Festival de Cannes 2026 selon Arthur Debussy

Mes avis sur les films du Festival de Cannes 2026 vus sur place et ensuite.

Liste de 17 films créée il y a 5 mois · modifiée il y a 10 jours
Soudain
7.6
1.

Soudain (2026)

3 h 16 min. Sortie : 12 août 2026. Drame

Film de Ryusuke Hamaguchi

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Avec Le Journal d'une femme de chambre, et Minotaure ainsi que Paper Tiger (spoilers !), Soudain est l'un de mes grands coups de cœur du Festival de Cannes 2026. Tous comme les deux films précédents, il aurait pu ou dû remporter la Palme d'Or (j'ai beaucoup aimé Fjord, mais il me semble un cran en-dessous de ces 3 films de la compétition officielle).

Pourtant, à la base je ne suis pas fan du tout de Ryusuke Hamaguchi. J'ai très moyennement aimé Le Mal n'existe pas et Drive my car, considérés comme de très grands films, notamment le second. La froideur et la distance vis-à-vis des personnages dans ces deux longs métrages m'ont tenu à l'écart de ce qui s'y trame, ressentant peu d'émotion envers les protagonistes.

Avec Soudain, c'est l'inverse. C'est un film extrêmement sensible et empathique, porté par deux merveilleuses actrices, Virginie Efira et Tao Okamoto, qui ont complètement mérité leur prix d'interprétation remporté à Cannes. C'est bien simple, j'ai pleuré quasiment du début à la fin de Soudain, et je n'ai pas vu passer les 3h16, et même, j'en redemandais encore.

Il s'agit d'un long métrage profondément intelligent et humaniste, qui déploie une pensée construite sur la relation aux être humains dans les EHPAD, une réflexion et une attention aux patients qui parfois fait bien défaut dans ce type d'établissements, hélas.

Une fois de plus, Ryusuke Hamaguchi entremêle l'art, et notamment le théâtre, à son récit, et c'est magnifique. Soudain est un film d'une très grande richesse sur le fond et la forme. Car si la mise en scène est d'un aspect plutôt simple, vous vous souviendrez pour toujours de certains plans, notamment ceux sur les visages des deux actrices principales.

Le Journal d’une femme de chambre
7
2.

Le Journal d’une femme de chambre (2026)

1 h 34 min. Sortie : 20 janvier 2027. Comédie dramatique

Film de Radu Jude

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

J’ose le dire, Le Journal d’une femme de chambre est peut-être le meilleur film réalisé par Radu Jude, l’un des plus brillants et des plus audacieux cinéastes européens d’aujourd’hui. Il adapte magistralement le roman d’Octave Mirbeau, restituant toute sa force politique. Mais il crée également un film à la fois profondément français et profondément roumain, à la croisée de la culture et de l’histoire de ces deux pays. Qu’un cinéaste étranger parvienne à mettre le doigt exactement là où ça fait le plus mal dans un pays tel que la France, en refusant toute complaisance, c’est un tour de force absolument ahurissant. Hilarant, profond et parfois émouvant, c’est un long métrage brillant qui force le respect et l’admiration.

Paper Tiger
6.6
3.

Paper Tiger (2026)

1 h 55 min. Sortie : 25 novembre 2026 (France). Drame, Thriller

Film de James Gray

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Paper Tiger signe le retour de James Gray au meilleur de son cinéma, avec ce thriller et ce film de gangsters dont la famille est au coeur du récit, dans le New York en plein boom des années 1970.

Il est question de deux frères, l'un architecte et l'autre ex-gloire de la police, qui tentent de faire affaire avec les Russes. A leurs risques et périls...

Le trio d'acteurs principaux Miles Teller, Adam Driver et Scarlett Johansson est absolument extraordinaire. La mise en scène de James Gray est quant à elle magnifique, ample et généreuse, servie par une très belle photographie pellicule.

Paper Tiger est un excellent film, d'une grande force. Incompréhensible qu'il n'ait reçu aucune récompense à Cannes, c'est honteux... Alors qu'il aurait pu en obtenir plusieurs ! En vrac : Prix de la mise en scène, Prix d'interprétation masculine pour Miles Teller, révélation du film... et Palme d'Or, oui oui ! C'était à mon sens un candidat très sérieux à la récompense suprême, tant c'est un grand film. J'espère que James Gray pourra se consoler avec un beau succès en salle à sa sortie, il le mérite complètement.

Travail au noir
7.3
4.

Travail au noir (1983)

Moonlighting

1 h 40 min. Sortie : 12 janvier 1983 (France). Comédie dramatique

Film de Jerzy Skolimowski

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Avec Travail au noir, je découvre pour la première fois un film de Jerzy Skolimowski. Et je dois dire que sa réputation de grand cinéaste n'est pas usurpée.

C'est un film avec une mise en scène magistrale et audacieuse (ces brèves séquences extrêmement ralenties...), magnifiquement photographié. Mais la forme sert le propos du film, qui est éminemment politique et social : il est question d'ouvriers polonais qui viennent temporairement et discrètement au Royaume-Uni pour y effectuer un dur labeur, dans des conditions indécentes, en travaillant au noir.

Visuellement comme dans l'écriture, il s'agit long métrage implacable, qui dénonce l'exploitation de l'homme par l'homme, et notamment l'exploitation des Européens de l'Est par les Européens de l'Ouest, avec beaucoup de cruauté et d'hypocrisie.

Malgré un ton engagé et dur, le film réserve aussi des moments d'humour très réussis, qui font régulièrement retomber la tension, et font de Travail au noir une oeuvre riche, équilibrée et subtile. J'ose parler de chef-d'œuvre. Un chef-d'œuvre méconnu, dont je n'avais jamais entendu parler, et qui m'a profondément marqué.

Fjord
6.7
5.

Fjord (2026)

2 h 26 min. Sortie : 19 août 2026 (France). Drame

Film de Cristian Mungiu

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Allez voir ce film, ne vous arrêtez pas à la polémique stérile lancée par des médias malhonnêtes en mal d'audimat qui ont déformé le propos et les intentions de Cristian Mungiu. Fjord est un beau film, fort qui plus est, qui pose une question essentielle aujourd'hui : est-on capable de discuter avec quelqu'un qui n'est pas de son avis, et a fortiori qui n'est pas du même camp politique ? La polémique alimentée par une partie de la presse française tend à démontrer que cette capacité de dialogue n'existe plus qu'à la marge (voire plus du tout), et après on s'étonne que l'extrême droite soit au plus haut.

Comme le dit Mungiu : dialogue ne veut pas dire acceptation. Mais cela permet par la discussion d'amener l'autre à changer de regard et peut-être même de position sur le monde, pour le conduire vers des valeurs plus progressistes. Mais si le dialogue est rompu, il n'y a aucune chance pour que ces valeurs soit adoptées par le camp d'en face... Il est donc urgent de se remettre autour de la table.

Toutefois, Fjord n'est pas qu'un film à thèse. C'est aussi une œuvre intéressante sur l'immigration et sur la perception des immigrés roumains en Europe occidentale, non dénuée de racisme et de xénophobie. Et comme si cela ne suffisait pas, Fjord sonde aussi l'intériorité de nos contemporains, et leur rapport à la transcendance, à la vie et à la mort, à travers quelques séquences magnifiques.

J'ai vu Fjord deux fois, et la seconde fois je l'ai encore plus apprécié, signe de ses grandes mais discrètes qualités. Au point que bien que ce n'était pas le film présent en compétition à Cannes auquel j'aurais décerné la Palme d'Or (j'aurais plutôt choisi Minotaure de Zviaguintsev, Soudain d'Hamaguchi ou Paper Tiger de James Gray), petit à petit je suis de plus en plus d'accord avec ce choix effectué par le jury de Park Chan-wook. Vraiment, allez voir Fjord. Je ne garantis pas que vous allez aimer ce film, mais il pose de bonnes questions à mon sens, et en ces temps bien sombres, cela me semble nécessaire.

Fatherland
6.4
6.

Fatherland (2026)

1 h 22 min. Sortie : 2 décembre 2026 (France). Biopic, Drame

Film de Paweł Pawlikowski

Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Avec Fatherland, ça y est, j'ai enfin été réellement embarqué par un film de Paweł Pawlikowski. Les deux autres longs métrages que j'ai vus de lui sont les célébrés Ida et Cold War. Deux films intéressants et plutôt beaux, mais avec des défauts qui m'ont empêché d'adhérer complètement à ces propositions de cinéma, trop léchées et artificielles pour prétendre atteindre à la profondeur recherchée par le cinéaste polonais. Dans Fatherland, je me suis pris de plein fouet la force de sa mise en scène, enfin accomplie, et très justement récompensée d'un prix à Cannes.

J'étais assez circonspect quant à l'aspect visuel des deux précédents longs métrages de Paweł Pawlikowski, pourtant loués comme magistraux. La composition des plans me semblait problématique, mal cadrés et académiques, dévitalisés de toute force. Or dans Fatherland, les plans sont magnifiques, la composition des plans est puissante et majestueuse. C'est un film vraiment impressionnant visuellement.

Mais à cette grande maîtrise esthétique, s'ajoute également un fond d'une grande profondeur, puisque Paweł Pawlikowski s'intéresse à la vie du grand écrivain Thomas Mann dans l'Allemagne d'après-guerre, dévastée physiquement et moralement, alors qu'il rencontre des difficultés relationnelles avec son fils et sa fille, magistralement interprétés par August Diehl et Sandra Hüller. L'acteur qui incarne Thomas Mann, Hanns Zischler, réussit même à se hisser à leur hauteur.

Fatherland est donc un film en tous points réussi, à l'esthétique et au propos d'une grande force, et qui en même temps vient questionner notre époque, alors que le fascisme ressurgit partout dans le monde. Si la brièveté de ce film l'empêche de prendre une ampleur considérable, cela lui confère une sécheresse et une efficacité implacables. A l'heure où beaucoup de cinéastes réalisent des films de 2h30, 3h ou plus sans que cela soit justifié, voici un grand film, particulièrement maîtrisé et percutant, qui en 1h22 nous plonge dans le meilleur du cinéma et de la littérature. Une belle réussite.

Dua
6.3
7.

Dua (2026)

1 h 40 min. Sortie : 10 février 2027 (France). Drame

Film de Blerta Basholli

Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Un magnifique film sur une jeune adolescente durant la guerre au Kosovo, dans les années 1990. La cinéaste kosovare Blerta Basholli signe un film équilibré, montrant la violence de l'époque avec retenue, sans aucune complaisance, tout en réalisant en même temps un film d'apprentissage pour la jeune Dua, qui a les mêmes rêves que les adolescentes de son âge ailleurs dans le monde. Une très belle réussite. Sélectionné à la Semaine de la Critique lors du Festival de Cannes 2026, Dua a remporté le Prix SACD pour Blerta Basholli et Nicole Borgeat (co-scénariste), et c'est amplement mérité.

La Vie d'une femme
6.4
8.

La Vie d'une femme (2026)

1 h 39 min. Sortie : 9 septembre 2026. Comédie dramatique

Film de Charline Bourgeois-Tacquet

Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Dans son nouveau film présenté à Cannes en Compétition officielle, la cinéaste Charline Bourgeois-Taquet développe son intention à la suite de ce titre simple et explicite : filmer la vie d'une femme, sans chercher à être exhaustive, mais en donnant un bon aperçu de la condition féminine.

Là où Charline Bourgeois-Tacquet frappe fort, c'est qu'elle ne réalise pas un film mécanique, qui se contenterait de dérouler un programme. Elle réussit à donner vie à des personnages vrais et crédibles, très joliment écrits, grâce à un scénario d'une grande qualité. On le doit aussi, bien sûr, à Léa Drucker, qui incarne l'héroïne de ce film avec un talent fou, mêlant naturel et justesse du jeu à une forme de panache.

Elle joue une chirurgienne expérimentée qui doit gérer 36 000 choses en même temps, palliant les manquement de son entourage : mari, enfants, collègues soignants, associations, ordre des médecins... Son personnage est une femme forte et responsable, une battante sur qui beaucoup de monde se repose. Au point de s'oublier : oublier qui elle est, son corps, ses désirs, sa vie...

En une douzaine de chapitres, Charline Bourgeois-Tacquet dépeint la vie d'une femme ordinaire, victime de la discrimination des hommes et épuisée par une charge mentale insensée. La cinéaste rend compte à la fois du particulier et de l'universel, avec ce très beau portrait de femme, qui questionne nos sociétés toujours beaucoup trop partriarcales, encore en 2026.

La mise en scène a beau être simple, elle est belle et réussie : la réalisatrice française livre un film accompli, très bien monté, photographié et interprété, qui réserve en plus de sympathiques moments d'humour, alternant entre gravité et légèreté de façon équilibrée. Une très belle surprise !

La Gradiva
7.8
9.

La Gradiva (2026)

2 h 25 min. Sortie : 21 octobre 2026. Comédie dramatique

Film de Marine Atlan

Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Un des films événements du Festival de Cannes cette année, sélectionné à la Semaine de la Critique. C'est indéniablement un beau long métrage, fort et marquant qui plus est. Il a pour lui son décor italien, notamment à Naples et Pompéi, d'excellents jeunes acteurs, et un scénario un peu erratique qui dépeint une jeunesse hagarde, à l'avenir incertain.

Mais c'est aussi typiquement le film de festival qui coche toutes les cases sans pour autant relever du grand chef-d’œuvre tant vanté. Encore un énième long métrage sur les affres de la jeunesse ai-je envie de dire, avec une photographie soignée certes, un côté pris sur le vif, mais qui ne propose pas de personnages réellement développés, ni un propos renversant, et encore moins des prises de vues extraordinaires, malgré le talent incontestable de la cinéaste et directrice de la photographie Marine Atlan pour réaliser de jolies prises de vues.

J'ai donc bien peur qu'il s'agisse là encore d'un emballement cannois typique. Une fois le film sorti de la bulle du festival, il aura certainement un beau parcours (mérité), tant il a su créer le buzz. Mais je ne suis pas sûr qu'il restera dans l'histoire du cinéma comme un long métrage incontournable. D'autant qu'étant pour ma part un grand amoureux de Naples, voilà encore un film qui peine à se hisser à la hauteur de cette ville fascinante. Ce n'est clairement pas un log métrage définitif sur ce sujet... Donc La Gradiva est beau film qui mérite d'être vu, à condition de ne pas trop en attendre.

Quelques mots d'amour
7
10.

Quelques mots d'amour (2026)

1 h 37 min. Sortie : 28 octobre 2026. Comédie dramatique

Film de Rudi Rosenberg

Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Quelques mots d'amour fait partie de ces pépites cannoises, ces petits films qui se révèlent être de très bonnes surprises inattendues (du moins pour moi, qui n'avait presque pas entendu parler de ce long métrage avant de le découvrir).

Rudi Rosenberg tisse la trame d'une comédie dramatique familiale, autour d'une mère (formidable Hafzia Herzi) dont la fille aînée veut à tout prix rencontrer son père qu'elle n'a jamais connu, séparé de sa mère quand elle était très jeune. Le cinéaste parvient à rendre cette histoire vraiment émouvante, nous faisant écraser quelques larmes à plusieurs reprises. Mais en plus les dialogues et les situations sont régulièrement très drôles !

Le film est porté par d'excellents acteurs et actrices, notamment les plus jeunes, enfants et adolescents. Quelques mots d'amour est à la fois un film sentimental, qui s'attarde sur les relations entre parents et enfants, mais c'est également une œuvre sociale, qui montre les difficultés quotidiennes des populations défavorisées.

Et puis la toute fin vient nous toucher en plein cœur, confirmant l'excellence de ce long métrage modeste mais fort réussi, à la fois d'une grande fraîcheur et d'une grande spontanéité, mais aussi plus profond qu'il n'en a l'air.

Adieu monde cruel
6.5
11.

Adieu monde cruel (2026)

1 h 33 min. Sortie : 9 septembre 2026. Drame, Romance

Film de Félix de Givry

Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Dès le générique de début, nous sommes happés par l’univers doux, sombre et mélancolique de ce long métrage. Félix de Givry livre un bel hommage, vivant et actuel, à la Nouvelle Vague et à son héritage, de François Truffaut à Jacques Demy en passant par Agnès Varda. Le thème central est celui du harcèlement scolaire, qui imprègne tout le film et son personnage principal, Otto Vidal (excellent Milo Machado-Graner).

Mais il est question également de fuite de la société, de disparition et d’errance, tout comme dans les grands films de la Nouvelle Vague. Adieu monde cruel est un beau film, très simple, au scénario limpide.

Il est serti dans une esthétique magnifique, entre la photographie en pellicule avec un très beau grain, épais, faisant la part belle à l’obscurité dans des plans qui évoquent la psyché tourmentée du jeune héros, et une musique ample et romantique, qui nous serre le cœur. Voilà un très joli premier film.

In Waves
7.2
12.

In Waves (2026)

1 h 31 min. Sortie : 1 juillet 2026. Animation, Drame, Romance

Long-métrage d'animation de Phuong Mai Nguyen

Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

In Waves est un film beau et bouleversant. Là où le bât blesse, c'est que la narration est très "à l'américaine" et attendue. Et que l'esthétique luxuriante veut trop nous en mettre plein la vue. C'est comme si la réalisatrice Phuong Mai Nguyen mettait le paquet sur les textures visuelles, et moins sur la poésie et l'inventivité des dessins et de l'animation... j'ai donc été un peu déçu par ce film, même s'il m'a quand même plu et ému. Finalement, les passages que j'ai le plus aimés sont ceux - en 2D - de la légende hawaïenne, qui étaient vraiment magnifiques. Pour autant, In Waves est un bon film, allez le voir !

L’Être aimé
7.1
13.

L’Être aimé (2025)

El ser querido

2 h 15 min. Sortie : 16 mai 2026 (France). Drame

Film de Rodrigo Sorogoyen

Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

L'Être aimé est le premier film que j'ai vu de Rodrigo Sorogoyen, et j'ai été assez déçu, car j'avais beaucoup entendu parler (en bien) de ce cinéaste, pour ses précédents longs métrages, notamment As bestas (surtout) ou El Reino.

Or L'Être aimé m'a déçu déjà par son aspect esthétique, digne d'un téléfilm, par la banalité de la photographie et des cadrages, ou encore par sa direction d'acteurs, que j'ai trouvé assez peu subtile. Javier Bardem s'en sort pas trop mal malgré son personnage peu aimable, mais j'ai été moins convaincu par Victoria Luengo, que j'ai trouvé peu crédible et peu expressive, en un sens comme une actrice de téléfilm (là encore), pour faire un clin d’œil à son personnage.

Sinon encore un film méta sur un film en train de se faire. Un genre usé jusqu'à la corde, et qui plus est de bien meilleurs longs métrages ont été réalisés sur ce sujet par le passé.

Malgré tout, cette relation père-fille est assez touchante, et surtout il y a quelques scènes d'anthologie, notamment cette séquence de tournage d'un déjeuner, qui devient rapidement hilarante... avant de s'achever de façon inquiétante.

J'aurais du mal à définir le style de Sorogoyen et quelle est sa "patte", mais L'Être aimé est un film sympathique, qui se laisse plutôt bien regarder. Néanmoins, ce n'est pas un long métrage marquant, à aucun moment il ne transcende son sujet...

La Vénus électrique
6.6
14.

La Vénus électrique (2026)

2 h 03 min. Sortie : 12 mai 2026. Comédie romantique

Film de Pierre Salvadori

Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Premier film que je découvre de Pierre Salvadori. Il paraît que ce n'est pas son meilleur, et de fait c'est un long métrage assez bancal, avec de belles qualités mais aussi de vrais défauts.

Je salue le scénario amusant et touchant, l'écriture des personnages qui sont très beaux, avec une psychologie complexe et une personnalité attachante. Et l'aspect visuel est très réussi. La direction artistique fait la part belle au monde du cirque et des forains, ou encore au monde des artistes (-peintres), en nous offrant des décors, des objets et des images aux couleurs magnifiques et chatoyantes.

Côté bémols, tout d'abord la direction des acteurs est assez mauvaise : les comédiens du films ne jouent pas bien et sont assez peu crédibles, sauf peut-être Gilles Lellouche (ce qui m'a positivement surpris) ou dans une moindre mesure Pio Marmaï, dont j'apprécie beaucoup le personnage. Anaïs Demoustier joue Anaïs Demoustier, mais on lui pardonne volontiers. C'est surtout Vimala Pons, dont j'ai beaucoup entendu parler en bien et que je découvre pour la première fois dans un film, qui m'a déçu. Son jeu est terne et plat, mais je pense que ça vient aussi du fait que son rôle est moins bien écrit, d'autant que son ostensible perruque blonde n'aide pas à la rendre crédible...

Malgré tout, La Vénus électrique est un film éminemment sympathique, dont la fraîcheur est réjouissante. En cela, sans être parfait, loin de là, c'est un bon film d'ouverture pour le Festival de Cannes : un long métrage fédérateur et enjoué, soit une bonne entrée en la matière. On reste un peu sur notre faim, mais on n'a qu'une hâte : se plonger entièrement dans ces deux semaines de folie consacrées au cinéma.

Jim Queen
7.5
15.

Jim Queen (2026)

1 h 25 min. Sortie : 17 juin 2026. Animation, Comédie, Fantastique

Long-métrage d'animation de Marco Nguyen et Nicolas Athané

Arthur Debussy a mis 5/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Jim Queen est un film très fun et totalement délirant sur l'univers queer, notamment gay. Le scénario et l'esthétique du film sont très imaginatifs, même si l'intrigue comporte quelques passages obligés un peu trop attendus. Et parfois c'est quand même assez trash, donc si j'ai bien aimé dans l'ensemble, je n'ai pas adhéré à tout. A contrario, certains passages sont touchants, même si un des revers du film est que sa dérision constante l'empêche de nous émouvoir complètement. Après, les réalisateurs Nicolas Athané et Marco Nguyen affichent clairement leur ambition : réaliser un film ultra divertissant, bourré de clins d'œil et de références réjouissantes. Et leur pari est réussi : c'est un film qui plaira aussi bien aux néophytes qu'aux connaisseurs, ce qui n'est pas si facile. Bien joué !

Le Fils idéal
5
16.

Le Fils idéal (2026)

Hako no naka no hitsuji

2 h 07 min. Sortie : 6 janvier 2027 (France). Drame, Science-fiction

Film de Hirokazu Kore-eda

Arthur Debussy a mis 5/10.

Annotation :

Sheep In The Box d'Hirokazu Kore-eda constituait l'une de mes plus grosses attentes parmi la sélection officielle du Festival de Cannes 2026. Le pitch était prometteur : au Japon, un couple décide d'acheter un robot humanoïde pour remplacer leur jeune fils décédé.

Le sujet ouvrait à beaucoup d'enjeux et de thématiques. Mais le cinéaste nippon ne s'en saisit pas. Il livre un film très lent qui fait du surplace, ne surprend jamais, et n'est pas franchement intéressant. C'est un film qui parle vaguement de la jeunesse et qui s'interroge un peu sur ce qui différencie l'être humain de la machine. Mais même cela, il ne le développe pas, tout comme la psychologie de ses personnages, très schématiques et peu attachants.

Quant à la référence au Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry dans le titre du long métrage, à aucun moment elle n'est mobilisée, elle en reste au stade de pure citation incantatoire pour appâter le chaland...

Sheep In The Box est donc un film éthéré, presque new age, qui d'ailleurs n'est vraiment pas renversant esthétiquement, avec sa photographie surexposée. Un long métrage passable, assez fade, surtout comparé au précédent film d'Hirokazu Kore-eda, l'extraordinaire L'Innocence. Autant dire que Sheep In The Box fut une immense déception pour moi, au point de m'inquiéter pour la suite de la carrière de Kore-eda...

Histoires parallèles
5.4
17.

Histoires parallèles (2026)

2 h 20 min. Sortie : 14 mai 2026. Drame, Thriller

Film de Asghar Farhadi

Arthur Debussy a mis 3/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Une très grande déception. Ce film est plein d'idées (et d'histoires) inabouties. Surtout, les dialogues sont ratés, plats et pas crédibles, l'interprétation de ce casting de luxe est assez mauvaise, et la mise en scène et d'une paresse et d'une fadeur sans nom... Un comble pour un film qui se veut troublant, en allant chasser sur les terres d'Hitchock ou de Kieslowski... Je n'ai pas cru une seule seconde à cette intrigue et à ces personnages mécaniques et artificiels. Et je n'ai vu aucun intérêt à ce film... Ça me fait mal de le dire, mais c'est un très mauvais film, réalisé par un cinéaste que j'aime beaucoup pourtant.