Les meilleurs films de 2026 selon Arthur Debussy
18 films
créée il y a 4 mois · modifiée il y a 3 joursSilent Friend (2025)
Stille Freundin
2 h 27 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Drame
Film de Ildikó Enyedi
Arthur Debussy a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Ildikó Enyedi revient au cinéma avec un grand et beau film, humaniste, contemplatif, méditatif, rendant hommage à la fois à la science et au monde du vivant, avec de surcroît une pincée de féminisme.
Silent Friend se déroule sur trois époques : 1908, les années 1970, et les années 2020, avant et pendant le Covid. A chaque époque, Ildikó Enyedi suit des personnages qui tentent de grandir en humanité et en connaissances, repoussant leurs limites et celles de notre monde.
Grete en 1908 est une jeune aspirante scientifique, qui se retrouve bien seule dans un monde d'hommes. Hannes, dans les années 1970, tente de trouver sa place à l'université, et tombe amoureux d'une jeune étudiante qui analyse le comportement des plantes. Tony, enfin, est un grand neuroscientifique, qui tire parti de la grande pause du Covid pour réorienter ses recherches, en trouvant un parallèle entre le cerveau humain et les connexions innombrables entre les plantes et les arbres.
Silent Friend est un film profondément original et esthétiquement magnifique. Il est travaillé aussi bien du point de vue de la mise en scène que de la photographie, de la bande son, ou du montage, qui est impressionnant de maîtrise, les différentes époques se répondant en écho et se déployant avec un rythme naturel et organique.
Silent Friend est un film stimulant et inspirant, apaisant même, qui figure parmi les grandes réussites du cinéma mondial des années 2020, rien que ça. Je gage que l'on se souviendra encore longtemps de ce film pas comme les autres et vraiment attachant.
Nuestra Tierra (2025)
2 h 02 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Historique, Société
Documentaire de Lucrecia Martel
Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Nuestra Tierra est le premier film que je vois de Lucrecia Martel, réalisatrice argentine dont j'ai entendu parler pour la première fois à l'occasion de sa grande rétrospective organisée en novembre 2024 au Centre Pompidou, mais que j'avais ratée, faute de temps.
Avec ce premier long métrage documentaire (elle a une longue carrière dans la fiction derrière elle), Lucrecia Martel frappe très fort. Déjà esthétiquement, c'est un film magnifique, qui nous saisit dès les premières images. Dans ce long métrage, elle raconte le combat de la communauté autochtone des Chuschagasta, après l'assassinat de leur chef Javier Chocobar, pour obtenir justice. Et on peut dire qu'elle rend hommage à ces personnes, en magnifiant leurs visages et leur terre, si précieuse pour eux et convoitée par des gens malhonnêtes.
Le film raconte comment des descendants de colons se sont appropriés les terres des Chuschagasta, et lors d'un énième litige, ont tué Javier Chocobar. Nuestra Tierra est donc à la fois un film de procès, sur la justice en train de se rendre, et une oeuvre de mémoire, qui permet à la communauté Chuschagasta de témoigner de son histoire, de sa culture, de ses traditions et de ses combats, qui remontent au moins jusqu'à la colonisation par les Espagnols au 16e siècle.
Nuestra Tierra est un très beau documentaire, avec un propos fort, mais aussi très travaillé esthétiquement, au niveau des images et du son. C'est donc un beau coup de coeur pour moi et une belle découverte, qui m'incite à creuser davantage la filmographie de Lucrecia Martel.
Le Gâteau du Président (2025)
Mamlaket Al-Qasab
1 h 45 min. Sortie : 4 février 2026 (France). Drame
Film de Hasan Hadi
Arthur Debussy a mis 7/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Voilà un film magnifique, drôle, touchant, passionnant. Une véritable réussite, impressionnante de maîtrise, pour un premier long métrage. Hasan Hadi livre un récit picaresque et enlevé, avec pour toile de fond l’Irak de Saddam Hussein, dans les années 1990. Une période où la vie des Irakiens était particulièrement difficile, notamment pour les femmes et les enfants. Néanmoins, nul misérabilisme ici, au contraire. Avec beaucoup d’humour et d’ironie, mais filmé avec un réalisme quasi documentaire, Hasan Hadi construit des personnages principaux attachants, qui vont devoir redoubler d’ingéniosité pour s’en sortir dans un pays dévasté par la guerre avec les Etats-Unis. Si l’on ajoute à cela une esthétique sublime, que ce soit par la superbe photographie ou la merveilleuse musique, où l’oud est très présent, nous obtenons un film à voir absolument, qui nous fait redécouvrir ou plutôt découvrir l’Irak, avec des yeux nouveaux. Une très belle surprise.
Pillion (2025)
1 h 46 min. Sortie : 4 mars 2026 (France). Drame, Comédie, Romance
Film de Harry Lighton
Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Pour un premier long métrage, Harry Lighton frappe fort avec Pillion. C'est un film étonnant et un peu trash, mais aussi d'une grande sensibilité et d'une grande beauté. L'esthétique est superbe, qu'il s'agisse de la photographie ou de la musique. Et les acteurs Alexander Skarsgård et Harry Melling sont parfaits, sans parler des autres rôles secondaires, tous excellents, notamment les parents, trop mignons. Mais décidément, cette relation ultra toxique, je ne peux pas. Ça m'a régulièrement sorti du film. Ça et les scènes assez crues parfois. Harry Lighton traite bien un sujet complexe et casse gueule. Mais la relation profondément malsaine au cœur du film m'empêche de m'enthousiasmer autant que le font certains pour ce long métrage. Ce qui ne m'a pas empêché d'écraser quelques larmes, signe que Pillion est malgré tout réussi dans son genre.
Les Dimanches (2025)
Los domingos
1 h 57 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Drame
Film de Alauda Ruíz de Azúa
Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Les Dimanches est un très beau film, fort et subtil. Il s'agit du deuxième long métrage de fiction de la réalisatrice espagnole et basque Alauda Ruiz de Azúa, et c'est une oeuvre très maîtrisée.
Je craignais, vu le sujet complexe et casse-gueule, que la cinéaste livre un film à charge ou au contraire éthéré et gentillet. Il n'en est rien. Les Dimanches raconte le choix d'une adolescente de 17 ans, Ainara, qui souhaite potentiellement rentrer dans les ordres, a priori chez les Carmélites, un ordre cloîtré. Ce choix surprend et divise les membres de sa famille.
Alauda Ruiz de Azúa opte pour un film qui épouse la complexité de ce genre de situations et de la vie en général, en permettant à chaque point de vue de s'exprimer. Elle brosse ainsi un tableau relativement complet des problématiques qui se posent à Ainara et à ses proches.
Mais Les Dimanches n'est aucunement un film à thèse. C'est un film qui vit, où les personnages ont une vraie consistance. D'ailleurs, malgré leur point de vue parfois opposés, on s'attache à beaucoup d'entre eux, entre Ainara et les autres membres de sa famille.
Par ailleurs l'esthétique du film est très belle, entre une magnifique photographie, de beaux cadrages, et une musique choisie avec soin, qui donne du relief et de la profondeur aux images et au récit.
En somme, Les Dimanches est un film équilibré sur un sujet complexe et qui divise, en Espagne, en France et un peu partout dans le monde, à savoir la religion. La cinéaste Alauda Ruiz de Azúa a beaucoup travaillé son sujet et ça se ressent. Elle qui est athée, est franche dans ses critiques de la religion, mais elle laisse aussi la place à l'expression de la foi, en ne jugeant pas ses personnages, mais en cherchant plutôt à les comprendre. C'est donc une belle surprise et un long métrage hautement recommandable.
La Vie d'une femme (2026)
1 h 38 min. Sortie : 9 septembre 2026. Drame
Film de Charline Bourgeois-Tacquet
Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Dans son nouveau film présenté à Cannes en Compétition officielle, la cinéaste Charline Bourgeois-Taquet développe son intention à la suite de ce titre simple et explicite : filmer la vie d'une femme, sans chercher à être exhaustive, mais en donnant un bon aperçu de la condition féminine.
Là où Charline Bourgeois-Tacquet frappe fort, c'est qu'elle ne réalise pas un film mécanique, qui se contenterait de dérouler un programme. Elle réussit à donner vie à des personnages vrais et crédibles, très joliment écrits, grâce à un scénario d'une grande qualité. On le doit aussi, bien sûr, à Léa Drucker, qui incarne l'héroïne de ce film avec un talent fou, mêlant naturel et justesse du jeu à une forme de panache.
Elle joue une chirurgienne expérimentée qui doit gérer 36 000 choses en même temps, palliant les manquement de son entourage : mari, enfants, collègues soignants, associations, ordre des médecins... Son personnage est une femme forte et responsable, une battante sur qui beaucoup de monde se repose. Au point de s'oublier : oublier qui elle est, son corps, ses désirs, sa vie...
En une douzaine de chapitres, Charline Bourgeois-Tacquet dépeint la vie d'une femme ordinaire, victime de la discrimination des hommes et épuisée par une charge mentale insensée. La cinéaste rend compte à la fois du particulier et de l'universel, avec ce très beau portrait de femme, qui questionne nos sociétés toujours beaucoup trop partriarcales, encore en 2026.
La mise en scène a beau être simple, elle est belle et réussie : la réalisatrice française livre un film accompli, très bien monté, photographié et interprété, qui réserve en plus de sympathiques moments d'humour, alternant entre gravité et légèreté de façon équilibrée. Une très belle surprise !
The Mastermind (2025)
1 h 50 min. Sortie : 4 février 2026 (France). Drame, Policier
Film de Kelly Reichardt
Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Kelly Reichardt poursuit dans sa veine d'un cinéma lo-fi et minimaliste. Après Showing Up, elle continue également à questionner le monde de l'art, à travers cet amateur de peinture qui devient voleur de tableaux, issu d'un milieu très aisé, chose inhabituelle chez la réalisatrice américaine, qui s'intéresse d'habitude aux gens modestes et aux laissés pour compte.
Ce qui est intéressant, c'est que la Kelly Reichardt déjoue les attentes du film de braquage en se plaçant d'un point de vue féminin. James (excellent Josh O'Connor) est un mari et père oisif, tandis que sa femme (tout aussi excellente Alana Haim) bosse dur pour nourrir leur famille, qui comprend aussi deux enfants. James est donc un anti-héros, qui s'improvise cambrioleur machiavélique... à ses risques et péril.
Même si le personnage de sa femme est beaucoup moins présent, on sent qu'elle est nettement plus courageuse et perspicace que son époux, égoïste et inconséquent. C'est peut-être elle d'ailleurs l'héroïne véritable de cette histoire.
Le film est très drôle, par une multitude de détails bien vus et décalés, avec parfois des séquences qui font rire aux éclats. Même si dans l'ensemble il s'agit d'un long métrage sobre et simple, tout en finesse et en sous-entendus.
Si l'on ajoute à cela une musique jazzy très cool et entraînante, et une belle photographie numérique qui ressemble à de l'argentique, de beaux plans urbains ou d'une Amérique plus rurale, on obtient un film très sympathique, qui se regarde avec beaucoup de plaisir, pour peu qu'on ne soit pas allergique à son rythme lent.
N'oublions pas non plus l'arrière-plan politique et social des années 1970 aux États-Unis, sous Nixon, qui fait directement écho à l'Amérique de Trump. The Mastermind n'est donc pas juste un film amusant, c'est aussi une oeuvre qui provoque la réflexion, mine de rien, et qui comporte plusieurs niveaux de lecture. C'est un film plus profond et plus riche qu'il n'y paraît, une petite pépite cinématographique enthousiasmante.
Orwell: 2+2=5 (2025)
1 h 59 min. Sortie : 25 février 2026. Portrait, Littérature, Société
Documentaire de Raoul Peck
Arthur Debussy a mis 7/10.
Annotation :
Orwell : 2+2=5 est un documentaire important, surtout à notre époque actuelle, qui montre que George Orwell était un prophète et qu'il avait annoncé notre monde dystopique. Il est donc toujours bon de revenir aux écrits et à la pensée d'Orwell pour mieux appréhender notre époque et résister face au fascisme et au totalitarisme.
En revanche, le film de Raoul Peck ne brille pas par son efficacité. Déjà, il ne convaincra que les déjà convaincus tant le réalisateur confronte la pensée d'Orwell à notre monde d'aujourd'hui sans creuser la situation que nous vivons. Et son film est long, très long... En 2 heures il se répète beaucoup, il aurait pu supprimer au moins 30 minutes.
Malgré tout, il est louable qu'un tel film existe. A minima, il redonnera de l'énergie aux démocrates et aux humanistes pour lutter. Et il fait office d'avertissement : on ne peut pas rester immobiles et laisser faire, sinon ce sont les forces actives du fascisme qui vont l'emporter. Il est donc plus que temps de s'engager.
Woman and Child (2025)
Zan va bache
2 h 11 min. Sortie : 25 février 2026 (France). Drame
Film de Saeed Roustaee
Arthur Debussy a mis 7/10.
Annotation :
Saeed Roustaee livre encore une fois un film coup de poing. Il confirme après Leila et ses frères qu'il est loin d'être uniquement un réalisateur de films d'action. C'est avant tout un chroniqueur de deux entités complémentaires à deux échelles différentes : la famille et la société (iraniennes). Les deux sont intrinsèquement liées, Roustaee nous en fait la démonstration.
Mais avant tout, Woman and Child est une dénonciation de la masculinité toxique en Iran. Le film commence avec une légèreté trompeuse. Progressivement, d'événements en événements, toujours plus tragiques, il devient un thriller et un drame social bouleversant.
On retient son souffle pendant longtemps, le suspense étant insoutenable et le scénario tortueux à souhait, dépeignant un Iran où l'homme écrase femmes et enfants, au sens propre comme figuré. Les institutions, quant à elles, paraissent complètement dépassées, qu'il s'agisse de l'école ou de la justice...
Mais surtout, cette société est malade d'un patriarcat hypocrite et néfaste qui détruit les familles et les vies des Iraniens et des Iraniennes. Dommage qu'une fois de plus Roustaee se perde dans des tunnels de dialogues à n'en plus finir. Car pour le reste, il est toujours un brillant scénariste et directeurs d'acteurs.
Si ce film a fait polémique à Cannes, Roustaee étant accusé de collusion avec le régime des Mollahs, le résultat montre plutôt l'inverse : une fois de plus, avec ce film le cinéaste iranien signe une charge au vitriol contre la société et les institutions de son pays... et donc contre son régime.
Le Mage du Kremlin (2025)
The Wizard Of The Kremlin
2 h 25 min. Sortie : 21 janvier 2026. Drame, Historique, Thriller
Film de Olivier Assayas
Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Je n'ai pas lu le livre de Giuliano da Empoli, donc je serais bien en peine de savoir si cette adaptation est fidèle. Toujours est-il que le film d'Olivier Assayas est très intéressant, même s'il est loin d'être parfait. La mise en scène, quoique ample et ambitieuse, est impersonnelle et n'est pas des plus mémorables.
Mais le récit est bien mené, à un rythme trépidant, suffisamment pour nous tenir en haleine pendant 2h30. Il fallait bien ce temps-là pour balayer les 30 dernières années en Russie, qui ont vu l'URSS s'effondrer puis l'ascension fulgurante du nouveau tsar Vladimir Poutine, jusqu'à 2022 et l'invasion russe de l'Ukraine à grande échelle, qui n'est pas traitée dans ce long métrage, l'intrigue s'arrêtant vers 2020-2021.
Aidé d'Emmanuel Carrère au scénario, Olivier Assayas réussit à brosser un portrait saisissant de la Russie et de certains de ses protagonistes les plus puissants, qui ont conduit à l'autodestruction de ce pays dans une guerre absurde, qui a déstabilisé le monde entier. Le film montre bien comment Poutine a été sous-estimé. Les oligarques pensaient qu'il serait un homme de paille facilement manipulable, or tout comme Hitler en son temps, leur créature leur a échappé, donnant naissance à un monstre que rien ne semble pouvoir arrêter...
Dans le même temps, Poutine semble bien dérisoire, c'est un opportuniste qui a été au bon endroit au bon moment, porté dans son ascension par toute une clique d'arrivistes, dont ce fameux "mage", Vadim Baranov (énigmatique Paul Dano), personnage fictif inspiré de Vladislav Sourkov, qui l'a conseillé pour soigner son image et bâtir son idéologie ultra nationaliste et impérialiste.
Il semble que dans son roman, Giuliano da Empoli se place du point de vue de Baranov, laissant au lecteur le soin de distinguer le vrai du faux. Assayas et Carrère ont repris ce principe, et le film peut parfois sembler fasciné par Baranov (nettement moins par Poutine). Mais le personnage de Ksenia, sa compagne, y est davantage développé que dans le livre et sert de contrepoint explicite, comme si elle était sa (mauvaise) conscience.
Pour tous ceux qui s'intéressent à notre monde actuel, Le Mage du Kremlin est un film passionnant et éclairant, qui nous permet de mieux comprendre comment on en est arrivé à la guerre en Ukraine, et ce qui se passe dans la tête de Vladimir Poutine, joué par un Jude Law convaincant.
Mister Nobody contre Poutine (2025)
Mr. Nobody Against Putin
1 h 29 min. Sortie : 7 janvier 2026 (France). Politique, Société
Documentaire de David Borenstein et Pavel Ilyich Talankin
Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Un excellent documentaire, qui montre la Russie de ces dernières années de l'intérieur, grâce à un vidéaste russe qui a filmé l'endoctrinement et la militarisation progressive de son établissement scolaire, à la suite de l'invasion de l'Ukraine en février 2022. C'est terrifiant de voir à quel point la propagande de Poutine s'est infiltrée partout et corrompt la société russe, les familles et les individus, dès leurs plus jeune âge... Quelques citoyens et citoyennes tentent de résister, mais ils sont bien seules face à une majorité de Russes qui soutiennent Poutine et sa politique dictatoriale et sanguinaire...
A noter que ce documentaire est disponible gratuitement sur Arte ici : https://www.arte.tv/fr/videos/116712-000-A/mister-nobody-contre-poutine/
Father Mother Sister Brother (2025)
1 h 50 min. Sortie : 7 janvier 2026 (France). Comédie dramatique, Sketches
Film de Jim Jarmusch
Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu un film de Jim Jarmusch, qui plus est parmi ses récents. J'ai vu peu de films de lui à vrai dire, et je connais surtout ceux qu'il a réalisés dans les années 1980-1990. Father Mother Sister Brother bénéficiait de bons échos dans mon entourage et d'une bonne presse, et puis il a quand même gagné le Lion d'Or à la Mostra de Venise, autant d'arguments pour m'inciter à le voir.
Et j'ai bien apprécié ce film. Autant le dire tout de suite, c'est un long métrage mineur. A ce titre, je suis surpris qu'il ait gagné la récompense suprême à Venise, j'espère qu'il y avait quand même des films plus ambitieux et plus réussis.
Toutefois, là où ce film à sketchs marque des points, c'est dans sa finesse et dans la façon douce-amère avec laquelle il retranscrit les relations familiales. Jarmusch nous montre des familles dysfonctionnelles, surtout du fait de parents absents, hypocrites ou misanthropes... Avec trois segments nettement différents mais comportant certains points communs (on s'amuse à tenter de déceler les similitudes), le cinéaste américain brosse différentes situations, dans trois pays : les États-Unis, l'Irlande et la France.
Le dernier segment, qui se déroule à Paris, est le plus chaleureux et le plus humain. Après deux premiers segments montrant un père puis une mère très défaillants, ça fait du bien de suivre une fratrie soudée, avec de vrais sentiments humains. Et puis Paris est magnifiquement filmée par Jarmusch, même si on n'en voit qu'une toute petite partie, principalement à travers des trajets en voiture.
Au total, je pense qu'il faut raison garder et ne pas avoir des attentes démesurées envers ce film, qu'il serait bien en peine de satisfaire. Mais si on le prend pour ce qu'il est, à savoir un film fin et délicat sur les relations familiales, on peut passer un bon moment en le regardant, aussi bien par son esthétique travaillée que par son propos, qui nous amène à réfléchir sur nos propres liens avec notre famille et nos proches.
La Vénus électrique (2026)
2 h 03 min. Sortie : 12 mai 2026. Comédie romantique
Film de Pierre Salvadori
Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Premier film que je découvre de Pierre Salvadori. Il paraît que ce n'est pas son meilleur, et de fait c'est un long métrage assez bancal, avec de belles qualités mais aussi de vrais défauts.
Je salue le scénario amusant et touchant, l'écriture des personnages qui sont très beaux, avec une psychologie complexe et une personnalité attachante. Et l'aspect visuel est très réussi. La direction artistique fait la part belle au monde du cirque et des forains, ou encore au monde des artistes (-peintres), en nous offrant des décors, des objets et des images aux couleurs magnifiques et chatoyantes.
Côté bémols, tout d'abord la direction des acteurs est assez mauvaise : les comédiens du films ne jouent pas bien et sont assez peu crédibles, sauf peut-être Gilles Lellouche (ce qui m'a positivement surpris) ou dans une moindre mesure Pio Marmaï, dont j'apprécie beaucoup le personnage. Anaïs Demoustier joue Anaïs Demoustier, mais on lui pardonne volontiers. C'est surtout Vimala Pons, dont j'ai beaucoup entendu parler en bien et que je découvre pour la première fois dans un film, qui m'a déçu. Son jeu est terne et plat, mais je pense que ça vient aussi du fait que son rôle est moins bien écrit, d'autant que son ostensible perruque blonde n'aide pas à la rendre crédible...
Malgré tout, La Vénus électrique est un film éminemment sympathique, dont la fraîcheur est réjouissante. En cela, sans être parfait, loin de là, c'est un bon film d'ouverture pour le Festival de Cannes : un long métrage fédérateur et enjoué, soit une bonne entrée en la matière. On reste un peu sur notre faim, mais on n'a qu'une hâte : se plonger entièrement dans ces deux semaines de folie consacrées au cinéma.
Laguna (2025)
1 h 42 min. Sortie : 14 janvier 2026. Portrait
Documentaire de Sharunas Bartas
Arthur Debussy a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Mon expérience avec le cinéma de Sharunas Bartas est particulière. Grand (et récent) admirateur du cinéma documentaire poétique balte, dont le cinéaste lituanien est l'un des illustres représentants des années 1990 à aujourd'hui, j'ai découvert sa filmographie il y a quelques jours seulement par le tout début, son film de fin d'études En souvenir des jours passés, puis par sa toute fin, son dernier film Laguna, sorti en janvier 2026 en France. Clairement, j'aborde ce long métrage en complet néophyte. Néanmoins, j'ai quelques repères esthétiques et biographiques qui me permettent de l'appréhender un minimum.
Film documentaire autobiographique, Laguna est une œuvre mausolée érigée par Sharunas Bartas en mémoire de sa fille aînée défunte, Ina Marija Bartaitė, décédée bien trop jeune, à 24 ans, d'un accident de la route due à un chauffard. Cet événement a dévasté le cinéaste lituanien, qui a décidé de partir sur les traces de sa fille, au Mexique, un pays qu'elle a tant aimé, avec son autre fille, la jeune Una Marija, qui doit avoir 8-10 ans.
On suit donc ce père et sa fille aux abords de la jungle mexicaine, tour à tour dans la forêt, dans leur petite cabane ou sur leur pirogue, navigant dans la mangrove. Non croyant, Sharunas Bartas livre comme un film-prière, une prière laïque, où il tente de retrouver goût à la vie en se souvenant de sa fille, en s'immergeant dans cette nature sauvage, et en côtoyant son autre fille Una, qui porte un regard émerveillé et juvénile sur les choses de ce monde.
Toutefois, la tristesse est très présente, aussi bien chez le père et la fille, et il leur est bien difficile de tourner la page. Sharunas Bartas filme le cycle de la vie, des tortues qui viennent mettre au monde leurs petits, dans des séquences étonnantes, ou des tortues mortes. Ou encore, du côté des humains, des rites funéraires mexicains d'une grande beauté, où l'on voit un jeune homme chanter dans un cimetière, auprès de tombes recouvertes de bougies. Et Sharunas et sa fille se recueillir dans une petite église, tentant de se raccorder à un rite plurimillénaire pour mieux faire leur travail de deuil.
C'est un film assez spécial, à la fois très beau et très triste, plein de vie et un peu morbide, d'une certaine poésie, tout en étant parfois un peu gênant, tant on l'impression de s'immiscer dans l'intimité de Sharunas Bartas et de sa fille, même si la caméra du cinéaste est toujours pudique. Cela dit, Laguna est quand même une belle oeuvre, le cinéaste lituan
Marty Supreme (2025)
2 h 29 min. Sortie : 18 février 2026 (France). Drame, Biopic, Sport
Film de Josh Safdie
Arthur Debussy a mis 6/10.
Annotation :
Un film entouré d'une hype invraisemblable, construite autour d'un plan marketing machiavélique. Autant dire que les attentes envers ce long métrage de bon nombre de personnes sont très élevées, ce qui était aussi mon cas. Comme je m'y attendais, le film remplit en partie ses promesses, mais pas tout à fait.
Marty Supreme n'est clairement pas un chef-d’œuvre absolu. C'est un bon film bourré d'énergie, à la fois galvanisant et fatiguant, avec un anti-héros égoïste et très sûr de lui-même qui recherche la gloire à travers le tennis de table, sport regardé de haut dans les Etats-Unis des années 1950. En fait, Marty Supreme est un film méta sur l'ambition : celle du personnage principal Marty Mauser, mais aussi celle du réalisateur Josh Safdie, qui livre un film maximaliste qui veut en mettre plein la vue, et l'ambition évidente de Timothée Chalamet, qui se livre corps et âme dans son rôle frénétique pour obtenir son Oscar.
Josh Safdie se place dans le sillage de réalisateurs new-yorkais tels que Martin Scorsese ou Abel Ferrara, qui fait une apparition mémorable ici. On retrouve donc la traditionnelle ascension puis chute du personnage principal, au point que le long métrage, même s’il est parcouru de péripéties WTF, suit un parcours assez attendu. Et puis la somptueuse BO de Daniel Lopatin, artiste de musique électro plus connu sous le pseudo d’Oneohtrix Point Never, donne le ton : dans un style synthétique façon années 1980, elle colle à cette trajectoire de golden boy tout droit sorti des films américains des années 80-90.
Le frangin Safdie revisite le rêve américain, et semble encore y croire. De notre côté, quand on regarde l’Amérique trumpiste de 2026 et quand on voit comment le mode de vie américain a perdu de sa superbe, on peut être plus que dubitatif… Sur le fond, je n’ai donc pas accroché outre mesure à ce long métrage prétentieux et puéril, avec des relents quelque peu sexistes.
Pour autant, j’ai été happé par cette histoire mouvementée et tout de même bien divertissante. Et même si je n’ai jamais été fan de Timothée Chalamet, je reconnais que là il fait (bien) le job, avec un personnage à la fois horripilant et attachant. De là à remporter un Oscar, pourquoi pas, mais ce n’est pas non plus la « performance » du siècle. Un peu trop too much et artificielle à mon goût, à l’image de ce film qui est inoubliable visuellement (magnifique photographie en 70 mm de Darius Khondji) et auditivement, mais qui ne marque pas durablement, du fait de la prof
À pied d'œuvre (2025)
1 h 32 min. Sortie : 4 février 2026. Drame
Film de Valérie Donzelli
Arthur Debussy a mis 5/10.
Annotation :
Un film assez décevant, qui ne sait pas sur quel pied danser (c'est le cas de le dire). Il s'agit avant tout d'une chronique sociale, tirée du récit autobiographique de Franck Courtès (que je n'ai pas lu). Nous suivons la tentative du photographe Paul Marquet (impeccable Bastien Bouillon) qui tente de se réinventer en écrivain. Mais ses débuts sont difficiles, et il se retrouve dans une quasi misère, à devoir enchaîner des petits boulots particulièrement physiques et ingrats pour joindre les deux bouts.
Le principal élément qui ne fonctionne pas dans ce long métrage est qu'on ne s'inquiète jamais vraiment pour le personnage principal. Sa situation économique préoccupante n'est que temporaire, on pressent qu'il va avoir du succès finalement (sinon ce livre n'aurait pas été adapté en film). Ce qui fait qu'A pied d'œuvre ressemble à une plongée superficielle et auteuriste dans la pauvreté, assez dérangeante tant ce film la romantise... Jamais Valérie Donzelli n'embrasse réellement le point de vue des personnes dans la précarité, dont le chemin de croix est quotidien et durable. Il est toutefois louable qu'elle en fasse le sujet de son film. Mais elle ne le creuse pas assez, son traitement reste presque cosmétique.
L'autre chose qui ne fonctionne pas c'est l'esthétique. Par moment, lors de scènes clés que le héros veut garder en mémoire et retranscrire dans ses carnets, il y a comme plusieurs instantanés en argentique qui s'enchaînent très rapidement en plein écran, comme si Paul prenait des photos pour immortaliser ce qu'il vient de voir. Mais ce procédé arty est très lourd, à chaque fois ça m'a sorti du film. D'autant que là aussi Valérie Donzelli veut esthétiser et même sublimer un récit tragique.
En plus de tout ça, Virginie Ledoyen et Valérie Donzelli en personne jouent mal lors de leurs apparitions, ce qui décrédibilise là encore le film... S'il part donc de bonnes intentions et d'un sujet intéressant, A pied d'oeuvre est un film moyen, Valérie Donzelli ne sait pas vraiment quoi faire de ce récit... Au point de donner envie de lire le livre et de laisser l'impression que ce long métrage n'a pas vraiment de valeur ajoutée...
Aucun autre choix (2025)
Eojjeolsugaeobsda
2 h 19 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Thriller, Comédie dramatique, Policier
Film de Park Chan-Wook
Arthur Debussy a mis 5/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Grosse déception... Après un Decision to leave impressionnant de maîtrise et d'élégance, Park Chan-Wook livre un Aucun autre choix grotesque et boursouflé. La satire contre le capitalisme est assez virulente, mais finalement peu développée. Le cinéaste coréen se complaît plutôt dans l'humour noir et le glauque rigolard, son fond de commerce habituel... Mais surtout, le film est beaucoup trop long ! 2h20 alors qu'il a presque 1h de trop, tant il s'enlise dans des digressions à n'en plus finir. Sachant qu'en plus la mise en scène et la photographie sont kitchissimes, au total il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent... Si le métier de Park Chan-Wook fait qu'il évite le naufrage total, on est quand même dans une sortie de route inattendue, qui me rend perplexe et peu confiant pour l'avenir de ce cinéaste.
Alter Ego (2025)
1 h 44 min. Sortie : 4 mars 2026. Comédie
Film de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine
Arthur Debussy a mis 5/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
J'avais de (très) bons échos d'Alter Ego, un film qui m'a été un peu trop survendu, hélas pour moi... Même si je ne m'attendais pas à grand chose à la base, ne comptant pas aller le voir initialement, plus la séance approchait et plus mes attentes sont devenues élevées.
Comme beaucoup, j'ai bien ri. J'ai trouvé le trio d'acteurs principaux Laurent Laffitte, Blanche Gardin et Marc Fraize excellents. Avec bien sûr Lafitte assez magistral dans son double rôle. Le scénario tente également des choses intéressantes, avec cette réflexion sur le paraître, la comparaison sociale, le manque de confiance en soi et la jalousie.
Mais l'idée de base, assez brillante, finit par s'essouffler un peu, et dans son dernier tiers, le film part dans autre chose, une sorte de sous Quentin Dupieux. Les nouvelles pistes lancées ne manquent pas toutes d'intérêt, mais on sent que les auteurs rament, et peinent à conclure leur film et à mettre en perspective ce qui s'est déroulé avant.
Alter Ego peine également à décoller vraiment. On rigole à intervalles réguliers, mais le film ne dépasse jamais le stade de la pochade fun et maline, alors qu'il avait pas mal de potentiel, et un casting qui donne de lui-même. Je suis donc très partagé quant à ce long métrage. On passe un bon moment, mais il n'en reste quasiment rien une fois la séance finie...




















