Les meilleurs films de 1995 selon Adrast
Sur la route de Madison (1995)
The Bridges of Madison County
2 h 15 min. Sortie : 6 septembre 1995 (France). Drame, Romance
Film de Clint Eastwood
Adrast a mis 8/10.
Annotation :
C'est la chialance absolue. Même si ça vient à un rythme perlé, comme les grèves en France sous la macronie. Heureusement ici le crescendo est puissant.
On voit bien tous les côtés "plus classique que classique" sans esbroufes de la réal du père Eastwood mais cette fois-ci avec un côté pathos appréciable, presque mièvre quand ça s'accompagne d'instrus qui insistent, mais avec des acteurs tellement investis qu'on plonge tête la première dans cette histoire d'amour impossible. Ça dégouline de bons sentiments mais on en redemande car on voit bien à quel point tout est fignolé pour rassembler et faire des motifs amoureux traditionnels une tapisserie cinématographique humble et péquenaude.
Meryl Streep est belle et expressive comme jaja, pépé Bois de l'Est semble se mettre à nu et révèle une personnalité de profem avant les profems par le biais de son perso mais aussi de ce qu'il met dans son film. Le discours émancipateur est là, la mentalité "surveiller et punir" des petites communes rurales est présente, le dilemme entre passion et raison écrasé par les conventions aussi. Et tout ça avec une réal qui n'a pas peur de s'acoquiner avec le female-gaze. Ce serait presque un film woke si pépé de l'Est se traînait pas une réput' de vieux réac' à cause de l'inspecteur Harry et de ses films borders comme American Sniper. Figure de sauveur de la veuve quelle qu'elle soit à relativiser car y on voit aussi les mégères qui commèrent, nonobstant. #misogénie
Je le mets dans le haut de la liste des films de romance parce qu'il m'a pris par surprise. Sans rien en attendre que ce soit avant ou pendant, je me suis laissé prendre.
Memories (1995)
Memorîzu
1 h 53 min. Sortie : 24 août 2022 (France). Animation, Fantastique, Science-fiction
Long-métrage d'animation de Koji Morimoto, Tensai Okamura et Katsuhiro Ôtomo
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
C'est cool mais bon ça a les qualités de ses défauts : 3 courts-métrages d'animation qui n'ont rien à voir entre eux si ce n'est le thème de la SF et une certaine idée de la dystopie du turfu ["c'est la déca-danse han"]. Du coup le premier est beau mais un peu trop brouillon, le 2e est guignol mais pas méga convaincant et le 3e est le plus réussi, déjà graphiquement, avec ses traits bien noirs de gogoth, et musicalement, avec ses thèmes typés JRPG. C'est à la fois le plus enfantin et le plus dur EN MÊME TEMPS, on est au coeur de la guéguerre avec un gosse endoctriné [c'est rien c'est le SNU].
Strange Days (1995)
2 h 25 min. Sortie : 7 février 1996 (France). Action, Science-fiction
Film de Kathryn Bigelow
Adrast a mis 6/10 et l'a mis en envie.
Annotation :
6,5
95, 96... Je sais pas, mais ce que je sais c'est que la réal en a un peu trop pris dans les côtes pour que j'aime ce film autant que j'ai pu en aimer certains de sa décennie. C'est vivace, décalé, tourné en s'affranchissant des codes parfois trop rigides de cadrages et la BO métaule brutasso-indus devrait être là pour me plaire MAIS ça a un goût de daté qui s'il ne goûte pas le moisi ne me semble pas très frais non plus. Sûrement la faute à ce côté chien fou quasi gonzo qui donnerait presque l'impression de voir un film amateur tourné pour une grande chaîne TV au coin de quelques plans et scènes de ci de là. Finalement les scènes les plus immersives sont, évidemment, celles en FPS où on est comme Jean-Jacques de la Villardière, au coeur de l'enquête d'action.
Dommage que ce soit pas plus fignolé parce qu'avec ce concept allah ExistenZ X Minority Report y'avait moyen d'moyenner.
La Mutante (1995)
Species
1 h 48 min. Sortie : 1 septembre 1995 (France). Science-fiction, Épouvante-Horreur
Film de Roger Donaldson
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
6,5
Techniquement c'est à la ramasse, Matrix arrivant 4 ans après hein, mais c'est un assez bon film de chasse à l'homme supplément extraterrestre. Un peu l'origine d'Under the Skin version prolo vidéo club du samedi soir. C'est jamais très fin mais c'est un divertissement bien mené.
À part ça la réal est satisfaisante compte tenu du reste, l'écriture des personnages et de l'intrigue laissant à désirer, le contenu scientifique n'en parlons pas... Les règles de contrôle des esprits et les dons de prescience et d'empathie étant mal définis ou alors surdéveloppés. Tout comme la croissance ultra rapide des aliens, mais ça Alien Romulus nous y a bien habitué aussi... Et que dire de ces moments où la "species" est sous leur nez mais que toute cette bande de bons aryens sont incapables de l'appréhender...
Le casting est agréable et je n'ai pas grand-chose à redire sur le contenu olé olé - qui aurait pu me rebuter pour son côté beauf il y a quelques années, mais bon maintenant ma beaufité est avérée - si ce n'est qu'il est là bien sûr pour appâter mais aussi pour incarner plus fidèlement l'oeuvre érotico-horrifique féminine (quasi amazone) du père Giger, là où la franchise Alien jouait davantage dans la cour de la métaphore masculine : la langue pénétrante, la queue perforante, le crâne-gland luisant la bave aux lèvres...
Waterworld (1995)
2 h 16 min. Sortie : 25 octobre 1995 (France). Action, Aventure, Science-fiction
Film de Kevin Reynolds
Adrast a mis 8/10.
Annotation :
7,5
Honteusement sous-coté. Un Mad Max des mers (et des mères) qui a ses accès et ses accents de parodie mais qui fait plaisir à voir de par sa débauche d'effets et d'efforts pour rendre ce monde vivant. On ressent l'influence de ce Waterworld sur Furiosa, qui lui aussi versait dans un ton semi-parodique, m'enfin faudrait surtout admettre que la saga Mad Max a toujours eu ce ton décalé borderline nanarisant. Ici c'est pareil, du coup je ne vois aucune raison de se plaindre des libertés prises dans l'écriture des dialogues et des personnages, ça rajoute de la fantaisie à la fantaisie, et on se croirait presque devant un Gilliam finalement ; avec sa part d'enfantillages et d'onirisme.
J'aurais été con de mourir sans voir ce film qui ne bénéficie pas de l'aura de la saga du père Millère qu'il est de bon ton d'aimer ces dernières années [si c'est validé par Arte c'est ok] alors que la recette des 2 est très similaire. À n'y rien comprendre. C'est les soi-disant "incohérences" qui vous gênent ou les raccords pas très heureux ? La misogynie ou l'hypersexualisation peut-être ? Ou bien vous êtes tous Kévinophobes ?
Bref si je devais titrer une critique ce serait "Le Grand Max avec une chaussure Bleu", parce que question kitscherie synthétique des instrumentations on est servi.
Priscilla, folle du désert (1994)
The Adventures of Priscilla, Queen of the Desert
1 h 44 min. Sortie : 4 janvier 1995 (France). Road movie, Comédie dramatique
Film de Stephan Elliott
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
6,5
C'est un bon road movie bien enthousiasmant voire un peu mièvre et cliché, forgé pour faire fondre les gros machos cishets, mais j'aime pas trop trop le montage, y'a trop de fondus enchainés à mon goût, trop de scènes écourtées donc, alors que petit bout par petit bout le bus avance pour en bout de course nous faire chialer ; mais ça marche jamais.
Après les persos sont cools et variés, chacun joue sa part et personne n'est vraiment en retrait, y compris ceux qui en apparence sont + introvertis. La fin m'a un peu frustré aussi, c'est abrupt mais pas vraiment comme j'aime, pas sur un climax ni sur une fin qui interroge, plutôt sur du banal pour les troupiers ; du Abbanal même.
À revoir en VO, ça pourrait monter à 7, je sens un potentiel de "grower" comme Big Lebowski et compagnie. Même si le rythme d'ensemble a pris un petit coup dans la gueule avec les années.
Go Fish (1994)
1 h 23 min. Sortie : 11 janvier 1995 (France). Comédie, Romance
Film de Rose Troche
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
6,5
J'hésite entre 6 et 7. C'est du noir et blanc stylisé comme les vieux Cassavetes, genre Shadows, avec l'énergie collective d'un Friends, les gossips qui vont avec aussi. Un Friends lesbien qui touche aussi au Clerks ou aux premiers Sean Baker pour le côté libéré, bruh et frénétique. Le sujet est limité puisque ça tourne autour d'une baise qui met du temps à venir, mais pour le coup est plutôt universel et par la petite histoire touche à la grande Histoire en parlant de la condition, ou plutôt des conditions des femmes lesbiennes, dans toutes les variantes et déclinaisons qui existent. L'obligation de rester tapie dans l'ombre (flamme d'Odoul) pour ne pas déplaîre à l'entourage, que ce soit la famille ou les amis, la nécessité de respecter des normes hétéros de fidélité quand bien même le couple à l'origine n'est pas bien défini... Tout en côtoyant des personnes qui ont une sexualité disons + "libérale". Bref un beau bordel assez universel au final malgré un sujet ciblé qui peut paraître de niche pour tout couillon de cishet comme moi qui ne connaît le sesque ni d'Eve ni d'Adam car si hétéro je suis, pratiquant je ne suis pas. Alors voilà, si tu cumules 2 sujets qui a priori me sont éloignés tu pars pas bien. Mais allez, tu y mets l'entrain et le dynamisme d'un jeune avec Macron alors c'est bon. Même si des fois c'est un peu niais, mais allez, tout est pardonné.
Reviens-moi joublie tout, je cancelle tout... Ah merde non déso merde c'est vrai le cancel n'existe pas... Ah merde en fait si mais c'est la droite qui le pratique... Ah merde non y'a encore une màj ???
Underground (1995)
2 h 50 min. Sortie : 25 octobre 1995 (France). Comédie, Drame
Film de Emir Kusturica
Adrast a mis 8/10.










