Voilà bel et bien le genre de groupe qui ne lache rien. Comme on dirait d'un jour de tennis en fond de court qui encore et encore renvoie toujours une balle lourde et perçante. On avait découvert Object le temps d'un bon petit EP sous influence Joy Division/ gang of Four et on les retrouve un cran au dessus, plus fort, plus racé et donc plus fréquentable. La faute à Amaury Cambuzat (Ulan Bator) l'homme parfait pour graver sur disque ce genre d'ambiances sombres de roc(k) au dessus du précipice. A l'instar de son producteur, Object ne fait une totale fixette sur la musique du début des années 80 et n'est pas contre donner une touche noise à ses guitares tranchantes (the fire line ou reach the end, miss the point ont un côté Sonic Youth ou Slint). Derrière, la basse, mise en avant comme il se doit, turbine et la batterie martèle et nous pousse dans un étau de feu.
L'album d'Object est radical, autant que pouvait l' être Pornography. Pas de répit veritablement et surement pas un morceau tiède pour adoucir le propos et faire de la lèche à l'auditeur. Pourtant, de ce bloc compact mais jamais étriqué, de cette mitraille qui envoie (Friend of mine, white dress), surgit pourtant ce qu'il convient d'appeler un "tube". Broken window a une mélodie conquérante et ce "radio" lancé à la face de l'auditeur fait écho au Transmission de Joy Division. L'autre force de ce disque se révèle être aussi le chant de Stephane Pigneul (par ailleurs, seulement guitariste pour Heligoland et Ulan Bator), la voix ne manque jamais de classe et de distinction et élève le débat avec élégance (le morceau-titre A place to hide). Un grain à la Dave Gahan sur High, un chant en français maîtrisé sur l'haletant Lamer...Object va au charbon mais en costume 3 pièces. Un bien bel object (y compris dans son joli digipack)