4
7.8
4

Album de GOMM (2007)

Tout est allé très vite pour Gomm. Destroyed to perfection, leur premier album, n’aura pas laissé indifférent : ni Pias qui l’a signé tel quel, ni les 7000 personnes qui l’ont acheté, ni tout le public qui a eu la chance de voir cette machine de guerre déployée en arc de cercle qu’est devenu Gomm en peu de temps. Vient l’heure du 2e album avec toutes les attentes légitimes que celui-ci suscitait. Les Lillois allaient-ils mettre de l’eau dans leur vin ? Etre moins radical dans leur mode électrique et électrisant d’assener des piques post-punk ? Le début du nouvel album (Words) poursuit les choses là où s’arrêtait le précédent (Sorry). Gomm reste fidèle à lui-même, n’hésitant pas construire un morceau sur 2 accords de guitare et 1 son de clavier pour faire monter la tension ou une impulsion électrique qui se module sur plusieurs minutes (To be your friend). Minimalisme de moyens, maximalisme d’expressivité post-punk. La sauvagerie rock de Gomm s’exprime dans une froideur hiératique parfois proche de la motormusic ou d’un Krautrock à guitares. La voix de Marie sert toujours de contre-pied candide à l’étau formé par basse et guitare, ce qui pas là la moindre des perversions. Gomm passe quand même au deuxième stade de sa révolution électrique. On connaissait le groupe à l’aise dans le cour-circuit de 3’, des morceaux qui vous font prendre le jus sans possibilité d’échappatoire. Il s’exprime désormais sur des formats plus longs, plus ambivalents. Le tortueux Good sides et Fiction qui arrive à éveiller en nous d’autres sentiments, nous laissant un goût de mélancolie mais sans perdre de sa force. Le groupe s’en est remis à Peter Deimel (producteur des Hushpuppies, Hopper…) pour faire muter nos artificiers sans altérer leur soif nihiliste. Le bon choix sans nul doute pour faire de Gomm, plus que jamais les 4 fantastiques.

denizor
8
Écrit par

Créée

le 22 avr. 2016

Critique lue 80 fois

denizor

Écrit par

Critique lue 80 fois

1

Du même critique

Oiseaux-Tempête

Oiseaux-Tempête

8

denizor

1605 critiques

Critique de Oiseaux-Tempête par denizor

Le monde appartient aux ambitieux et Oiseaux-Tempête ne nous propose pas un simple voyage post-rock mais une véritable Odyssée dans une musique qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Album après...

le 10 janv. 2014

36 quai des Orfèvres

36 quai des Orfèvres

2

denizor

1605 critiques

Critique de 36 quai des Orfèvres par denizor

Ce film est un imposture. Au moment de sa sortie, la production avait capitalisé sur le passé de flic d'Olivier Marchal pour nous vendre le film comme "ultra réaliste", montrant de l'intérieur les...

le 1 févr. 2016

Pain Is Beauty

Pain Is Beauty

8

denizor

1605 critiques

Critique de Pain Is Beauty par denizor

Il est amusant de voir la promo de Chelsea Wolfe ramer pour définir la musique de la demoiselle : « drone-metal-art-folk » tel est le genre-valise utilisé pour catégoriser la musique de l’Américaine...

le 28 oct. 2013