13th Hole
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13th Hole

Album de 13th Hole (2009)

On a tendance à ne parler que des groupes de jeunes. Comme si la jeunesse était un gage d’impertinence, de fraîcheur, d’esprit rebelle. Et si on parlait d’un groupe de vieux – toute proportion gardée – qui a sorti son premier album, jadis, à une date que d’aucun considérerait comme canonique, 1992. 13th Hole a presque des allures de rescapé, un groupe d’irréductibles Rennais continuant à faire de la musique par amour de la musique justement. Et pourtant, ils sont là et bien là, debout dans un monde de pause et de marketing, n’ayant à proposer que leur musique en étendard (comme un certain Wire en 77). On rappellera que le groupe a été invité par John Peel, qu’il a sillonné les USA d’Est en Ouest, on dira tout cela non pas par flagornerie mais juste en espérant que ces quelques news – anecdotiques face au 5 albums que comptent le groupe – donnent envie à plus de monde d’aller les écouter ou les voir en concert. Le monde est ainsi fait ; de quelques pierres qui brillent faîtes pour appâter le chaland. On s’y plie pour la bonne cause car la musique de 13th hole est toute sauf mode, clinquante, vaine. « Vraie » serait de toutes les manières le meilleur adjectif pour la décrire. Et puis « sauvage », « bagarreuse », « teigneuse », « intransigeante » « musclée »…Ce nouvel album – leur meilleur à ce jour - est comme les précédents tout en étant différent et dès l’intro de House et une guitare au son graveleux, on sait que nous allons repartir pour un p….. de bon disque de noise rock.


13th hole se jette une nouvelle fois dans la mêlée avec sa chanteuse Italienne en chef de meute, haranguant, chantant avec vigueur. Que ce soit sur le garage Hush ou le mélodieux symmetry (comme un bon titre de Hole), Isa Valente arrive à rester charismatique, sortant ses griffes à chaque attaque. C'est notre Babes in Toyland ou notre Sleater Kinney à nous. Sur I wanna see you, elle se laisse aller à plus de féminité et de sensualité comme une PJ Harvey latine. Sur Di quadri, elle se décide – enfin ! – à chanter en italien, une langue qui sied bien à ce rock tendu au cordeau. Mais la nouveauté de ce nouvel opus réside plus sûrement en l’arrivée de claviers et de programmations sur une poignée de titre. Morning mixé par Gilles de The Dude réussit là aussi bien que Girls against boys à faire un titre dansant, percutant et profondement noise. Et puis, il y a Hundreds of feet, une machine implacable que l’on n’a pas envie de voir s’arrêter. Et puis il y a Chainsaw, un brûlot rock où l'on a envie de mettre les mains et le bras entier. On rêverait de les voir en live dans « Nulle part ailleurs », faire monter la sauce devant un public médusé. Cela nous changerait de groupes anglais overlookés et aussi pertinents que des soldes chez Colette ou de jeunes pousses mal dégrossies. Un bon groupe de rock, c’est ça et véritablement ça !

denizor
8
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le 21 sept. 2015

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