Liste de 10 films créée il y a environ 1 mois · modifiée il y a environ 1 mois
Marty Supreme
6.9
1.

Marty Supreme (2025)

2 h 29 min. Sortie : 18 février 2026 (France). Drame, Biopic, Sport

Film de Josh Safdie

Alfred Tordu a mis 8/10.

Annotation :

Encore un film qui n’a rien à voir avec sa bande-annonce, à croire qu’ils le font exprès ! J’imagine ceux qui viennent voir un biopic à oscars avec l’acteur hype du moment et tombe sur ce thriller anxiogène, enterrant définitivement le mythe du rêve américain et de sa méritocratie.

Ce con de Chamalet n’a pas à se forcer pour incarner un jeune rookie encore plus mégalo que lui; et c’est un plaisir de voir cet avorton s’en prendre plein la gueule durant tout le film. Marty Reisman a très vite compris que son talent ne suffirait pas à lancer sa carrière et en bon self-made man individualiste, il est prêt à toutes les bassesses possibles pour réaliser son rêve, oubliant que son “ascension sociale” ne repose que sur des fondations bancales, susceptibles de s’effondrer au moindre coup de vent. A l’image de cette baignoire, dont Marty néglige la fragilité et finissant par s’écrouler sous le poids de sa vanité.

Josh Safdie continue d’affiner son style : Image crade, caméra épaule et plans serrés sur des comédiens à l’énergie débordante ; le tout porté par un montage effréné mais toujours parfaitement lisible. Si le réalisateur sait mettre en valeur les diatribes de Marty toujours prêt à embobiner son auditoire, la nervosité de sa mise en scène illustre surtout la perte de contrôle de son anti-héros, se retrouvant dépasser par un chaos qu’il a lui-même engendré.

L’histoire nous trimballe de surprises en surprises, enchaînant les rebondissements et les péripéties ubuesques, tout en restant d’une cohérence à toute épreuve. Ca en devient jouissif de voir comment chaque détail du script, chaque petit problème négligé par Marty, finit irrémédiablement par se retourner contre lui. Obligeant le rookie à reconnaître qu’il n’a aucune carte en mains, ravaler sa fierté et ramper vers ses mécènes, les seuls à pouvoir lui assurer une carrière.

Aucun autre choix
6.9
2.

Aucun autre choix (2025)

Eojjeolsugaeobsda

2 h 19 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Thriller, Comédie dramatique, Policier

Film de Park Chan-Wook

Alfred Tordu a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Si Park Chan-Wook reste fidèle à la trame d’origine et à son concept de mec lambda transformé en tueur en série à cause d’un chômage de longue durée, le réalisateur se réapproprie complètement l’œuvre de Donald Westlake et en tire une farce macabre et excessivement gore, comme les coréens savent si bien en faire. D’aucuns pourraient pester contre cette adaptation too much, mais personnellement, j’avoue en être très client.

Surtout que, contrairement au film de Gavras, l’absence de voix off apporte également une nouvelle dynamique, permettant à Chan-Wook de déployer tout son savoir-faire, afin de raconter par l’image ce qui était narré dans le bouquin, comme dans sa première adaptation française.

En découle une hilarante comédie noire prenante et magnifiquement réalisée, restituant à merveille la verve satirique du Couperet et son propos sur le monde du travail, malheureusement toujours pertinent quelle que soit l’époque ou le pays.

Projet dernière chance
7.3
3.

Projet dernière chance (2026)

Project Hail Mary

2 h 36 min. Sortie : 18 mars 2026 (France). Aventure, Drame, Science-fiction

Film de Phil Lord et Christopher Miller

Alfred Tordu a mis 8/10.

Annotation :

Projet Dernière Chance est clairement le bon cheeseburger vantait par Le Menu de Mark Mylod. A contre-courant de tous les films de genre ricains d’aujourd’hui, ne croyant plus en ce qu’ils racontent et reposant entièrement sur du fan-service, des effets de style putassiers ou des intentions auteurisantes.

Phil Lord et Chris Miller eux, croient à fond en leur histoire, aussi simple et prévisible qu’elle puisse être. Et pour lui donner toute sa consistance, ils font ce que la concurrence ne s’autorise plus : prendre le temps nécessaire pour développer leur récit et ses personnages.

C’est parce qu’on prend le temps de faire connaissance avec notre astronaute amnésique, seul au milieu du vide spatial et se remémorant au compte goutte les moments de sa vie sur terre; que l’on rentre en empathie pour sa personne. C’est parce que l’on détaille minutieusement toutes les étapes de sa relation avec l’extraterrestre Rocky ; du premier contact laborieux au sacrifice mutuel, en passant par le stress de la découverte et les moyens de communication s’affinant fil du temps ; qu’on s’attache follement à cette improbable bromance que rien dans la promotion ne laissait présager.

Idem pour la mise en scène qui prend le temps d’instaurer une ambiance et de faire vivre ses situations à l’écran, bien aidé par la belle photographie de Greg Fraiser, ainsi que la sublime musique de Daniel Pemberton, contribuant énormément à la portée émotionnelle du film. Les décors et les effets spéciaux ne sont pas non plus en reste, apportant de la crédibilité à l’univers et prouvant aux gros studios que l’on peut utiliser à bon escient, leur fameux décor numérique tournant sur 360°.

Pas besoin de créer artificiellement du conflit ou des scènes d’action abracadabrantes pour captiver le public. Ici, Lord et Miller mettent tous les moyens d’un blockbuster au service d’un huis clos intimiste, ce qui représente une sacrée anomalie dans le Hollywood de 2026. Alors que même les gros films à grand spectacle ne tournent qu’une poignée de plans en Imax, ici ce sont TOUTES les séquences dans l’espace qui sont tournées ainsi, quand bien même le film ne compte qu’une seule scène d’action en tout et pour tout.

C’est ce soin si minutieux accordé à tous les aspects du long-métrage qui fait du Projet Dernière Chance, un Buddy-Movie drôle et émouvant comme on en avait plus revu depuis longtemps.

Jim Queen
7.5
4.

Jim Queen (2026)

1 h 25 min. Sortie : 17 juin 2026. Animation, Comédie, Fantastique

Long-métrage d'animation de Marco Nguyen et Nicolas Athané

Alfred Tordu a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Jim Queen c’est un peu la version gay du film Lascars : un gros délire cartoonesque, mettant à l’honneur tout un pan culturel qui, d’ordinaire, ne s’exprime pas au cinéma, ou en tous cas, jamais par les concernés eux-mêmes. D’où une œuvre très personnelle et sans concession, apportant une véritable bouffée d’air frais dans l’animation française.

Le film fait du monde queer le théâtre d’une hilarante quête initiatique, traversant une à une toutes les strates de la communauté homosexuel, représentées dans des versions cartoons parfois acerbes, mais toujours judicieusement bien trouvées. Les auteurs ne s’interdisent aucune extravagance et se moquent même des divisions au sein de la communauté, tout en véhiculant néanmoins une image foncièrement positive de cette dernière.

Je vous conseille fortement d’aller le voir. C’est pas tous les jours qu’on a des divertissements populaires aussi funs, originaux, bien foutus sur grand écran. L’expérience vaut le coup d’être partagée à plusieurs !

Backrooms
6.4
5.

Backrooms (2026)

1 h 51 min. Sortie : 17 juin 2026 (France). Épouvante-Horreur, Science-fiction

Film de Kane Parsons (Kane Pixels)

Alfred Tordu a mis 8/10 et a écrit une critique.

The Drama
6.7
6.

The Drama (2026)

1 h 45 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Drame, Romance

Film de Kristoffer Borgli

Alfred Tordu a mis 7/10.

Annotation :

Je vous conseille de ne pas lire mon avis avant d’avoir vu le film. Il serait dommage de vous gâcher la révélation tant teasée par la bande-annonce.

C’était clairement le meilleur secret à refiler au personnage de Zendaya. A la fois suffisamment compréhensible pour ne pas condamnée trop sévèrement la future mariée, mais assez grave pour comprendre les réactions horrifiées de son entourage.

Car si l’on peut pardonner à une ado harcelée et mal dans sa peau d’avoir pu SONGER à commettre une tuerie de masse dans son collège. On peut entendre que cela ne laisse pas ses proches indifférents, au point de remettre en question l’image qu’ils avaient jusqu’ici de leur amie. A l’instar du futur époux qui, piégé par l’échéance de son mariage, essaye de boucler les préparatifs comme si de rien n’était, alors que le passé de Zendaya ne cesse de parasiter ses pensées. A ce titre, le montage exprime très bien les angoisses du personnage, avec ces images délirantes surgissant sans crier gare, prêtant toujours les plus sombres intentions à son amoureuse et imaginant toujours le pire pour la suite de leur relation.

Comme pour Jumpers, j’en vois certains lui reprocher de ne pas traiter ce qui n’est pourtant pas son sujet, à savoir les tueries dans les écoles ricaines. “ Le Drama” du film n’est pas dans ce projet d’attentat avorté, mais dans ce qu’il a fissuré chez le jeune couple et qui finira par tomber en morceau le jour du mariage. Morceaux que tenteront de recoller les deux amants, en repartant sur de nouvelles bases qu’ils savent pourtant tout aussi fausses que les précédentes. Comme si la réussite d’une relation amoureuse impliquait nécessairement une part de secrets et de faux semblants.

Une vision très amère du couple que je suis loin de partager. Pattinson ferait mieux d’accepter une bonne fois pour toute le passé de sa promise, et se demander si il peut faire confiance quelle est devenue depuis et pour qui il est sincèrement tombé amoureux. Mais force est de constater que ce propos s’incarne parfaitement, et avec une étonnante légèreté dans cette comédie acide, très bien écrite et interprétée.

Plus fort que moi
7.6
7.

Plus fort que moi (2025)

I Swear

2 h. Sortie : 1 avril 2026 (France). Comédie dramatique, Biopic

Film de Kirk Jones

Alfred Tordu a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Il aurait été facile d’en faire un drame misérabiliste façon My Left Foot avec Daniel-Day Lewis. Heureusement qu’on est pas à Hollywood, mais dans un cinéma 100% british.

Ici le réal se contente de filmer la maladie telle qu’elle est, en montrant frontalement le lourd handicap de John au quotidien, sans pour autant occulter les situations incongrues dans lesquelles il se retrouve bien malgré lui et qui peuvent aussi prêter à rire. Un entre-deux permettant une distance salutaire avec la gravité du sujet, tout en proposant une représentation plus juste de cette pathologie.

Avec son casting d’inconnus filmés sobrement dans des décors naturels, le film s’ancre dans un cadre “réaliste”, faisant encore plus ressortir l’“anormalité” de son protagoniste. Ne pouvant garder le contrôle de ses faits et gestes, John est incapable de rentrer dans le rang et devient malgré lui un trublion dans ce monde sans pitié avec les inadaptés. Ce n’est peut-être pas un hasard si ses symptômes se manifestent à l’adolescence, au moment où John subit une énorme pression de ses parents qui souhaitent le voir intégrer la fédération nationale de football et réussir sa scolarité dans un collège très réputé. Le pauvre se retrouve alors rejeté par la société et par sa propre famille qui l’a toujours tenu responsable de son comportement. Par ailleurs, plus il essaye de cacher son handicap, notamment par la prise de médicaments en tous genres, plus ses symptômes se font sentir, comme si ils étaient intimement liés à son anxiété sociale. Pour progresser, John devra alors accepter sa nature, l’assumer au grand jour sans en avoir honte et tenter au contraire de changer le regard que porte les autres sur sa personne.

Dommage que le récit s’accélère brutalement dans son dernier tiers, revenant trop succinctement sur la création de l’association et la reconnaissance du trouble au niveau national. On se doute que les choses ne se sont pas faites aussi simplement et tout cela aurait sûrement mérité deux autres heures pour être correctement abordé. Au lieu de ça, privé d”enjeux, de conflits et de tension dramatique, le film finit tièdement sur du wikipédia illustré, alors qu’il avait su jusque là dépasser ce stade pour incarner avec force la reconstruction de son personnage.

L'Affaire Abdallah
7.1
8.

L'Affaire Abdallah (2025)

1 h 41 min. Sortie : 8 avril 2026. Historique, Politique

Documentaire de Pierre Carles

Alfred Tordu a mis 7/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Jumpers
6.5
9.

Jumpers (2026)

Hoppers

1 h 44 min. Sortie : 4 mars 2026 (France). Animation, Aventure, Comédie

Long-métrage d'animation de Daniel Chong

Alfred Tordu a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Encore une création originale de Pixar sabotée par la promo catastrophique de Disney. On commence à y être habitué, sauf que contrairement à Elio, celui-ci vaut vraiment le coup d’œil.

Les problèmes narratifs du film sont dus au choix de faire tenir l’histoire sur deux petits jours, alors qu’il lui aurait fallut beaucoup plus de temps pour poser son univers et développer correctement ses personnages. Résultat, bon nombre d’éléments sont ainsi vite expédiés à coup de longs dialogues explicatifs, ce qui est particulièrement dommageable, surtout pour l’évolution de Mabel et sa première prise de conscience, bien trop mal amenée pour nous toucher.

Heureusement, le film ne perd jamais de vue son propos de fond. J’en ai vu certains lui reprocher un manque de radicalité dans son positionnement écolo, mais le message ne porte pas tant sur l’écologie que sur le vivre ensemble.

Les personnages de Jumpers sont dans un dialogue de sourd permanent. Ils ne s’écoutent pas et n’ont aucune considération envers leurs opposants. Cela vaut autant pour Jerry, ne voyant les animaux que comme des obstacles à la réussite de sa rocade ; pour Mabel qui fait de leur défense une affaire personnelle et les utilise sans respecter leur point de vue ; ou pour les souverains du règne animal qui rentrent immédiatement dans une guerre génocidaire contre l’espèce humaine.

On comprend alors mieux la double animation des animaux, bestialisés quand ils sont vus par des humains et humanisés lorsque les deux espèces parviennent à communiquer. L’objectif étant le même que dans Frères des Ours, qui utilisait également cette double animation : dépasser la vision primaire de l’autre, le considérer comme un égal et respecter ses besoins pour vivre en harmonie avec lui.

Cela peut sembler naïf dit comme ça, mais dans une époque aussi conflictuelle que la nôtre, ça fait du bien de tomber sur un film entièrement pacifiste, qui plus est lorsque son message prend corps au sein d’une désopilante aventure, fourmillant de péripéties ubuesques et de scènes d’action à couper le souffle.

Jumpers est loin du film fade que vous décrivent les critiques. Il porte l’humour et l’excentricité créative de son réalisateur Daniel Chong (papa de la série We Bare Bears) et n’a rien à envier au Robot Sauvage qu’il surpasse d’ailleurs sur tous les plans.

Alter Ego
6.7
10.

Alter Ego (2025)

1 h 44 min. Sortie : 4 mars 2026. Comédie

Film de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine

Alfred Tordu a mis 7/10.

Annotation :

Deuxième film du Cogip Cinematic Universe, dans lequel l’entreprise s’adapte à l’ère des open spaces et de leur horizontalité de façade. On a beau abattre les murs des bureaux, la concurrence entre les employés elle demeure et peut même s’amplifier, à force d’observer son voisin toute la journée et de le voir réussir là où l’on a toujours échoué.

L’histoire d’Alex en est l’illustration la plus littérale. Lui qui s’était habitué à sa petite vie de salaryman, voit démarquer en face de sa maison un certain Axel, son sosie en tous points, mais avec toujours un petit quelque chose de plus par rapport à son double. Un concept tout con que Nicolas et Bruno gèrent parfaitement sur la longueur, en montant peu à peu l’absurdité des situations jusqu’à un final jubilatoire.

On regrettera peut-être une mise en place un poil longuette, ainsi qu’une intrigue un peu plan-plan qui s’accélère subitement au dernier tiers et se finit en queue de poisson par un cliffanger hilarant, mais qui m’a laissé sur ma faim. Ça n’en reste pas moins une des meilleures comédies françaises de ces dernières années. Laffite se donne tellement bien la réplique, qu’on en oublierait presque que c’est le même acteur qui joue les deux rôles principaux.

Alfred Tordu

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