Ce qui est bien avec Kinski (5 albums déjà dont 2 chez Sub Pop), c'est qu'avec eux, l'expérimentation côtoie l'instinct non calculateur du rock des années 70. Entre Intellectualisme et Animalité, le groupe ne tranche pas ; le premier affine le second et le second rend moins prétentieux le premier. Plus que jamais Kinski est un vrai groupe de rock (même si Steve Reich fait toujours partie de ses influences). Le groupe de Seattle mixe donc dans ce nouvel album Black Sabbath, Mission of Burma le stoner rock et les sacro-saints Sonic Youth. Il joue la carte de la radicalité de l'instrumentalité, cultive le mystère par ses titres en creux frustrant donc l'avide de sens (The wives of Artie Shaw... Que vient faire Artie Shaw et son élogieux palmarès dans cette attaque de guitares en piquet ?). Pour sa musique, le groupe utilise un alphabet réduit mais se creuse pour construire le maximum de mots avec. Nous passons donc de l'ambiant (Waka nusa en toute fin de parcours) à la déflagration pure et simple. Kinski n'est pas un groupe qui se disperse mais qui arpente sans cesse le même pré carré (un terrain lourd forcément). Moins hype qu' Electrelane (Kinski ne compte qu'1 fille contre 4 chez les Anglaises) mais plus essentiel.