Les meilleurs films avec Bourvil selon abscondita
Bourvil (André Raimbourg, 1917-1970) fut un acteur et chanteur français apprécié pour sa bonhomie, sa tendresse et son humour. D’abord remarqué dans des rôles comiques de naïfs au grand cœur, il sut aussi s’imposer dans des registres plus dramatiques, notamment dans La Traversée de Paris (1956). Populaire sur plusieurs générations, il mena de front cinéma, théâtre et chanson, marquant la culture française par son humanité et sa simplicité.
" Des Bourvil, il y en a plein. Le truc, c’est que personne ne s’en rend compte." (Bourvil)
La Grande Vadrouille (1966)
2 h 04 min. Sortie : 8 décembre 1966 (France). Comédie, Guerre
Film de Gérard Oury
abscondita a mis 9/10.
Annotation :
Danièle Thompson, co-scénariste de La Grande vadrouille a expliqué que le tournage a été difficile car Bourvil et Funès avaient un rythme différent. « Bourvil était en grande possession de ses moyens et ça partait d’un coup« , alors que Louis de Funès avait besoin de se chauffer progressivement. « Le grain de folie se mettait en route après plusieurs prises. Donc ça obligeait Bourvil à faire d’autres prises alors qu’il les avait formidablement bien réussies tout de suite. Sur le tournage, c’était compliqué.«
« quand Bourvil avançait dans son rôle, où il était excellent au début, il se détériorait à mesure que De Funès se perfectionnait. » Bourvil était donc excellent immédiatement, alors que de Funès l’était un peu moins. Cette dynamique différente a donc ralenti le tournage du film, puisque les deux personnages partageaient presque toutes les scènes à l’écran. Les scénaristes ont voulu faire en sorte que les deux acteurs soient ensemble et que ces deux personnages, qui n’avaient rien à voir l’un avec l’autre, soient collés pendant tout le voyage. Ces différences de jeu obligé Bourvil, à répéter de nouvelles scènes qu’il avait parfaitement exécutées la première fois.
Le Corniaud (1965)
1 h 51 min. Sortie : 24 mars 1965 (France). Comédie, Policier, Road movie
Film de Gérard Oury
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
" C’est Louis de Funès, qui jouait la seule scène comique de mon film Le Crime ne paie pas, qui m’a décidé à tourner Le Corniaud. J’ai raconté mon scénario à Louis et André, et ils ont tous deux signé sans avoir rien lu." (Oury)
La Traversée de Paris (1956)
1 h 20 min. Sortie : 26 octobre 1956. Comédie dramatique, Historique
Film de Claude Autant-Lara
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Le film est directement adapté d’une nouvelle de Marcel Aymé intitulée Traversée de Paris, parue en 1947 dans le recueil Le Vin de Paris.
Le réalisateur, Autant-Lara, obtient la participation de Gabin en tête d'affiche et tient absolument à avoir Bourvil. Il sait que ce ne sera pas facile car Marcel Aymé ne s'est pas privé de critiquer ouvertement Bourvil lors d’une précédente adaptation d’un de ses textes, Le Passe-muraille. Il écrit une lettre cinglante au réalisateur :
— Vous savez aussi bien que moi que Bourvil est à l’opposé du rôle et je ne dis rien de ses qualités d’acteur. J’entends bien qu’il s’agit de faire commercial à tout prix et de tourner la chose en grosse guignolade, mais je ne crois pas que ce soit là un bon calcul. Bourvil pourra y aller de toutes ses bonnes ficelles dans le rôle de Martin, il ne sera qu’insignifiant. Il va sans dire que mon nom ne paraîtra pas au générique. En outre, je me réserve de dire dans la presse ce que je pense de cette petite mésaventure dont vous serez la victime aussi bien que moi.
Mais Autant-Lara décide de tenir bon et de rester fidèle à son choix premier. La suite lui donnera raison.
Le Cercle rouge (1970)
2 h 20 min. Sortie : 20 octobre 1970 (France). Policier, Thriller, Drame
Film de Jean-Pierre Melville
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
"Il apporte à mon histoire un élément d’humanité que je n’avais pas imaginé." (Melville)
"Je n’aurais jamais eu l’âme d’un commissaire. C’est un métier que je n’aurais pas aimé faire !" (Bourvil)
Atteint d'un cancer, Bourvil continue de suivre son traitement. Les rayons au cobalt l’épuisent, mais il tâche de faire bonne figure. De temps à autre, Jean-Pierre Melville, lui lance un petit : « Ça va ? » auquel Bourvil répond invariablement : « Je suis en pleine forme. »
Le film sortira un mois après la mort de l'acteur. Comme un hommage Jean-Pierre Melville demande à ce que sur le générique apparaisse le nom « André Bourvil ». Un prénom qui sonne comme un anoblissement. Le Nouvel Observateur écrira : — Bourvil est excellent. Melville le « bleuit » alors qu’on a trop souvent fait de ce comédien un acteur rougeaud.
Le Cerveau (1969)
1 h 55 min. Sortie : 7 mars 1969 (France). Comédie, Policier
Film de Gérard Oury
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Le scénario du Cerveau, co-écrit par Gérard Oury, Danièle Thompson et Marcel Jullian, s'appuie sur deux événements réels, l'attaque du train postal Glasgow-Londres, d'une part, et le déménagement de l'OTAN à la suite de la sortie de la France de l'organisation, d'autre part. Selon Oury, « L'idée de base était d'intégrer deux nigauds dans un remake du vol du train postal fait par des spécialistes. ».
« Quand j’étais encore inconnu, j’avais rencontré Bourvil sur Un drôle de dimanche où je devais jouer de la trompette, et comme je n’ai aucun sens de la musique, ça l’amusait beaucoup de me voir m’embrouiller les doigts sur cette pauvre trompette. Sur le Cerveau, Bourvil adorait raconter des blagues idiotes avec ce rire formidable... Plus les blagues étaient énormes, plus il se roulait par terre ! C’était un acteur complet qui adorait déconner. » Quelques mois plus tard, Belmondo reconnaîtra pourtant que le Cerveau avait été « une expérience de superproduction [...] et que sur le plan du plaisir de l’acteur, ce n’[était] pas tellement passionnant. On se sent en effet un peu trop au service de la mécanique, du gag visuel, et les acteurs sont étouffés par l’énorme budget. [...] Je préfère les films où les personnages doivent exister vraiment. » Et d’évoquer son personnage dans l’Homme de Rio, « auquel le spectateur pouvait s’attacher ».
'Il n’y a jamais d’histoires avec Belmondo, il est toujours de bonne humeur. C’est agréable." (Bourvil)
Les Misérables (1958)
3 h 37 min. Sortie : 12 mars 1958 (France). Drame
Film de Jean-Paul Le Chanois
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
C'est Gabin qui aurait proposé son ami Bourvil pour ce rôle.
" C’est le seul rôle de méchant que j’ai consenti à jouer dans ma carrière. Durant le tournage, un soir, un machiniste me frappe sur l’épaule et me dit : « Ce n’est pas un rôle pour toi, Bourvil, on n’y croit pas, tu es trop bon. »" (Bourvil)
Il dira de son personnage : "C’est la misère qui l’a fait ce qu’il est. S’il n’avait pas connu cette pauvreté atroce et cette malchance persistante, l’homme aurait été différent."
Bourvil prend son rôle tellement à cœur que, lors d’une scène où il fait face à Gabin, le menaçant d’un tisonnier, Gain lui lance : — André, fais pas le con, c’est que du cinéma !
Fortunat (1960)
2 h 01 min. Sortie : 16 novembre 1960. Comédie dramatique, Guerre
Film de Alex Joffé
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
"J’ai fait ce film parce que Bourvil existe. Oui, sans lui, il n’aurait pas vu le jour. Il vient d’interpréter des rôles de composition étonnants, mais j’affirme que l’on ne connaît pas Bourvil tant que l’on n’a pas vu Fortunat." (Alex Joffé)
Le Miroir à deux faces (1958)
1 h 36 min. Sortie : 15 octobre 1958. Drame
Film de André Cayatte
abscondita a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Michèle Morgan racontera dans ses mémoires un épisode particulièrement marquant du tournage. Il s’agit en fait de la dernière scène du film, où Bourvil rentre chez lui ivre et donne un spectacle pathétique. La scène est très difficile à jouer.
— Il va interpréter sa grande scène d’ivresse. Cayatte vient de lui indiquer « ses places », elles sont compliquées : l’instituteur est soûl de chagrin et d’alcool, la beauté de sa femme a brisé leur couple. Il lui en veut, la hait et l’aime. Bourvil doit se cogner contre les meubles, un circuit précis et complexe, insulter Marie-José, pleurer et faire rire à la fois. L’extraordinaire clavier dont dispose le comédien lui permet tout. Mais pour ceux qui connaissent les difficultés mécaniques du cinéma, ce genre de scène est un exploit. Sur le plateau règne un silence religieux. Du machino au producteur, tous sont conscients de la difficulté, de la concentration qu’exige ce plan. « Moteur. » La scène n’aura besoin que d’une seule prise. « Coupez », ordonne Cayatte. Alors, fait exceptionnel, du haut des passerelles, du fin fond du plateau, des applaudissements jaillissent, crépitants, chaleureux. Bourvil rit, salue, puis, pirouettant d’une voix de fausset, entonne la naïve chanson qu’il adore : C’est nous qui sommes les abeilles, bzzzz, bzzzz... C’est irrésistible et surréaliste, comme la danse dans laquelle il m’entraîne, mi-valse, mi-bourrée...
Bourvil confiera : — J’ai surtout travaillé la scène de la soûlographie !
Et, rendant hommage à Michèle Morgan, il ajoutera : — Dans le drame, j’ai besoin de sentir ma partenaire, bien plus que dans le comique où, là, je peux faire, si vous voulez, mon numéro...
Les Bonnes causes (1963)
2 h. Sortie : 17 avril 1963. Drame, Policier
Film de Christian-Jaque
abscondita a mis 7/10.
La Grosse Caisse (1965)
1 h 45 min. Sortie : 9 juillet 1965 (France). Comédie, Thriller
Film de Alex Joffé
abscondita a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.













