Un peu moins d’un an après le remarquable Choetsu, le trio infernal de Sokoninaru revient en force avec 7 ultimate materials, pour nous rappeler qu’ils sont toujours un gros cran au-dessus d’à peu près tout ce qui se fait à l’heure actuelle sur l’archipel nippon en matière de hard/math rock.
Le disque profite déjà d’une production stratosphérique qui permet un plaisir d’écoute optimal : l’équilibre entre les différents instruments est idéal, les basses ne sont pas trop prononcées (tout en conservant cette impression de « saturation maîtrisée », du plus bel effet). De leur côté les voix sont enfin calibrées pour se fondre dans l’instrumentation au lieu de la supplanter (le seul véritable défaut de Choetsu, et d’Issen, dans une moindre mesure).
Les compositions sont d’une nervosité et d’une complexité qui ne déroge pas à la règle d’or du groupe d’Osaka : le plaisir de l’écoute doit obligatoirement se coupler à une rigueur technique irréprochable. Pari réussi, puisque les 22 minutes du CD passent à une vitesse folle et que le premier réflexe est de les réécouter dans la foulée afin d’en saisir toutes les sublimes variations rythmiques et chromatiques.
Est-il nécessaire après avoir dit tout ça de souligner l’impressionnante virtuosité des trois musiciens derrière leur instrument ? Sur cet album c’est Juko Suzuki qui vole un peu la vedette à Misaki Fujiwara, laquelle reste toujours impeccable sur son instrument notamment dans les phases agressives qui demandent une gestion du tempo absolument parfaite (cf. VortEx). Il est à noter qu’elle est aussi mise à contribution au chant lors de passages parfois complexes qui vont haut dans les aigus (cf. 恣意的三分間). Le nouveau batteur, Shoto Saito, qui remplace Shiyu, se signale quant à lui par la grande clarté de ses notes, qu’on parvient bien à distinguer dans l’extraordinaire complexité des morceaux (cf. 回帰). Une réelle réussite qui sera peut-être l’occasion pour le groupe d’être enfin reconnu au-dehors du Japon.