SOLO
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SOLO

Album de Jesse Mac Cormack (2022)

Quand on cherche de nouvelles vibrations, en cette décennie, et si l’on isole la Grande-Bretagne qui demeure, encore et toujours (quoi que ce soit moins évident depuis quelques années) pourvoyeur de bons sons, c’est peut-être du côté du Canada qu’il faut aller fouiner. Il y a 20 ans c’était la "naine" belgique qui sortait du lot. Aujourd’hui, c’est l’immensité au Nord des grands lacs qui rayonne (anglophone comme francophone, de Vancouver à Montréal). Jesse Mac Cormack, comme Men I Trust, bien que québécois, choisissent l’anglais. Étonnant dans cette région, ou la francophilie est portée en étendard, bien plus que dans l’hexagone. Choix commercial, alors ? Peut-être. Ou simplement artistique. Parce que sur ces sons là, l’anglais semble plus naturel. Difficile, ici, de ne pas faire le lien avec Radiohead. Quelque-part enre Hail to The Thief et In Rainbows. Moins torturé, plus lumineux que le quintet d’Abingdon. Et sans Nigel Godrich pour façonner la prod. Mieux encore, Mac Cormack joue à tous les postes. Point de pâle copie ici, le trait est suffisamment marqué pour ne pas le soupçonner de plagiat, mais plutôt façon pour lui d’afficher une sorte de filiation.

Solo est, seulement, le deuxième opus de Jesse Mac Cormack. Même s’il est vivement recommandé de ne pas faire l’impasse sur la série de EP de 2016 et sur quelques singles. Contrairement à l’album suivant, qui aurait dû paraître tel un side project, tant il dénote dans la discographie. Après tout, Jesse est un fan de... Techno. Avec cette info en tête, on comprend peut-être mieux l’EP GRIP (2024) -et des singles du même acabit en 2025-. Mais déjà, deux mois après la sortie de Solo, Mac Cormack sortait un EP avec des versions alternatives de "Blue World", "A&E" et "NHFN" (dont seule cette dernière vaut la peine).


Solo, c’est une thérapie. Pour l’homme Jesse. Et par l’artiste Mac Cormack. Une introspection personnelle offerte à qui s’en saisira. Écrire pour faire sortir et libérer. Un thérapeute a pu lui suggérer la méthode, il a en fait un disque ! Le monde active l’arrêt d’urgence pressant le fameux coup de poing en 2020, à l’heure ou Jesse vit quelques fractures personnelles. Avec le temps à tuer et pour ne pas tourner en rond, joindrait-il l’utile à l’agréable ? On trouve cette dichotomie entre rupture personnelle et actualité du monde dès "Blue World" en ouverture. Il y a de la colère et de l’auto persuasion dans l'air (et dans l'ère). Colères et rancœurs aussi sur "Let It Go". Le ton est donné. L’amour s’est envolé et laisse des traces qu’il s’agit, au plus vite, de javelliser ! Le cœur saigne et se purge. Ça parlera à pas mal de monde. Ai-je déjà ressenti ça ? L’ai-je déjà, ainsi, sans filtre, laissé s’exprimer ? Cette rage soulignant à quel point l'histoire fut intense. Plutôt une bonne nouvelle donc ?! Et autant dire que l’album est concept. La thématique et le ton n’évolueront (presque) pas. Il faudrait interroger, ce bleu qui revient tout au long du disque et qui n’est pas la couleur que l’on associe d’emblée à l’exaspération. La dimension philosophique prenant parfois le pas sur la pure psychologie. Thérapie en cours, merci d’être patient(s) ! (oui je sais, le double sens tombe à l’eau, le psychologue considérant une clientèle bien plus qu'une patientèle).


No pill will make me swallow this one down […] And what keeps me going Is that nothing happens for nothing (NHFN)

D’ailleurs comment interpréter le visuel ? "Jamais mieux servi que par soi même !" ? Ou peut-être, plutôt : "Savoir s’étreindre soi même, c’est reprendre déjà la direction de la lumière". Arrivée à destination prévue demain. Ou après demain... Qu’importe le temps. C’est la traversée qui compte.


La production est moins minimaliste que Now (2019), bien plus électronique en tout cas. Chargée tout autant, si ce n’est davantage que ce dernier, en émotions pures. Alors quand est-ce qu'on s’intéresse aux cousins québécois, ici en France ? Céline et Garou ça va un moment. Il y a bien davantage (et d'avantages) à aller chercher sur les rives du St Laurent.

NeWan
7
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le 20 juin 2026

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NeWan

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