Liste de

10 séries

créée il y a 4 mois · modifiée il y a 2 mois
Squid Game 3
5.9
1.

Squid Game 3 (2025)

Ojingeo Game 3

55 min. Date de première diffusion : 27 juin 2025 (France). 1 saison. Thriller, Action, Drame

Drama Netflix

Alfred Tordu a mis 9/10 et a écrit une critique.

Bref.2
7.9
2.

Bref.2 (2025)

35 min. Date de première diffusion : 14 février 2025 (France). 1 saison. Comédie, Comédie dramatique

Série Disney+

Alfred Tordu a mis 8/10 et a écrit une critique.

Adolescence
7.5
3.

Adolescence (2025)

1 h. Date de première diffusion : 13 mars 2025 (France). 1 saison. Drame, Policier, Thriller

Série Netflix

Alfred Tordu a mis 8/10.

Annotation :

Loin d’être une simple coquetterie de mise en scène comme j’ai pu le lire dans certaines critiques, la réalisation en plan-séquence restitue l’intensité de situations que nous avons tous déjà vus dans d’innombrables séries policières auparavant, mais sans jamais les ressentir avec un tel sentiment d’authenticité.

Adolescence embrasse le temps long d’une arrestation musclée, avec tout ce qu’elle comporte de violence et d’incompréhension pour les concernés. La longue attente dans les couloirs du commissariat, avant un interrogatoire éprouvant d’une vingtaine de minutes ; ainsi que la longueur d’un entretien fleuve entre le suspect et sa psychologue, qui s’étend sur une heure d’échanges à la fois amicaux, tendus et faussement anodins. Mais la série utilise également son dispositif pour dépeindre, à la manière de Gust Van Sant dans Elephant, le microcosme scolaire dans lequel évoluait l’adolescent, lui-même empreint dune certaine violence pouvant en partie expliquer les raisons du crime. Chaque épisode est une pièce de théâtre à lui tout seul, ce qui nécessite un fort investissement de la part des interprètes qui sont, de fait, totalement habités par leurs personnages.

Seul le dernier épisode est un peu en dessous du reste, dans la mesure où le dispositif ne me semble pas adapté pour raconter la reconstruction de la famille et la remise en question des deux parents quant à leur possible responsabilité dans cette affaire. Ce n’est pas quelque chose qui peut réellement s’observer sur une heure en temps réel, mais plutôt sur des mois, voire des années entières. Or, pour aborder ce sujet avec leurs contraintes esthétiques habituelles, les scénaristes ont été obligé de faire subir à la famille une journée cauchemardesque, durant laquelle toutes les épreuves qu’ils sont censés traversés en plusieurs mois leur tombent dessus en seulement 60 minutes, ce qui amène fatalement à des situations plus artificielles.

Et c’est fort dommage pour une série qui brille justement par sa justesse d’écriture, dressant sans manichéisme le portrait d’une jeunesse contemporaine qui, malgré les avancées de metoo, reste fortement empreint de masculinité toxique. Que ce soit au sein de la sphère familiale, du milieu scolaire ou des réseaux sociaux, terreau fertile de contre-culture masculiniste à laquelle les jeunes garçons sont facilement exposés.

Gagné ou Perdu
7.1
4.

Gagné ou Perdu (2025)

Win or Lose

20 min. Date de première diffusion : 19 février 2025 (France). Animation, Comédie

Dessin animé (cartoons) Disney+

Alfred Tordu a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Je remercie GagReathle sans qui je n’aurais peut-être pas regardé ce programme, et que je vous conseille également de voir à l’aveugle, pour préserver le plaisir de sa découverte.

Depuis le temps que je cherchais une série qui embrasse le point de vue d’un personnage différent à chaque épisode. Je n’avais pas revu un tel procédé depuis Skins, alors que c’est l’une des grandes possibilités permises par le medium.

Pixar qui excelle toujours dans l’art de mettre en images des sentiments abstraits, utilise à merveille les spécificités de ce format pour développer une galerie de personnages aux caractères disparates, mais tous traversés par de fortes angoisses intérieures. La série regorge d’ingéniosité pour matérialiser les frayeurs des uns et des autres et la façon dont chacun essaye de les gérer, ce à travers des idées toutes simples, mais tellement évocatrices pour tous spectateurs de 7 à 117 ans.

Dénuée de tout manichéisme, Gagné ou Perdu nous invite au contraire à ne pas juger trop hâtivement ses congénères, dont les comportements dissimulent parfois des névroses tout aussi envahissantes que les nôtres. On se surprend alors à être en empathie pour des personnages qu’on avait pourtant détestés au premier abord, simplement parce que la série nous a obligé à s’y intéresser et à revoir certains évènements sous leur prisme.

Aussi, malgré une résolution un peu facile et légèrement bâclée, je trouve le programme très original et vraiment réussit dans tout ce qu’il entreprend. Preuve que le studio a encore de belles choses à nous proposer si, bien sûr, on lui en donne les moyens.

Monstre : L'histoire d'Ed Gein
6.1
5.

Monstre : L'histoire d'Ed Gein (2025)

Monster: The Ed Gein Story

55 min. Date de première diffusion : 3 octobre 2025 (France). 1 saison. Anthologique, Policier, Thriller

Série Netflix

Alfred Tordu a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Si aujourd’hui, les exactions d’Ed Gein peuvent être vues comme les conséquences d’une maltraitance parentale traumatisante, d’une dysphorie de genre refoulée ou d’une schizophrénie non-traitée ; elles sont longtemps restées inexplicables pour cette Amérique puritaine qui s’était épargner les horreurs de la seconde guerre mondiale. Et à l’instar de Ed, fasciné par les crimes de la nazie Ilse Koch envers les juifs, et qui s’évertua lui aussi à confectionner des objets en chaire humaine, comme pour rationaliser cette vision d’horreur absolue ; plusieurs artistes américains vont se réapproprier son histoire ; donnant ainsi naissance à un nouveau cinéma d’horreur, plus violent et ancré dans le réel, avec un nouvel archétype de monstre aussi terrifiant que tout le bestiaire de la hammer, car 100% humain.

Le parcours d’Ed Gein est sans cesse mit en parallèle avec tout ce qu’il a pu engendrée ; de Psychose au Silence des Agneaux, en passant par Massacre à la Tronçonneuse ; mais aussi plus généralement avec l’imagerie du tueur en série qu’il a contribué à façonner. D’où ce dernier épisode surréaliste où Ted Bundy, Birdman ou Charles Manson ; témoignent leur admiration pour le boucher de Plainfield, faisant presque office de père spirituel pour eux. On a même droit à un improbable mais judicieux crossover avec Mindhunter, dont le traitement réaliste et analytique des serials killers a fait évoluer leur représentation dans la fiction ricaine.

On est à des années lumières du true crimes racoleur et voyeuriste que certains décrivent sans prendre la peine de dépasser le premier épisode. Rares sont les œuvres de ce type à remonter aux origines d’un mythe fondateur pour raconter ce qu’il était initialement, montrer ce qu’on a pu faire de lui et questionner par la suite son héritage culturel. Et c’est justement cette approche mythologique qui donne tout son intérêt à la série.

Mon seul reproche concerne le personnage d’Adeline Watkins, dont les scénaristes ont complètement romancé son importance dans la vie de Gein, au point de lui faire occuper la quasi totalité d’un épisode et d’en faire une complice du tueur, allant même jusqu’à le pousser à la nécrophilie ce que, à notre connaissance, il na jamais pratiqué. Je n’en vois pas intérêt dans la mesure où elle atténue la solitude du schizophrène et le rend même plus glauque qu’il ne l’était réellement. Son arc m’apparaît surtout comme du remplissage dispensable.

The Studio
7.4
6.

The Studio (2025)

35 min. Date de première diffusion : 26 mars 2025 (France). 1 saison. Comédie

Série Apple TV+

Alfred Tordu a mis 7/10.

Annotation :

Saison 1 : 7/10

Une sorte de Dix Pour Cent à l’américaine, dévoilant les coulisses du cinéma à travers ses artisans de l’ombre et pointant avec drôlerie tous les travers récents de l’industrie. C est assez malin d’avoir fait du rôle principal un authentique passionné voulant sérieusement bien faire, mais dont l’idéalisme sera sans cesse rattraper par la réalité de production. On conserve ainsi une certaine sympathie pour le personnage et sa clique, malgré le nombre de conneries abyssales qu’ils peuvent faire à la minute.

Aussi, contrairement à son cousin français, j’apprécie que la série ne s’embourbe pas dans un milliard de sous intrigues dispensables. Chaque épisode se limitant à une histoire indépendante allant de 20 à 50min selon ses besoins, afin d’éviter toute longueur.

En revanche, la réalisation en plans-séquences ne se justifie pas vraiment, hormis pour l’épisode qui en fait son sujet. Mais cela permet au moins une implication totale des comédiens qui de fait, vivent chaque situation avec une intensité palpable.

Pluribus
7.5
7.

Pluribus (2025)

45 min. Date de première diffusion : 7 novembre 2025 (France). 1 saison. Drame, Science-fiction

Série Apple TV

Alfred Tordu a mis 7/10.

Annotation :

Saison 1 : 7/10

Perçue à tort comme une satire du wokistan par les droitardés, ces derniers l’ont vite désavoué quand ils se sont aperçus que la série en était le contraire.

Car si dans un premier temps, on adhère au point de vue de Carole, voyant cette révolution comme la fin de l’humanité et luttant ardemment pour un retour à la normal ; l’écrivaine égotiste finit par apparaître comme la véritable antagoniste de l’histoire. Son entêtement à vouloir faire tomber une société qu’elle est pratiquement la seule à rejeter, cause finalement plus de morts et de souffrance que celles provoquées par l’infiltration du virus.

Plus la série avance, plus elle nous invite à remettre en question l’individualisme de son (anti)héroïne, prête à tout pour sauvegarder son petit confort bourgeois, là où ses congénères, construisent un nouveau monde, plus respectueux de la nature et du bien commun.

Et n’en déplaise à ses détracteurs, c’est justement parce que Pluribus prend le temps de faire exister ses situations, que l’on en vient à questionner le bien fondé de notre modèle individualiste. C’est en insistant longuement sur toute l’organisation nécessaire pour permettre à Carole de faire ses courses dans un supermarché au milieu de vrais gens, que l’on prend conscience des moyens mis en place pour satisfaire nos besoins de consommateurs occidentaux. C’est en mettant l’emphase sur la solitude de Carole dans l’épisode 7, laissée à elle-même dans un Albuquerque vide, avec un répondeur automatique comme unique présence “humaine” ; que l’on peut intimement ressentir sa souffrance et constater à quel point nous avons besoin des autres pour exister.

Cela n’empêche pas la série de pointer aussi du doigt les travers de ce modèle collectiviste, entièrement tourné vers le bien commun et dénué de toute pluralité. Mais est-ce que ça donne le droit à Carole de mettre à mal une société qui fonctionne très bien comme elle est ?

Tout cela rend la suite assez incertaine et j’ai hâte de découvrir ce que Gilligan et son équipe nous ont concocté pour la Saison 2. Ça fait du bien de voir un programme aussi original, à contre-courant de tout ce qui se fait ailleurs.

Long Story Short
7
8.

Long Story Short (2025)

26 min. Date de première diffusion : 22 août 2025 (France). 1 saison. Comédie

Dessin animé (cartoons) Netflix

Alfred Tordu a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Encore une réussite pour Netflix qui produit décidément les meilleures séries du moment. Leur dernière pépite est l’œuvre de Raphaël Bob-Waksberg, papa de Bojack Horesman, qui signe une nouvelle sitcom animée aux situations cartoonesques, mais dont les personnages sont à nouveau habités par des problématiques très humaines.

Impossible de ne pas s’identifier à au moins un ou deux membres de cette hilarante famille dysfonctionnelle que l’on suit avec plaisir sur une trentaine d’années.

L’absence de continuité chronologique entre les épisodes apporte également un vrai plus à la série. Nous invitant à reconstituer l’histoire familiale des Feldman, à travers des éléments épars, distillés ça et là au cours des intrigues. De fait, beaucoup d’évènements importants resteront hors champ pour mieux se concentrer sur leur origine ou leurs répercutions. A l’image de la matriarche, dont on ne verra jamais le décès, même si il sera énormément évoqué dans les épisodes se déroulant après le drame. Une narration originale, permettant à la fois de traiter les personnages par de petites tranches de vie, tout en observant leurs évolutions sur le long terme.

Black Mirror
8
9.

Black Mirror (2011)

50 min. Date de première diffusion : 1 mai 2014 (France). 7 saisons. Anthologique, Science-fiction, Thriller

Série Netflix, Channel 4

Alfred Tordu a mis 6/10.

Annotation :

Saison 7 : 7/10

Comeback réussit pour la dernière saison de Black Mirror qui, sans atteindre le niveau des premières, revient toutefois avec une solide fournée de très bons épisodes, tous en phase avec les préoccupations de leur époque.

On commence fort par une hilarante métaphore sur la merdification des plateformes numériques, poussant jusqu’à l’absurde une logique mercantile ne pouvant aboutir qu’à l’asservissement de ses utilisateurs, contraints de devenir eux-mêmes objets de consommation ou panneaux publicitaires ambulants.

Le second épisode illustre à merveille le concept de “gaslithing” au cours d’une intrigue rondement menée, même si l’on peut facilement deviner son twist au premier changement dans la matrice. La modif est un peu trop importante pour nous laisser entrevoir autre chose qu’un élément fantastique.

Les épisode 3 et 4 abordent quant à eux avec pertinence notre rapport à l’IA générative. L’un sous le prisme du thriller psychologique, l’autre sous l’angle du drame romantique. Mention spéciale pour ce dernier, dont la réussite doit beaucoup à Emma Corrin (la Lady Di de The Crown), pastichant avec talent le jeu si particulier des actrices britanniques de la première moitié du XXème siècle, tout en restant suffisamment naturel pour rendre son personnage crédible et attachant.

L’épisode 5 déçoit par le traitement cul cul et simpliste de son sujet, mais il est largement rattrapé par le final, suite inattendue à USS Calister, qui réussit à exploiter encore plus intelligemment le concept de base, à travers une aventure spatiales des plus palpitante.

Astérix & Obélix : Le Combat des chefs
7.3
10.

Astérix & Obélix : Le Combat des chefs (2025)

36 min. Date de première diffusion : 30 avril 2025 (France). 1 saison. Mini-série, Animation, Aventure

Dessin animé (cartoons) Netflix

Alfred Tordu a mis 6/10.

Annotation :

A l’instar du Domaine des Dieux, adapté par Astier une décennie plus tôt, Chabat reprend fidèlement l’intrigue d’origine, y greffe ses propres conneries et tente d’y apporter plus de consistance dramaturgique, notamment par le biais d’un dernier acte inédit, faisant office de climix final. Mais si l’humour de l’ex nul se marie toujours aussi bien avec celui de Goscinny, nous gratifiant une nouvelle fois d’une pléthore de gags absurdes et référencés dont il a le secret, ce dernier est toujours beaucoup moins à l’aise dès quand il s’agit de générer du conflit, de l’enjeu ou de la tension. Aussi, la dispute entre nos deux gaulois paraît terriblement artificielle, de même que la phobie sociale d’Obelix, qui me semble en totale contradiction avec la psyché du personnage et fait surtout office de facilité narrative pour renverser la situation à la faveur des romains lors de l’avant dernier épisode.

Par ailleurs, même si l’équipe d’animation s’est amusée avec des effets de style à la Spiderverse, mais dans une esthétique de BD typiquement franco-belge ; ces derniers ne constituent qu’un habillage sympathique apparaissant sporadiquement au cours de la série. La réalisation en elle-même m’apparaît en revanche beaucoup moins précise et aboutie que dans les deux précédentes adaptations animées de Louis Clichy, empêchant ainsi à cette aventure d’atteindre le souffle épique visiblement recherché par son réalisateur.

Je ne comprends pas non plus l’intérêt de cet épisode prequel, tant il semble décorrélé du reste, autant au niveau de l’intrigue que de humour. Comme si Netflix avait forcé Chabat à faire une sorte de pilote pour le public étranger qui ne connaîtrait pas la licence. Mais si tel est le cas, celui-ci ne lui fait certainement pas honneur.

Hormis ses quelques désagréments, la série vaut largement le coup d’œil pour la passion qui en émane et l’inventivité comique qui s’en dégage. Chabat n’est de toute façon jamais aussi bon que lorsqu’il laisse libre cours à son imagination débordante et incite ses fidèles collaborateurs à faire de même. C’est cet esprit là qui faisait déjà le charme de Mission Cléopâtre et que l’on retrouve ici avec grand plaisir.

Alfred Tordu

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