Je dois l'avouer, lorsque j'entends cette chanson, les larmes me montent aux yeux. Possiblement parce qu'à son apogée, elle était diffusé souvent en coïncidant avec le départ de ma mère. Et juste auparavant, le départ de ma vie de famille avec femme et enfants. On ne peut pas dire que je m'en suis totalement remis. Or, le temps a passé et j'ai mit un bandage sur la plaie après désinfection ( lire ici beaucoup d'alcool). Le piano à lui seul s'avère suffisant pour mouiller mes yeux. Mais le message qui va avec la musique ainsi que la douceur de la chanteuse font ressentir une mélancolie douce-amère pratiquement masochiste. On en souffre un peu et on en redemande...


Comme j'ai fait un trait sur les relations amoureuses, je ne m'adresse pas à ma dulcinée. Ces mots sont donc dirigés vers mes enfants. Et comme la pièce fait office de promesse, j'irai en ce sens aussi afin d'illustrer à quel point c'est fort en dedans malgré une distance relativement générationnelle et occupationnelle. Sans entrer dans les détails, mon cœur aura toujours été à leurs côtés. Ma tête, elle, aura toujours été quelque part entre la pleine lune et un scénario bidon auquel je croyais au point de devenir à l'image d'un fantôme.


Je n'ai aucune idée du temps qu'il me reste sur cette terre. Honnêtement, sans enfant, j'aurais trouvé la vie plutôt moche et sans saveur. Monotone, vide de sens et surtout incompréhensible du fait que je n'ai aucune foutu idée de ce que je glande ici. Plus jeune, lorsque la religion demeurait pertinente pour une partie de la population ( les autres s'en battaient les couilles comme aujourd'hui on le fait) on nous a bourré le crâne de ciel et purgatoire. Bien que notre génération soit réellement réticente à croire ce qui semble une fiction et/ou supercherie, le doute subsiste. Y a t'il un paradis après la mort? Vais-je retrouver les êtres aimés suite au dernier souffle? Est-ce que le barbu me souhaitera la bienvenue advenant un ticket pour la vie éternelle ( j'ai justement quelques mots à lui dire au barbu...).


La promesse que la chanson fait est d'aimer l'autre durant 1000 ans et même des milliers de plus. Comme dans ma tête cartésienne, il s'agit d'un mensonge poétique puisque les probabilités que ça arrive sont en dessous de nulle, il m'apparaît évident que je dois m'approprier la métaphore et expliquer ce qu'elle suggère en moi. Aimer, au point de pouvoir mourir pour cet amour fait partie surtout de la cinématique hollywoodienne. On se souviendra de John Q qui allait donner son cœur à son fils ou encore Meet Joe Black ou on fait mourir , revenir en faucheuse, repartir et enfin faire un retour comme une résurrection. Ces scènes ont marqué l'imaginaire mais ne correspondent pas à la promesse que je ferai en lien avec cette chanson. J'explique donc le projet...


Je vais crever. Selon toute vraisemblance, tout le monde y passe. Je vais observer ce qui se passe par la suite. Comme personne n'en est revenu, difficile de savoir. Donc, de 2 choses l'une. Soit il n'y a absolument rien et le sujet est clos. Soit, il y a une vie après la mort et je met mon plan à exécution. Je ne crois pas que le ciel nous permette de communiquer avec les vivants puisque j'aurais déjà eu un signal maternelle. Je ne crois pas trop au fantôme non plus. Alors, je devrai enfreindre les règles. Car s'il y a bien une chose qui me fait chier, ce sont les règlements lorsqu'ils sont merdiques. Et s'il y a bien une promesse que je fais à mes 3 enfants, c'est de leurs faire apparaître des signes. Si ma plus grande ressent quelque chose sur sa main qui ressemble à la main de son père, ce ne sera pas une hallucination. Ce sera moi. Si ma plus jeune pense avoir entendu ma voix en allant au boulot, elle ne divaguera pas. Je serai en train de lui parler. Et si mon petit bonhomme me cherche en regardant le ciel de nuit, je ferai clignoter une étoile pour lui. Et si Dieu le Père veut m'envoyer en enfer pour avoir transgressé l'ordre divin, j'irai faire la même chose aux côtés de Belzébuth. En fait, peu importe la grandeur de la faille qui me permettra de mettre en œuvre ma correspondance céleste, je la trouverai et pourrait ainsi aller faire un câlin à mon enfant même si ce dernier doit être accompli avec le vent, la terre, le feu ou la glace. Peu importe si on me l'interdit, que c'est impossible ou que la foudre est pour s'abattre sur moi ayant fâché les dieux de l'Olympe. Si il y a un moyen de faire signe, signe il y aura...


Je ne peux peut être pas promettre de les aimer pendant des milliers d'années. Mais je promets d'être là, tout près, pour une éternité.


Et une autre après...



Créée

le 13 févr. 2026

Critique lue 39 fois

Johnny B

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