Les meilleures séries de 2019 selon Fwankifael
Une année 2019 peu dédiée à ce support, supplanté de plus en plus par la BD. Deux découvertes pour le moment, mais la clôture de trois grandes séries des années 2010 : Bojack Horseman, Orange is the new black et, évidemment, Game of Thrones.
Edit : les premiers mois de 2020, bien aidés par le confinement, donnent plus de couleur à ce top qui intègre désormais de super trouvailles !
Chernobyl (2019)
1 h 02 min. Date de première diffusion : 7 mai 2019 (France). 1 saison. Drame, Historique, Mini-série
Série HBO
Fwankifael a mis 9/10.
Annotation :
Saison unique (finie le 1er février 2020) : 9,5/10
Franchement, il n'y a qu'une chose qui me retient de ne pas mettre 10/10 à cette fichue série : le choix d'avoir retenu des acteurs anglophones et non russophones.
Pour le reste... c'est parfait. Acteurs, interprétation, rythme, décors, musique, photographie, son, scénario... La plongée dans la catastrophe est cauchemardesque. A mesure que l'on descend dans ses abysses, l'on rencontre la succession d'erreurs individuelles motivées le plus souvent par l'ignorance ou l'égoïsme, la gabegie d'un système politique et économique à bout de souffle, l'inconscience d'une bureaucratie crasse et obnubilée par l'apparence. Mais surtout, surtout, l'horreur face à une technologie qui porte en elle le cataclysme, la petitesse d'un humain qui a creusé trop profond dans les abimes de la connaissance et de la technique et y a découvert la Mort, en pensant pouvoir la dompter.
Savoir qu'une cinquantaine de ces monstres ronronnent paisiblement sur notre petit territoire français me mortifie. Le jour-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom où l'un d'eux en aura marre de jouer au gentil matou, il n'y aura plus d'endroit où se cacher.
Fleabag (2016)
25 min. Date de première diffusion : 21 juillet 2016 (France). 2 saisons. Comédie, Drame
Série BBC Three
Fwankifael a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Saison 2 terminée le 22 novembre : 9/10
Écrite, réalisée et incarnée par une épatante Phoebe Waller-Bridge, "Fleabag" est une série d'autant plus incontournable qu'elle est courte et percutante. Pour comprendre l'enthousiasme suscité par cette série à la fois très drôle et profondément touchante, je vous encourage à lire la critique qu'en a fait l'inévitable Segent Pepper (https://www.senscritique.com/serie/Fleabag/critique/212746055). Je n'ai rien de plus à ajouter que : allez-y.
The Deuce (2017)
59 min. Date de première diffusion : 11 septembre 2017 (France). 3 saisons. Drame
Série HBO
Fwankifael a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Saison 3 terminée le 5 novembre 2021 : 8/10
Critique à venir ?
Succession (2018)
59 min. Date de première diffusion : 4 juin 2018 (France). 4 saisons. Drame
Fwankifael a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Saison 2 terminée le 20 octobre 2020 : 9/10
Si j'avais mes doutes sur la qualité de cette série à l'issue de sa première saison, ceux-ci se sont envolés. Cette nouvelle saison fonctionne à merveille car elle articule une écriture au cordeau des scènes et des personnages et une mise en scène réfléchie, concentrant le déroulé de l'action en des moments clés qu'elle prend le temps de décortiquer. L'absence d'évolution de la temporalité au sein de chaque épisode, qui sont entrecoupés d'ellipses judicieuses, donne en effet toute sa profondeur à l'écriture.
La tension générale de cette saison est parfaitement maîtrisée et les enjeux s'enroulent et se déroulent avec beaucoup d'intelligence et juste ce qu'il faut de sensationnalisme pour demeurer à la fois vraisemblables et prenants. Un regard surprenant est porté sur cette famille, à bien des égards abjecte, mais qui dévoile des moments de complicité d'une rare justesse. Chaque personnage propose complexité, attachement et rejet. C'est diablement efficace.
The Handmaid's Tale : La Servante écarlate (2017)
The Handmaid’s Tale
55 min. Date de première diffusion : 27 juin 2017 (France). 6 saisons. Drame, Thriller, Science-fiction
Série Hulu
Fwankifael a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et la regarde actuellement.
Annotation :
Saison 3 (finie le 18 août 2019) : 8,5/10
Toujours plus loin, toujours plus fort. The Handmaid's Tale remonte après une saison 2 géniale mais qui m'avait laissé sur ma faim. Cette série est clairement en train de se hisser au rang phénomène.
Outre sa réalisation et sa technique éblouissantes, c'est l'iconographie de cette série, prenant une nouvelle ampleur dans cette saison, qui m'impressionne. Les choix de décor, de costumes, de mise en scène, sont d'une justesse et d'une éloquence qui appuient la force du propos. Le scénario parvient toujours à garder un rythme et un renouvellement salutaires, laissant présager le meilleur pour la suite (et fin je l'espère).
Watchmen (2019)
1 h 01 min. Date de première diffusion : 21 octobre 2019 (France). 1 saison. Drame, Fantastique, Mini-série
Série HBO
Fwankifael a mis 8/10.
Annotation :
Saison unique (finie le 24 mars 2020) : 8/10
Je reconnais volontiers ne pas avoir eu la moindre idée d'où je mettais le pieds, ayant à peine entendu parler des comics, du film et du pitch de cette mini-série. Et bien je me serais attendu à tout sauf à cette horlogerie pop, à mi chemin entre un clip de Stupéflip et un remake de Kick Ass.
Horlogerie, c'est le mot. En plus d'être un fil conducteur du récit - qui, je le découvre a posteriori, prend place plusieurs décennies après les comics - il témoigne de l'épatant doigté avec lequel ce show a été monté. Dans un univers très riche, totalement déconnant mais toujours très respectueux de sa propre diégèse, et surtout assez obscur pour le profane que je suis, j'avoue avoir adoré la minutie avec laquelle ses créateurs distillent, au gré d'allers et retours dans le temps et l'espace, les pièces maîtresses de leur intrigue. La réalisation est assez clever, la photographie plus que correcte pour un show de cet acabit et les acteurices excellent.e.s.
Il faut aussi saluer la remarquable innovation de l'uchronie proposée, qui s'appuie sur des évènements historiques (comme ce fameux massacre de Tulsa dont je n'avais pas entendu parler le moins du monde) et sur un contexte social explosif qui n'est pas sans faire écho aux penchants révisionnistes et suprémacistes d'une certaine Amérique.
Euphoria (2019)
1 h. Date de première diffusion : 17 juin 2019 (France). 3 saisons. Drame
Série HBO
Fwankifael a mis 7/10.
Annotation :
Saison 1 terminée le 2 octobre 2020 : 8/10
Malgré un léger trou d'air en milieu de saison, "Euphoria" réussit un pari risqué : proposer une teen-série exigeante dans son scénario, ses prises de position et sa qualité formelle. Ce dernier point frappe d'entrée, tant la photographie, la musique et la mise en scène sont conçus pour rendre originale la création, notamment par rapport à une tradition très lisse, glamour et sans saveur dans ce genre de shows. On sent ici la patte de Drake. Chapeau bas à la narration notamment.
Le premier point ne nous embarque pas non plus dans une grande originalité, se contentant finalement de suivre les tribulations de son héroïne dans un lycée de province américain où sexe, social médias, drogue, alcool et football rythment les journées. L'intérêt réside dans le ton résolument trash du show sur ces sujets, mais aussi de la distance relative observée par l'héroïne à leur égard.
Enfin, "Euphoria" met en scène avec réussite, aidé en cela par le bagout de son héroïne, une réflexion assez poussée sur les dérives du sexe et de la drogue, dans une jeunesse qui n'a décidément rien à voir avec celle proposée dans "Adolescentes", le très beau documentaire de Sébastien Lifshitz. Encore mieux, le flamboyant personnage de Jules, jeune femme trans, est juste fabuleux, et met en lumière le positionnement d'un personnage dans cet univers impitoyable.
BoJack Horseman (2014)
26 min. Date de première diffusion : 22 août 2014 (France). 6 saisons. Animation, Comédie, Drame
Dessin animé (cartoons) Netflix
Fwankifael a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
3 février 2020
Saison 6 : 8/10
Et ainsi se clôt "Bojack Horseman". Cette série, dont l'écriture est d'une rare ambition et finesse, marque selon moi ce qui s'est fait de mieux et de plus attachant sur Netflix, et sans doute l'une des plus belles découvertes de la décennie passée. Sa constance, son innovation, sa profondeur en font un incontournable, non démenti dans cette dernière saison qui vient parachever une sitcom solidement construite et d'une exceptionnelle cohérence au fil des saisons.
Au delà de l'attachement indéniable que j'éprouve pour son héros et pour ses personnages blessés, j'admire les thèmes abordés tout au long du show : la dépression, la résilience, le deuil, la reconstruction... Un vaste éventail de sujets touchy que Bob-Waksberg égrène et fouille avec une grande justesse et énormément d'empathie. Merci beaucoup. Je pleure un peu...
GLOW (2017)
32 min. Date de première diffusion : 23 juin 2017 (France). 3 saisons. Comédie, Drame, Sport
Série Netflix
Fwankifael a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Saison 3 (finie le 15 août 2019) : 8/10
G.L.O.W. n'en finit plus de me plaire. Cette troisième saison prend beaucoup de risques en cultivant un art de la lenteur et de l'ambiance, toujours dans son écrin pop 80s et paillettes. L'enthousiasme bondissant des premiers moments du show laisse la place, chez les personnages, à une quête... du rebond, justement, qui donne l'occasion de creuser certains personnages et surtout d'ouvrir une fenêtre de réflexion plus poussée sur la condition des femmes en général, mais aussi le racisme, l'homophobie et la transphobie.
En regardant ces catcheuses autour d'un feu de camps, se livrer les unes aux autres sans fard et dans une bienveillance unanime, j'ai la bouleversante impression qu'on me tend un miroir de ce que peut être, de ce qu'est sans doute, l'Amérique sans Trump.
10 ans avec Hayao Miyazaki (2019)
10 Years with Hayao Miyazaki
50 min. Date de première diffusion : 24 février 2019 (Japon). 1 saison. Documentaire
Série NHK
Fwankifael a mis 8/10.
Annotation :
Saison unique terminée le 9 juin 2020
J'avais d'abord eu envie de proposer une critique de cette série mais le déconfinement aura eu raison de mes ambitions. Je me contenterai donc d'un commentaire...
Cette plongée très intimiste (sans être particulièrement intime) dans près de dix ans de carrière de Hayo Miyazaki est un must-watch. Non pas parce qu'elle révolutionne notre conception des œuvres du réalisateur japonais ou apporte à l'édifice monumental qu'elles représentent une pierre nouvelle et spectaculaire. Mais parce qu'elle éclaire l'homme derrière le crayon. Et après des années de fantasme sur ses supposées qualités ou ses hypothétiques travers, il était temps d'en révéler un peu plus sur lui.
Arakawa Kaku, réalisateur de ce documentaire au long cours, a dû jouer avec les exigences d'un studio qui avait à cœur de préserver le cadre de travail le plus serein pour ses équipes. Le résultat tient presque de la vidéo amateur mais ce choix par défaut permet de tisser un lien plus étroit avec le sujet. On découvre trois choses essentielles au fil des épisodes : les modes de création du Sensei, sa manière (ses manières plutôt) de faire advenir une œuvre : fascinant ; son rapport au travail et à lui-même, pétri d'exigence et de doutes ; son rapport aux autres, et notamment à son fils, Goro, fait de violence feutrée et de regrets sincères.
Ce témoignage est rare : peu nombreux sont les monstres sacrés à avoir pu être approchés si longtemps et si régulièrement. Il lève un coin sur les raisons du succès de Miyazaki et sur l'inlassable intelligence de ses œuvres.
Mum (2016)
30 min. Date de première diffusion : 13 mai 2016 (Royaume-Uni). 3 saisons. Comédie
Série BBC Two
Fwankifael a mis 8/10.
Annotation :
Saison 3 terminée le 17 janvier 2021 : 8/10
"Mum", c'est finalement une très belle série sur le deuil, la pudeur, l'égoïsme et les chips. Mais sur le deuil surtout et sur toutes les phases qui l'accompagnent, du déni parfois très masculin au chagrin, de la colère à l'acceptation, de la culpabilité à l’apaisement.
J'ai été particulièrement touché par cette galerie de personnages d'une maladresse infinie qui finissent par cerner et accepter leurs blessures, à leur rythme malgré la pression des autres. L'écriture très fine, quoique donnant lieu parfois à une surenchère dans le caractère de Pauline par exemple, repose et c'est efficace (même si immensément frustrant) sur un système de catharsis douce qui n'intervient qu'après de longues séquences de malaise et de tension accumulée.
Enfin il faut aussi saluer une série qui prend pour héroïne une mère de famille de 60 ans qui porte à bout de bras son entourage alors qu'elle est elle-même sous le poids d'un deuil terrible. Qui jamais ne perd son sans-froid devant la charge mentale monstrueuse qu'on lui impose, ni face aux remarques incroyables qu'on lui sort. Et surtout dont Stefan Golaszewski prend le temps de réhabiliter sa capacité et son droit à l'indépendance, au désir et à l'amour.
L'Attaque des Titans 3 : Partie 2 (2019)
Shingeki no Kyojin 3 Part 2
25 min. Date de première diffusion : 28 avril 2019 (France). 1 saison. Guerre, Shōnen, Action
Anime (mangas) NHK
Fwankifael a mis 8/10.
Annotation :
Saison 3 (finie le 17 avril 2021) : 8/10
Je clôture tardivement cette troisième saison de Shingeki no Kyojin, sortie il y a déjà deux ans. Dans la veine des saisons précédentes, le shônen ne lésine pas sur les retournements de situation à l'intensité dramatique consommée, sur fond d'une violence qui ne paraît jamais disproportionnée. Elle ouvre enfin le dernier chapitre d'un récit décidément super bien ficelé. J'en dis pas plus pour le moment.
L'Effondrement (2019)
20 min. Date de première diffusion : 11 novembre 2019 (France). 1 saison. Mini-série, Drame, Anthologique
Série Canal+
Fwankifael a mis 8/10.
Annotation :
Saison unique terminée le 9 mars 2021 : 8/10
A mon assez grande surprise, cette série a reçu un accueil assez mitigé de la part de mes proches. Pas si intéressante, brouillonne, mal réalisée voire agaçante, ainsi seraient les défauts de cette mini-série signée Canal+ qui avait fait parler d'elle à sa sortie par ses trois axes forts : son sujet polémique et éminemment d'actualité, sa production écoresponsable affirmée et sa réalisation coup de poing, en un ou plusieurs plans séquences.
Pour ma part, j'ai été proprement glacé par l'ambiance restituée par "L'effondrement". Les choix audacieux en matière de réalisation (lumière naturelle, image pseudo-amateur, plans séquences, travail sur le hors champs, exploitation de l'espace dans les mouvements caméras) tendent tous à proposer une expérience visuelle au diapason de scènes littéralement post-apocalyptique. L'écriture de chaque épisode est intéressante en ce qu'elle aborde des thématiques, angles de vue et attitudes variées, tout en jouant sur l'autonomie des arcs narratifs. L'entrelacs des personnages que l'on croise et recroise dit aussi la qualité d'un scénario bien rebouclé de bout en bout.
Sur le fond, on peut bien sûr critiquer un parti pris radical, tant dans la forme (choquer, marquer, épouvanter - ça marche très bien) que dans le fond. Je ne crois pas à l'effondrement de nos sociétés. En tout cas pas d'une manière si abrupte qu'elle puisse se compter en J-5 à J+170, sauf à concevoir un conflit nucléaire généralisé, une météorite géante ou un évènement volcanique exceptionnel. Je pense que le capitalisme et les institutions du pouvoir ont développé des modes de résilience insoupçonnés, comme en témoigne d'ailleurs la crise sanitaire que nous vivons aujourd'hui et qui aurait pu, dans l'imaginaire collectif, constituer un effondrement. Le "monde de demain" que nous voulions voir advenir dans la noirceur angoissée du premier confinement n'est pas pour tout de suite.
True Detective (2014)
59 min. Date de première diffusion : 13 janvier 2014 (France). 4 saisons. Policier, Drame, Anthologique
Série HBO
Fwankifael a mis 8/10.
Annotation :
Saison 3 (finie le 18 mars 2020) : 7/10
Cette saison a une grande qualité : elle livre un récit beaucoup plus doux, beaucoup plus nostalgique et plus éthéré que les deux premières. Renonçant à la surenchère scénaristique, Pizzolatto opte pour un récit à tiroir assez proche de la première saison, mais guidé par des héros beaucoup plus humains autour d'une affaire finalement... abstraite. Je n'en dis pas plus.
Cette option, qui permet de proposer une histoire novatrice dans sa manière d'être abordée, et qui n'en rajoute pas sur la nature torturée de ses héros, est très bien portée à l'écran par ses trois personnages principaux, Stephen Dorrf en particulier. Néanmoins, son rythme pâtit un peu de cet aspect contemplatif, moins nerveux et traine parfois en longueur pour un dénouement qui en révèle plus sur les enquêteurs que sur l'affaire elle-même, passée au second plan. Cette gymnastique est inédite et intrigante, mais mieux vaut être bien échauffé.
Mindhunter (2017)
54 min. Date de première diffusion : 13 octobre 2017 (France). 2 saisons. Thriller, Policier, Drame
Série Netflix
Fwankifael a mis 8/10 et la regarde actuellement.
Annotation :
Saison 2 (finie le 3 septembre 2020) : 7,5/10
Une deuxième saison qui, comme bien souvent, souffre de ne plus amener la fraîcheur de la découverte, mais qui demeure à un haut niveau technique et d'exigence. Les acteurs sont toujours aussi fameux.
His Dark Materials : À la croisée des mondes (2019)
His Dark Materials
57 min. Date de première diffusion : 5 novembre 2019 (France). 3 saisons. Action, Aventure, Fantasy
Série BBC One
Fwankifael a mis 6/10 et la regarde actuellement.
Annotation :
Saison 1 (finie le 1er janvier 2020) : 7/10
Grand fan de la trilogie de Philip Pullman devant l'éternel, écœuré par l'adaptation cinématographique de Chris Weitz, j'attendais au tournant ce nouvel essai, signé qui plus est par Jack Thorne, coauteur du mauvais "Harry Potter et l'enfant maudit".
Bonne nouvelle, il y a un fossé immense entre cette série et le navet de Weitz. "His dark Materials" est très fidèle au livre - sauf pour ce qui est du respect de l'état technologique du monde de Lyra ou de certains éléments de décor ou d'accessoire. Les ambiances visuelles et sonores, le jeu d'acteurices, le rythme de la série m'ont convaincu.
Le casting était déterminant et il fait plutôt mouche. Pourtant, la série ne parvient pas à rendre complètement le souffle des "Royaumes du Nord". J'attends la suite sans m'enflammer.
Dark (2017)
51 min. Date de première diffusion : 1 décembre 2017 (France). 3 saisons. Science-fiction, Policier, Drame
Série Netflix
Fwankifael a mis 6/10.
Annotation :
Saison 2 terminée le 17 septembre 2020 : 7,5/10
Bon elle s'embobine plutôt pas mal. Les rouages scénaristiques réservent toujours des rebondissements à la fois attendus et surprenants (l'équilibre est bon) et la juxtaposition de couches de complexité est suffisamment bien dosée pour pas nous perdre à chaque épisode.
Évidemment, le genre appelle un emballement scénaristique qui pointe progressivement le bout de son nez, avant de carrément faire irruption dans la salle en dansant la gigue lors du fameux cliff-hanger de fin de saison.
Finalement, l'intérêt de la série repose pour le moment sur le fonctionnement parfaitement huilé d'une intrigue tragique. Le jeu autour du temps permet de lier épouvantablement chaque personnage à son destin.
The Witcher (2019)
1 h. Date de première diffusion : 20 décembre 2019 (France). 4 saisons. Aventure, Fantasy, Action
Série Netflix
Annotation :
Saison 1 terminée le 6 août 2023 : 6/10
Évidemment, pas facile de faire sa place au milieu des Game of Thrones et autres Anneaux de pouvoir quand on cherche à percer dans le genre de l'Heroic fantasy sur petit écran. C'est que ces deux séries référence (et leurs désormais spin-off) ont la chance de s'appuyer sur des romans internationalement reconnus et bénéficient d'une large communauté de fans et d'une profondeur historiographique plus difficile à mobilier dans l'adaptation d'un jeu vidéo, lui-même inspiré d'une sombre saga HF polonaise.
Et de fait, la lacune première de The Witcher est bien de manquer de profondeur et de cohérence. Le récit fait certes la part belle aux intrigues politiques sur fond de querelles entre royaumes mais le profane que je suis ne manquera pas de se perdre dans le dédale des noms de princes et de domaines sans réel ancrage territorial ou identité propre, d'autant que cette première saison entretient - avec un certain succès reconnaissons-le - plusieurs timelines déployées en parallèle.
La série souffre par ailleurs jusqu'à présent d'un déséquilibre dans l'intérêt entre ses trois arcs narratifs : la fuite miraculeuse d'une princesse qui ne sait rien du monde ou de sa destination mais qui s'en sort indemne d'un côté (pas vraiment convaincu par cet arc) et le récit choisi des aventures du héros sorceleur ou de la magicienne. Ces deux derniers arcs, d'abord hoquetants, finissent par se révéler assez chouette, relativement économes en moyens visuels et plutôt catchy, en raison notamment de la romance que le Loup blanc entretient avec la magnétique sorcière Yennefer. La série tire aussi profit d'un cadre assez libre, qui donne profusion de bestioles et de situations dans une timeline étirée sur plusieurs années, ce qui permet quelques élipses pratiques et bienvenues.
Dernière qualité enfin, qu'il m'aurait arraché la bouche de reconnaître avant : Henry Cavill est vraiment super dans ce rôle de taiseux sans émotions, lui qui n'est jamais convaincant dans aucun autre rôle réclamant un minimum d'interprétation.
Veep (2012)
30 min. Date de première diffusion : 25 septembre 2012 (France). 7 saisons. Comédie
Série HBO
Fwankifael a mis 6/10.
Annotation :
Saison 7 terminée le 25 mai 2021 : 6,5/10
Veep est une étrange série, décidément. Remarquable de constance, elle propose presque à l'infini une déclinaison de sketches mettant en lumière d'infimes variations dans l'expression de ses personnages, tous plus drôles les uns que les autres. Plus que la symphonie d'ensemble, qui ronronne globalement d'une saison à l'autre au gré des déconvenues électorales de son héroïne, c'est la partition de chaque personnage - et l'interprétation des acteurices, manifestement ravis - qui donne son sel à cette série.
La plupart surfent sur une veine sarcastique désopilante, bien souvent en-dessous de la ceinture, et extrêmement critique d'une caste politique machiste, désabusée et manipulatoire. Au milieu du cynisme ambiant, avec des personnages parfois aux limites de l'exercice entre portrait acide et caricature (pensez à Jonah Ryan dans les dernières saisons), les dernières saisons ont le mérite d'introduire le personnage de Richard, havre de bienveillance candide au milieu de ce monde de brutes
Le manque d'ambition de l'écriture dans sa trame principale - ou la durée du show - sera finalement son inconvénient majeur mais j'ai passé dans l'ensemble de bons moments à voir échouer ces incapables magnifiques de prétention et d'absurdité.
Orange Is the New Black (2013)
1 h. Date de première diffusion : 15 septembre 2014 (France). 7 saisons. Comédie, Policier, Drame
Série Netflix
Fwankifael a mis 7/10.
Annotation :
Saison 7 (finie le 28 août 2020) : 6/10
Ainsi se clôt, enfin, une belle aventure amorcée il y a 7 ans. Il était temps, je l'ai déjà dit au moins lors des deux saisons passées, d'en finir. Mais ce n'est pas sans une certaine nostalgie.
Encore une fois, cette saison - toujours plaisante à découvrir - jongle entre le rabâché et le surprenant, qu'incarne ce virage militant du côté des camps de détention et d'extradition des sans-papiers mis en place par Trump.
Au final, OITNB aura marqué une page assez essentielle, drôle, touchante et intersectionnelle, dans le paysage télévisuel américain : féminisme, homosexualité, transexualité, racisme et xénophobie, conditions de détention et de réinsertion, violences faites aux femmes, exposition aux drogues, etc. Il n'est pas beaucoup de sujets qui aient échappé à l'oeil aiguisé et bienveillant de Jenji Kohan. Pour ça, bravo.
Stranger Things (2016)
53 min. Date de première diffusion : 15 juillet 2016 (France). 5 saisons. Fantastique, Épouvante-horreur, Drame
Série Netflix
Fwankifael a mis 7/10.
Annotation :
Saison 3 (finie le 15 juillet 2019) : 6/10
Passé le choc de la première saison, "Stranger Things" semble retrouver la place qui est la sienne. L'énorme travail esthétique réalisé sur cette très belle série ne permet plus de combler le vide laissé par un scénario qui, selon les mots de ma soeur, se résume à "fermer une porte".
La fraicheur de l'ambiance eighties et des personnages est en revanche toujours efficace même si j'ai peu aimé l'écriture du personnage d'Eleven ou l'arc de Nancy. Bref, j'ai passé un bon moment mais il est grand temps de changer l'assaisonnement de la sauce...
Rick et Morty (2013)
Rick and Morty
23 min. Date de première diffusion : 9 octobre 2015 (France). 9 saisons. Animation, Aventure, Comédie
Dessin animé (cartoons) Adult Swim
Fwankifael a mis 7/10 et la regarde actuellement.
Annotation :
Saison 4 (finie le 11 août 2021) : 5/10
En fait, même si j'ai une certaine affection pour la série, que je trouve dans l'ensemble rigolote quoique un peu fouillis, et beaucoup d'admiration pour Dan Harmon, je constate que R&M a un grand défaut de clarté dans son écriture globale, voire un défaut d'écriture tout court - ou alors je suis passé à côté de quelque-chose.
Je m'explique. Si on prend "Bojack Horseman", au-delà des sketches et arcs narratifs propres à chaque épisode, caractéristiques de la sitcom, la série déploie un véritable sens au fil des saisons, creuse les enjeux de ses personnages et propose une intrigue continue, riche et foisonnante autour de la reconstruction et de l'acceptation de soi. Je ne vois aucune cohérence d'ensemble, aucun schéma narratif à R&M. Des intrigues durables sont bien régulièrement amorcées mais très vite abandonnées. Les personnages n'évoluent pas. C'est... dommage.
Love, Death & Robots (2019)
17 min. Date de première diffusion : 15 mars 2019 (France). 4 saisons. Animation, Science-fiction, Fantastique
Dessin animé (cartoons) Netflix
Fwankifael a mis 7/10 et la regarde actuellement.
Annotation :
Saison 1 terminée le 13 janvier 2022 : 5/10
Franchement j'adore le concept anthologique de cette série, suis particulièrement impressionné par la qualité visuelle des créations mais alors cette première saison est quand même hyper stéréotypée et fait preuve d'un sexisme édifiant. Parmi la grosse quinzaine d'épisodes que compte cette première saison, et à de rares exceptions près dont le notable et inspirant "Zima blue", la grande majorité nous montre à voir le même environnement fait de soldats ou mercenaires engagés dans des scènes d'action démonstratives face à des robots, des monstres ou des aliens et dépourvus de toute écriture des enjeux. Les personnages y sont la plupart du temps caricaturaux. Le pire réside dans l'écriture des personnages féminins, déjà rares, mais quasi systématiquement utilisés à des fins sexuelles.
Je n'ignore pas que la SF, les univers fantastiques ou d'épouvante restent dans leurs grandes lignes des bastions des stéréotypes de genre, pour ne pas dire de la banalisation de la violence faite aux femmes. Mais il y a quand même derrière les équipes créatrices une production qui devrait être sensible à ces enjeux là (David Fincher par exemple) et qui faute clairement ici. Heureusement, pour avoir terminé la saison 3 avant la saison 1 (merci Netflix), j'ai pu constater que ce biais avait été corrigé pour le mieux.
Game of Thrones (2011)
52 min. Date de première diffusion : 5 juin 2011 (France). 8 saisons. Fantasy, Drame, Aventure
Série HBO
Fwankifael a mis 7/10.
Annotation :
Saison 8 (finie le 20 mai 2019) : 4/10
Tant et rien à dire de cette ultime saison qui enterre nos espoirs et notre confiance en même temps qu'une saga mythique. La lente dérive scénaristique du show depuis quatre saisons trouve ici son apogée qui se manifeste par d'inacceptables renoncements dans la diégèse du monde et la cohérence des personnages créés par Martin. Seuls l'épisode 2 dans son esprit familial et attachant et l'épisode 5, à nouveau vibrant, sauvent les fondations d'un trône définitivement fondu. Ces deux épisodes et, reconnaissons-le, un gros travail sur l'esthétique et le son tout au long de la saison.
Mais au-delà de l'intenable position des showrunners entre le marteau HBO et l'enclume des fans, saluons tout de même la fin d'une époque qui aura vu émerger un objet télévisé à nul autre pareil, immensément populaire et rendons lui un hommage qui fut, un temps, amplement mérité.



























