Festival de Cannes 2026 selon Arthur Debussy
Mes avis sur les films du Festival de Cannes 2026 vus sur place et ensuite.
Travail au noir (1983)
Moonlighting
1 h 40 min. Sortie : 12 janvier 1983 (France). Comédie dramatique
Film de Jerzy Skolimowski
Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Avec Travail au noir, je découvre pour la première fois un film de Jerzy Skolimowski. Et je dois dire que sa réputation de grand cinéaste n'est pas usurpée.
C'est un film avec une mise en scène magistrale et audacieuse (ces brèves séquences extrêmement ralenties...), magnifiquement photographié. Mais la forme sert le propos du film, qui est éminemment politique et social : il est question d'ouvriers polonais qui viennent temporairement et discrètement au Royaume-Uni pour y effectuer un dur labeur, dans des conditions indécentes, en travaillant au noir.
Visuellement comme dans l'écriture, il s'agit long métrage implacable, qui dénonce l'exploitation de l'homme par l'homme, et notamment l'exploitation des Européens de l'Est par les Européens de l'Ouest, avec beaucoup de cruauté et d'hypocrisie.
Malgré un ton engagé et dur, le film réserve aussi des moments d'humour très réussis, qui font régulièrement retomber la tension, et font de Travail au noir une oeuvre riche, équilibrée et subtile. J'ose parler de chef-d'œuvre. Un chef-d'œuvre méconnu, dont je n'avais jamais entendu parler, et qui m'a profondément marqué.
Dua (2026)
1 h 40 min. Sortie : février 2027 (France). Drame
Film de Blerta Basholli
Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Un magnifique film sur une jeune adolescente durant la guerre au Kosovo, dans les années 1990. La cinéaste kosovare Blerta Basholli signe un film équilibré, montrant la violence de l'époque avec retenue, sans aucune complaisance, tout en réalisant en même temps un film d'apprentissage pour la jeune Dua, qui a les mêmes rêves que les adolescentes de son âge ailleurs dans le monde. Une très belle réussite. Sélectionné à la Semaine de la Critique lors du Festival de Cannes 2026, Dua a remporté le Prix SACD pour Blerta Basholli et Nicole Borgeat (co-scénariste), et c'est amplement mérité.
La Vie d'une femme (2026)
1 h 38 min. Sortie : 9 septembre 2026. Drame
Film de Charline Bourgeois-Tacquet
Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Dans son nouveau film présenté à Cannes en Compétition officielle, la cinéaste Charline Bourgeois-Taquet développe son intention à la suite de ce titre simple et explicite : filmer la vie d'une femme, sans chercher à être exhaustive, mais en donnant un bon aperçu de la condition féminine.
Là où Charline Bourgeois-Tacquet frappe fort, c'est qu'elle ne réalise pas un film mécanique, qui se contenterait de dérouler un programme. Elle réussit à donner vie à des personnages vrais et crédibles, très joliment écrits, grâce à un scénario d'une grande qualité. On le doit aussi, bien sûr, à Léa Drucker, qui incarne l'héroïne de ce film avec un talent fou, mêlant naturel et justesse du jeu à une forme de panache.
Elle joue une chirurgienne expérimentée qui doit gérer 36 000 choses en même temps, palliant les manquement de son entourage : mari, enfants, collègues soignants, associations, ordre des médecins... Son personnage est une femme forte et responsable, une battante sur qui beaucoup de monde se repose. Au point de s'oublier : oublier qui elle est, son corps, ses désirs, sa vie...
En une douzaine de chapitres, Charline Bourgeois-Tacquet dépeint la vie d'une femme ordinaire, victime de la discrimination des hommes et épuisée par une charge mentale insensée. La cinéaste rend compte à la fois du particulier et de l'universel, avec ce très beau portrait de femme, qui questionne nos sociétés toujours beaucoup trop partriarcales, encore en 2026.
La mise en scène a beau être simple, elle est belle et réussie : la réalisatrice française livre un film accompli, très bien monté, photographié et interprété, qui réserve en plus de sympathiques moments d'humour, alternant entre gravité et légèreté de façon équilibrée. Une très belle surprise !
Adieu monde cruel (2026)
1 h 33 min. Sortie : 9 septembre 2026. Drame, Romance
Film de Félix de Givry
Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Dès le générique de début, nous sommes happés par l’univers doux, sombre et mélancolique de ce long métrage. Félix de Givry livre un bel hommage, vivant et actuel, à la Nouvelle Vague et à son héritage, de François Truffaut à Jacques Demy en passant par Agnès Varda. Le thème central est celui du harcèlement scolaire, qui imprègne tout le film et son personnage principal, Otto Vidal (excellent Milo Machado-Graner).
Mais il est question également de fuite de la société, de disparition et d’errance, tout comme dans les grands films de la Nouvelle Vague. Adieu monde cruel est un beau film, très simple, au scénario limpide.
Il est serti dans une esthétique magnifique, entre la photographie en pellicule avec un très beau grain, épais, faisant la part belle à l’obscurité dans des plans qui évoquent la psyché tourmentée du jeune héros, et une musique ample et romantique, qui nous serre le cœur. Voilà un très joli premier film.
In Waves (2026)
1 h 31 min. Sortie : 1 juillet 2026. Animation, Drame, Romance
Long-métrage d'animation de Phuong Mai Nguyen
Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
In Waves est un film beau et bouleversant. Là où le bât blesse, c'est que la narration est très "à l'américaine" et attendue. Et que l'esthétique luxuriante veut trop nous en mettre plein la vue. C'est comme si la réalisatrice Phuong Mai Nguyen mettait le paquet sur les textures visuelles, et moins sur la poésie et l'inventivité des dessins et de l'animation... j'ai donc été un peu déçu par ce film, même s'il m'a quand même plu et ému. Finalement, les passages que j'ai le plus aimés sont ceux - en 2D - de la légende hawaïenne, qui étaient vraiment magnifiques. Pour autant, In Waves est un bon film, allez le voir !
La Vénus électrique (2026)
2 h 03 min. Sortie : 12 mai 2026. Comédie romantique
Film de Pierre Salvadori
Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Premier film que je découvre de Pierre Salvadori. Il paraît que ce n'est pas son meilleur, et de fait c'est un long métrage assez bancal, avec de belles qualités mais aussi de vrais défauts.
Je salue le scénario amusant et touchant, l'écriture des personnages qui sont très beaux, avec une psychologie complexe et une personnalité attachante. Et l'aspect visuel est très réussi. La direction artistique fait la part belle au monde du cirque et des forains, ou encore au monde des artistes (-peintres), en nous offrant des décors, des objets et des images aux couleurs magnifiques et chatoyantes.
Côté bémols, tout d'abord la direction des acteurs est assez mauvaise : les comédiens du films ne jouent pas bien et sont assez peu crédibles, sauf peut-être Gilles Lellouche (ce qui m'a positivement surpris) ou dans une moindre mesure Pio Marmaï, dont j'apprécie beaucoup le personnage. Anaïs Demoustier joue Anaïs Demoustier, mais on lui pardonne volontiers. C'est surtout Vimala Pons, dont j'ai beaucoup entendu parler en bien et que je découvre pour la première fois dans un film, qui m'a déçu. Son jeu est terne et plat, mais je pense que ça vient aussi du fait que son rôle est moins bien écrit, d'autant que son ostensible perruque blonde n'aide pas à la rendre crédible...
Malgré tout, La Vénus électrique est un film éminemment sympathique, dont la fraîcheur est réjouissante. En cela, sans être parfait, loin de là, c'est un bon film d'ouverture pour le Festival de Cannes : un long métrage fédérateur et enjoué, soit une bonne entrée en la matière. On reste un peu sur notre faim, mais on n'a qu'une hâte : se plonger entièrement dans ces deux semaines de folie consacrées au cinéma.
Jim Queen (2026)
1 h 25 min. Sortie : 17 juin 2026. Animation, Comédie, Fantastique
Long-métrage d'animation de Marco Nguyen et Nicolas Athané
Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Jim Queen est un film très fun et totalement délirant sur l'univers queer, notamment gay. Le scénario et l'esthétique du film sont très imaginatifs, même si l'intrigue comporte quelques passages obligés un peu trop attendus. Et parfois c'est quand même assez trash, donc si j'ai bien aimé dans l'ensemble, je n'ai pas adhéré à tout. A contrario, certains passages sont touchants, même si un des revers du film est que sa dérision constante l'empêche de nous émouvoir complètement. Après, les réalisateurs Nicolas Athané et Marco Nguyen affichent clairement leur ambition : réaliser un film ultra divertissant, bourré de clins d'œil et de références réjouissantes. Et leur pari est réussi : c'est un film qui plaira aussi bien aux néophytes qu'aux connaisseurs, ce qui n'est pas si facile. Bien joué !
Histoires parallèles (2026)
2 h 20 min. Sortie : 14 mai 2026. Drame, Thriller
Film de Asghar Farhadi
Arthur Debussy a mis 3/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Une très grande déception. Ce film est plein d'idées (et d'histoires) inabouties. Surtout, les dialogues sont ratés, plats et pas crédibles, l'interprétation de ce casting de luxe est assez mauvaise, et la mise en scène et d'une paresse et d'une fadeur sans nom... Un comble pour un film qui se veut troublant, en allant chasser sur les terres d'Hitchock ou de Kieslowski... Je n'ai pas cru une seule seconde à cette intrigue et à ces personnages mécaniques et artificiels. Et je n'ai vu aucun intérêt à ce film... Ça me fait mal de le dire, mais c'est un très mauvais film, réalisé par un cinéaste que j'aime beaucoup pourtant.










