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le 2 avr. 2017
C'est en essayant un tourne disque reçu à Noël que j'ai réécouté ce disque. Assis dans le même salon que dans mon enfance, seule les accompagnateurs avaient changé. Mon paternel ainsi que mes 3 enfants s'affairaient dans le salon pour l'occasion de Noël puis, le lecteur vinyle se mit en marche laissant la place à James Last choisi aléatoirement dans la collection de mon père. Lorsque la piste biscaya à commencé, j'ai ressenti que ma gorge se serrait peu à peu. Ce n'était pas de la tristesse ni de la mélancolie. Plutôt une nostalgie touchante qui me renvoyait directement en enfance...
Bien calé dans le divan, une chiée de souvenirs m'est apparu et chacun d'eux me rapprochait de l'évidence. Premièrement, à cette soirée, il manquait quelqu'un et cette absence était souligné par la musique. Ma mère. Je me souvenais alors des moments où elle était là, bercé par une musique certes moins évoluée que ce qui existe aujourd'hui mais qui accomplissait le même travail. Créer des scénarios où une personne réapparaît momentanément à travers les souvenirs. Du coup, je comprenais mieux ma gorge qui se nouait. La musique de James last réveillait des souvenirs enfouis depuis belle lurette et ces images momentanées activaient du même coup une mélancolie qui ne cadrait pas bien avec le temps des festivités normalement joyeux a l'aube d'une nouvelle année. Comme je suis un peu masochiste, je m'en suis foutu et j'ai accepté les émotions " paradoxales". J'ai d'ailleurs raconté à mon père qui semblait lui aussi avoir les yeux humides, une anecdote se reliant à une autre artiste. Barbara Streisand.
Interlude...
Je me souviens d'un voyage en automobile avec mes parents lorsque j'avais environ entre 5 et 7 ans. Mon père conduisait un Monarch noir que j'adorais puisque ce modèle était non seulement une voiture mais aussi un salon à l'intérieur ( j'exagère a peine). Ma mère était passagère avant tandis que moi et ma sœur nous tenions respectant la même logique qu'en avant selon les sexes. J'étais donc en biais avec ma mère. Je me souviens d'un moment sur la route ou une longue lisière d'arbres se tenait au milieu des 2 voies contraires. Juste au dessus de cette lisière, le soleil commençait à se coucher. Puis " woman in love" à commencé à jouer à la radio. Ma mère avait une belle plume mais aussi une jolie voix de tête lors des passages aigus. Alors, du haut de mon siège arrière, j'admirais ma mère qui chantait en écho à Barbara Streisand et me souviens l'avoir trouvé tellement belle. J'étais littéralement un espion à ce moment. Il faisait bon vivre à cet instant précis.
James Last m'a remis dans la tronche ce genre de souvenirs précieux. J'ai bien constaté qu'ils n'étaient pas sombrés dans l'oubli mais plutôt cachés quelque part dans ma mémoire. La musique à réussi à réactiver certaines scènes de mon enfance pendant un instant. Le fait que cette musique provienne d'un tourne disque ( vintage) a probablement rehaussé la sensation du retour en bas âge. Accompagné de ma famille, bien qu'incomplète, je me suis dit qu'elle aurait été fière de ses petits enfants. Et elle aurait aimé mon petit bonhomme, seul enfant qu'elle n'a pas connu de son vivant. J'éprouvais un sentiment d'accomplissement de nous voir réunis et simultanément un vide, causé par son absence. Pourtant...
Grâce à James Last, ce soir là, j'ai réalisé quelque chose d'un peu surnaturel. Malgré son absence, j'ai eu, pour quelques minutes, l'impression de l'avoir retrouvé. Que depuis son départ, jamais je ne m'étais senti aussi près d'elle ( malgré une distance céleste) que cette soirée là. Comme si , pendant une fraction de seconde, on m'avait donné la chance de la sentir...
Si près de moi.
Créée
le 9 janv. 2026
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