentimentale et intime, thriller, préoccupations politiques et sociales, humour et absurdité.

Mais la comparaison se fait clairement aux dépens d'Eddington. Tout ce que tente laborieusement Ari Aster est réussi par Paul Thomas Anderson. Si les deux films ont à peu près la même durée (2h30 pour Eddington, 2h40 pour Une bataille après l'autre), qui est conséquente, le film d'Aster paraît interminable et parfois ennuyeux, quand le film d'Anderson est prenant de bout en bout.

Il y a aussi chez Aster le sentiment déplaisant d'être face à un réalisateur qui manipule les spectateurs. C'est le premier long métrage que je vois de lui, mais je sais qu'il vient du film d'horreur. Et effectivement, il ne peut s'empêcher d'installer un climat de malaise et d'horreur sourde, et de se complaire dans le sanglant. La longue séquence finale, dans un tout autre registre que le reste du film, en mode jeu vidéo survival ultra violent, montre combien Ari Aster a un problème avec la représentation de la violence, qui semble bien plus l'emballer que d'autres aspects du film.

Les deux premiers tiers d'Eddington montrent un cinéaste pas vraiment doué, qui rame niveau mise en scène et rythme. Les prises de vues sont très quelconques et la musique semble plaquée artificiellement sur les images, pour donner un semblant d'énergie à un long métrage mollasson. Ce qui est intéressant, ce sont davantage les situations par lesquelles Aster décrit l'Amérique complètement tarée des années 2020, et la folie collective qui s'est accrue avec le Covid, le conspirationnisme et les réseaux sociaux. Il y a malgré tout quelques scènes réussies, comme celle de la fête chez le maire, qui est un des tournants du film.

La vraie force d'Eddington, c'est peut-être l'électrochoc qu'il procure. Une bataille après l'autre est presque un feel good movie, c'est à la fois sa force et sa faiblesse, car il dépeint des événements dramatiques qui devraient nous alarmer (ce qu'il fait tout de même en partie). Le film d'Ari Aster est comme son envers profondément sombre, un bad trip traumatis

The Phoenician Scheme
6.1
15.

The Phoenician Scheme (2025)

1 h 41 min. Sortie : 28 mai 2025 (France). Comédie, Drame, Policier

Film de Wes Anderson

Arthur Debussy a mis 6/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Avec The Phoenician Scheme, Wes Anderson continue de tracer son sillon et s'enferme dans sa recherche effrénée de perfection, ou tout du moins de sophistication formelle. L'émotion est sacrifiée sur l'autel du formalisme, hélas... Mais dans le même temps, il creuse de nouvelles pistes, je ne suis donc pas totalement pessimiste quant à sa capacité à se ressaisir. The Phoenician Scheme m'a quand même déçu : il avait énormément de potentiel, et Wes n'a pas su le saisir... Mais tout n'est pas raté, il y a un certain nombre de choses qui fonctionnent. Néanmoins, comme beaucoup je suis inquiet pour l'avenir du cinéaste, qui tourne de plus en plus en rond...

Resurrection
7
16.

Resurrection (2025)

Kuangye shidai

2 h 39 min. Sortie : 10 décembre 2025 (France). Drame, Policier, Science-fiction

Film de Bì Gàn

Arthur Debussy a mis 5/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Assez déçu par ce film purement visuel et assez vain. Resurrection ploie sous le poids de ses nombreuses références, qu'il n'arrive jamais à égaler. On ne peut que saluer l'audace de Bi Gan, mais hélas il n'a pas les moyens de ses ambitions. Il veut trop dire et trop montrer, alors que son film n'est clairement pas assez écrit, tout comme ses personnages, artificiels et creux. L'émotion y est quasiment inexistante, tout comme la réflexion. Reste une recherche esthétique loin d'être incroyable car déjà vue. Même s'il s'agit d'un film honorable, il me semble à moitié raté et bien loin d'être inoubliable...

Sirāt
7
17.

Sirāt (2025)

1 h 55 min. Sortie : 10 septembre 2025 (France). Drame, Road movie, Aventure

Film de Oliver Laxe

Arthur Debussy a mis 4/10 et a écrit une critique.

Annotation :

L'une de mes plus grosses déception de l'année... Une énorme hype accompagnait ce film, aussi bien du côté de la critique professionnelle que dans mon entourage. La première moitié est prometteuse : elle ne se suffit pas totalement à elle-même, mais elle augure du meilleur et attise notre curiosité. Hélas, dans une seconde moitié, le film ploie sous son ambition et refuse d'aller au bout des pistes qu'il a lancées. Il s'enlise dans du sensationnalisme de pacotille et finit par démontrer qu'il est quand même très creux... Comme quoi, les apparences sont souvent trompeuses et un film qui ne reste qu'à la surface des images ne donne jamais rien de très bon...

L'Agent secret
7.1
18.

L'Agent secret (2025)

O Agente Secreto

2 h 41 min. Sortie : 17 décembre 2025 (France). Drame, Policier, Thriller

Film de Kleber Mendonça Filho

Arthur Debussy a mis 4/10.

Annotation :

De l'inconvénient de voir les films présentés à Cannes en avant-première, avant que le bouche à oreille permette de dégonfler les baudruches... L'Agent Secret est l'exemple parfait de ces films de festivals (c'est-à-dire calibrés pour la critique et ce type de conditions de visionnage) et de ces emballements soudains pour des films franchement moyens (et je suis gentil).

Difficile de comprendre l'engouement pour ce long métrage interminable (quel enfer) où il ne se passe pas grand chose, avec une mise en scène banale, un scénario bancal et un montage pas loin d'être médiocre...

Moi qui pensais que cette édition 2025 était une grande cuvée, je vais me méfier. Incroyable de voir combien L'Agent Secret a été porté aux nues, alors qu'un long métrage comme Woman and Child, grand film de Saeed Roustaee, est passé sous les radars... On devait être moins d'une trentaine pour l'avant-première dans la grande salle du Louxor pour ce dernier, quand la salle était archi pleine pour L'Agent Secret.

Parmi les quelques qualités de ce film brésilien, le contexte est malgré tout intéressant, puisque la majeure partie du film se déroule en 1977 sous la dictature. Et même si le scénario laisse a désirer, on s'attache à certains personnages.

Mais ces derniers sont trop schématiques, et le propos est trop surligné pour ne pas décevoir, face à un sujet fort et complexe qui aurait mérité un tout autre traitement.

Et je ne parle pas des scènes tarantinesques qui tombent comme une perruque dans la soupe, et qui démontrent que Kleber Mendonça Filho est un cinéaste de l'épate, qui reste à la surface (travaillée, certes) de son film...

Nouvelle Vague
6.7
19.

Nouvelle Vague (2025)

1 h 45 min. Sortie : 8 octobre 2025. Comédie, Drame, Biopic

Film de Richard Linklater

Arthur Debussy a mis 4/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Malgré les meilleures intentions du monde, Richard Linklater livre avec Nouvelle Vague un film très lisse, scolaire et attendu, avec bien peu (voire pas) d'idées de cinéma. Un comble pour un hommage à un mouvement si inventif, et même révolutionnaire ! Je ne m'attendais pas à grand chose, et pourtant j'ai quand même été déçu, tant ce film manque de vie et d'énergie...

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