8‐Tracks
7.2
8‐Tracks

Album de Pink Floyd (2026)

Y-A T’IL (ENCORE) QUELQU’UN AU BOUT DU FIL ?

Celui-là, on ne l’a pas vu venir. Un best-of Pink Floyd en huit sections, axé uniquement sur la période la plus riche du groupe (1971-79). Qui a eu cette idée folle ? Comment peut-on oser résumer un groupe mythique en 8 titres et 43 minutes ? Un lien avec le rachat récent du Catalogue par Sony Music ? Mais non, voyons ! Pure coïncidence.

Il y a 25 ans, sortait la seule compilation qui tienne à peu près la route, Echoes : The Best of Pink Floyd. 26 titres et 155 minutes est c’était déjà fort réducteur. Certaines plages étant d’ailleurs de versions tronquées !

Pink Floyd, particulièrement, concevait des albums se tenant sur leur ensemble, souvent conceptuels. Extraire des fragments n’a pas grand sens. Alors, oui on peut tenter de trouver des portes d’entrée pour aller chercher un nouveau public. Mais dans cette hypothèse, le choix de la tracklist doit se faire sur les hits ! "Wot’s… Uh the Deal" ? "One of These Days" ? "Pigs on the Wing" ?! Un gros tiers de l’album propose donc de très bons titres -là n'est pas la question et la note que nous posons sur cette compil' n'est en rien liée à la qualité des pistes en elles-même-, certes, mais pas les plus emblématiques.

Interrogeons également l’ordre des pistes. Si le clair choix d’ordre chronologique parait évident au départ, on se perd dans le temps dès la quatrième plage. The Wall et Dark Side of the Moon sont représentés par deux pistes chacun. Plages d’albums initiaux conceptuels, ici, clairement désarticulées. Non, franchement, y percevoir une direction est vraiment tiré par les cheveux.


Alors quelle cible ? Quel objectif commercial ? Quel intérêt.

Les convaincus ont déjà, si ce n’est l’intégral des albums, au moins d’anciens best-of, ou des albums live ! La seule raison d’acquérir celui-ci, pour eux, serait cette version initiale de "Pigs On the Wing", avec les deux parties, segmentées en ouverture/fermeture du disque en 77. Ici réunies par un pont central instrumental, contenant le solo de Snowy White. Version longtemps disponible en bootlegs et que l’on a déjà vu éditée sur des versions distribuées par des labels un peu obscurs. Quant à la Gen-Z, elle peut s’intéresser à Pink Floyd. Mais plutôt du côté de ces shows monumentaux des années 80 et 90, ressortis en vidéo il y a de ça quelques années.


La collection Pink Floyd a déjà été remixée, remasterisée, de multiples fois. Presque chaque décennie a vu une nouvelle édition de chaque album du catalogue. Il fallu que Steven Wilson colle ses doigts sur ce projet. On n’aura donc la nécessaire bataille entre ceux qui crieront au génie et ceux qui estimeront que l’album est salopé par ce fichu touche-à-tout. Sauf que cette fois, Wilson n'intervient ni sur le Mix, ni sur le remastering. Il semble s'être contenté d’éditer l’ensemble, en fouillant dans les multipistes d'époque pour récupérer et monter des éléments de sound design initiaux. Afin de créer, artificiellement, une continuité entre ces morceaux. Comme s’ils avaient été imaginés, par le groupe, comme un tout cohérent !


Mais peut on vouloir à l’industrie de traire toujours les mêmes vaches à lait ? Les dernières rééditions en date (Wish You Were Here 50 / Live At Pompeii), ont pris bonne place en haut des charts. Pourquoi s’en priver donc ?

Traire toujours les mêmes vaches à lait commence quand même à sentir le rance. Comme s’il fallait, ces derniers temps, lutter par tous les moyens contre l’afflux de parutions IA inondant les plateformes. Moyens de plus en plus futiles. Avouons-le, c'est déconcertant.



NeWan
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le 11 juin 2026

Critique lue 7 fois

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