Avec Breakthrough, The Gaslamp Killer signe un premier album aussi abrasif qu’ambitieux. Sorti en 2012, ce disque déjoue les attentes et bouscule les conventions, au point de ressembler davantage à une expérience sensorielle qu’à un album au sens traditionnel.
Le beatmaker californien y déploie un chaos savamment orchestré : influences orientales, textures psychédéliques, basses distordues, et percussions taillées à la serpe composent un paysage sonore dense et imprévisible. Certaines collaborations — notamment avec Gonjasufi — apportent des respirations bienvenues dans cette tempête de sons.
Mais si l’expérimentation est exaltante, elle se fait parfois au détriment de la cohérence. L’enchaînement des morceaux manque par moments de fluidité, et certains titres donnent le sentiment d’être là pour le geste, plus que pour leur impact musical. L’album, audacieux, aurait gagné à resserrer son propos.
Breakthrough reste néanmoins une proposition forte, portée par une vision artistique singulière. Un disque inégal, mais audacieux — et c’est précisément cette audace qui mérite d’être saluée. 7/10, pour un chaos qui ne laisse pas indifférent.